Le mardi 16 décembre 2025, Pascal Praud était bien présent à l’antenne de CNews pour animer ses deux rendez-vous quotidiens, L’Heure des Pros et L’Heure des Pros 2. Pourtant, le terme de « destitution » a rapidement circulé pour qualifier un événement précis : la perte de la première place nationale en termes d’audience sur l’ensemble des chaînes, un rang que l’émission occupait régulièrement depuis plusieurs mois.
Derrière une formulation volontairement spectaculaire, la réalité renvoie à un indicateur central dans l’économie des chaînes d’information en continu : la hiérarchie des audiences minute par minute. Cette journée marque ainsi un infléchissement symbolique, révélateur de dynamiques plus larges touchant le paysage audiovisuel français.
Une présence maintenue à l’antenne, sans remise en cause éditoriale
Contrairement à ce que pourrait laisser entendre une lecture rapide, Pascal Praud n’a ni été écarté de l’antenne ni remplacé à la présentation de ses émissions. Il était aux commandes de ses deux formats phares, entouré de ses chroniqueurs habituels, et a conduit les débats conformément à la ligne éditoriale qui a fait le succès de L’Heure des Pros.
La « destitution » évoquée concerne exclusivement le classement national des audiences. Pour la première fois depuis plusieurs éditions marquantes, CNews n’a pas occupé la première place toutes chaînes confondues sur ce créneau précis, malgré une domination maintenue parmi les chaînes d’information en continu.
Cette nuance est essentielle : elle distingue une sanction symbolique liée aux chiffres d’audience d’une décision managériale ou éditoriale, inexistante à ce stade.
Les audiences du 16 décembre 2025, des chiffres à contextualiser
L’édition matinale de L’Heure des Pros diffusée le mardi 16 décembre 2025 a réuni 439 000 téléspectateurs, représentant 15,7 % de part de marché auprès des individus âgés de quatre ans et plus. Ces résultats placent CNews au deuxième rang national sur l’ensemble du public pour ce créneau.
Si ces performances restent élevées dans l’absolu, elles traduisent un recul par rapport à l’année précédente. En décembre 2024, l’émission rassemblait 579 000 téléspectateurs pour une part d’audience de 18,6 %, permettant à la chaîne d’occuper la première place nationale toutes chaînes confondues.
La perte de près de 140 000 téléspectateurs en un an, bien que significative, doit néanmoins être analysée à l’aune de plusieurs facteurs structurels affectant l’ensemble du secteur audiovisuel.
Comparatif annuel des performances de L’Heure des Pros
| Édition | Téléspectateurs | Part d’audience (4+) | Classement national |
|---|---|---|---|
| Décembre 2024 | 579 000 | 18,6 % | 1er |
| Décembre 2025 | 439 000 | 15,7 % | 2e |
Ce tableau met en évidence un recul mesuré mais réel, qui n’altère toutefois pas la position dominante de CNews au sein de son segment concurrentiel direct.
L’Heure des Pros 2, une stabilité stratégique en soirée
Le second rendez-vous animé par Pascal Praud, L’Heure des Pros 2, diffusé en soirée, affiche quant à lui une trajectoire plus stable. Le 16 décembre 2025, l’émission a rassemblé 811 000 téléspectateurs, soit 4,3 % de part d’audience auprès du public global.
Un an plus tôt, ce format réunissait 893 000 personnes pour une part de marché de 4,4 %. La baisse reste marginale et confirme la solidité du programme sur un créneau particulièrement concurrentiel, dominé par les grandes chaînes généralistes.
Surtout, L’Heure des Pros 2 permet à CNews de conserver la première place parmi les chaînes d’information en continu, un indicateur clé pour les annonceurs et les partenaires institutionnels.
Une perte de leadership national aux causes multiples
La perte ponctuelle de la première place nationale ne saurait être imputée à un seul facteur. Plusieurs éléments se conjuguent :
- La fragmentation croissante de l’audience télévisuelle, accentuée par les usages numériques.
- La concurrence renforcée sur les tranches d’information, y compris de la part des chaînes généralistes.
- Une actualité conjoncturelle moins mobilisatrice que lors de périodes de forte tension politique ou sociale.
Dans ce contexte, maintenir des parts d’audience supérieures à 15 % sur une chaîne d’information constitue déjà une performance structurelle rare.
Pascal Praud, figure centrale mais exposée du débat médiatique
Animateur clivant et éditorialiste assumé, Pascal Praud occupe une place singulière dans le paysage audiovisuel français. Son positionnement éditorial, fondé sur le débat contradictoire et la confrontation d’opinions tranchées, génère à la fois fidélité et rejet.
Cette polarisation explique en partie les variations d’audience : le socle de téléspectateurs reste solide, mais les pics observés lors de certaines séquences exceptionnelles sont plus difficiles à reproduire dans la durée.
Pour CNews, cette exposition médiatique demeure néanmoins un atout stratégique, tant en termes de notoriété que de différenciation éditoriale.
Enjeux pour CNews, consolider sans banaliser
La situation observée le 16 décembre 2025 ne constitue pas un signal d’alerte immédiat, mais elle invite à une réflexion de fond. Le défi pour CNews consiste à consolider ses formats emblématiques sans les exposer à une forme d’usure éditoriale.
Cela passe notamment par :
- Le renouvellement mesuré des thématiques abordées.
- L’élargissement du spectre des intervenants sans dilution de la ligne.
- Une articulation plus fine entre antenne linéaire et contenus numériques.
Dans cette perspective, Pascal Praud reste un pilier de la grille, mais aussi un indicateur sensible des évolutions du rapport du public à l’information en continu.
Parler de destitution à propos de Pascal Praud relève davantage du raccourci sémantique que de l’analyse factuelle. Le journaliste n’a perdu ni son émission ni la confiance de sa chaîne, mais un statut symbolique : celui de leader national incontesté sur un créneau donné.
Cet épisode illustre surtout la volatilité croissante des audiences et la complexité du maintien d’une domination durable dans un environnement médiatique fragmenté. À ce titre, L’Heure des Pros et L’Heure des Pros 2 demeurent des cas d’école pour comprendre les équilibres actuels de l’information télévisée en France.
Plus qu’un revers, il s’agit d’un point d’observation privilégié sur les transformations profondes du rapport entre médias, opinion et usages.
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