À 83 ans, Sir Paul McCartney ne mâche pas ses mots… ni ses notes. L’ex-Beatle vient d’annoncer la sortie d’un titre inédit de 2 minutes 45 baptisé (Bonus Track) : un enregistrement d’un studio parfaitement vide, ponctué uniquement par le souffle de la bande magnétique et quelques cliquetis. Un silence assourdissant pour dire NON à la menace qui pèse sur les droits d’auteur des artistes face à l’intelligence artificielle.
Un titre muet pour crier l’indignation des artistes
Le 8 décembre 2025 sortira, en édition ultra-limitée (1 000 exemplaires vinyle), la réédition de l’album collectif Is This What We Want? (« Est-ce bien cela que nous voulons ? »). Cet album, paru en février 2025, est entièrement silencieux de bout en bout. Aucun instrument, aucune voix : uniquement l’ambiance de studios et de salles de concert déserts. Derrière ce projet choc : plus de 1 200 artistes internationaux parmi lesquels on retrouve des noms aussi prestigieux que :
- Hans Zimmer
- Kate Bush
- Annie Lennox
- Damon Albarn (Blur, Gorillaz)
- Jamiroquai
- Max Richter
- Robert Smith (The Cure)
- et bien sûr Paul McCartney
Le message est clair : si le gouvernement britannique adopte l’exception au droit d’auteur pour l’entraînement des IA, les studios risquent de rester vides… parce que les musiciens ne pourront plus vivre de leur art.
Quel est le projet de loi qui met le feu aux poudres ?
Le gouvernement travailliste de Keir Starmer prépare pour 2026 une réforme du Copyright, Designs and Patents Act. L’objectif affiché : favoriser l’innovation en intelligence artificielle au Royaume-Uni. Concrètement, cette réforme créerait une exception de « text and data mining » élargie permettant aux entreprises d’IA (OpenAI, Google, Meta, etc.) d’exploiter sans autorisation ni rémunération l’ensemble du catalogue musical britannique pour entraîner leurs modèles. Les artistes dénoncent un « pillage légalisé » qui priverait créateurs de leurs revenus tout en enrichissant les géants technologiques.
Les chiffres qui font mal, l’étude UK Music 2025
L’association UK Music a publié en novembre 2025 une étude choc auprès de 2 500 artistes et producteurs britanniques. Voici les principaux résultats :
| Question | Réponse | Pourcentage |
|---|---|---|
| L’IA générative représente-t-elle une menace pour votre carrière ? | Oui | 66 % |
| Faut-il protéger voix et image des artistes contre l’utilisation par IA ? | Oui | 93 % |
| Les artistes doivent-ils être rémunérés lorsque leur œuvre entraîne une IA ? | Oui | 91 % |
Ces chiffres montrent une inquiétude massive et unanime dans la profession.
Paul McCartney déjà en première ligne
Ce n’est pas la première fois que Paul McCartney monte au créneau. En 2024, il avait déjà cosigné avec plus de 400 stars (Elton John, Coldplay, Dua Lipa, Sting, Noel Gallagher…) une lettre ouverte au Premier ministre demandant de « protéger l’industrie musicale britannique, joyau national ». Avec ce morceau silencieux, il passe à l’action symbolique forte : un silence qui hurle plus fort que n’importe quel solo de guitare.
Pourquoi le silence est l’arme la plus puissante
En enregistrant des studios vides, les artistes illustrent de façon poignante ce que pourrait devenir la création musicale si les droits d’auteur disparaissent :
« Un monde où la musique est pillée pour entraîner des machines qui ensuite nous remplacent… alors que nous ne touchons plus un centime. »
– Communiqué du collectif Is This What We Want?
Ce silence devient une métaphore terrifiante d’un futur où les salles de concert résonneraient… du vide.
Vers une mobilisation internationale ?
Le mouvement britannique fait écho aux combats menés aux États-Unis (SAG-AFTRA, RIAA) et en Europe (SACEM, GEMA, SIAE) contre l’utilisation non consentie des œuvres pour l’IA. En France, la SACEM a déjà obtenu gain de cause auprès de plusieurs plateformes. Au Royaume-Uni, la bataille est plus incertaine, le gouvernement semblant déterminé à faire du pays le « hub mondial de l’IA ».
En sortant (Bonus Track), Paul McCartney et le collectif Is This What We Want? posent une question essentielle à l’humanité toute entière :
Veut-on vraiment un monde où la musique est réduite à des données gratuites pour entraîner des algorithmes, au détriment de ceux qui la créent ?
Le silence de ces 1 200 artistes est peut-être le son le plus important de l’année 2025. Soutenez les créateurs. Dites non au pillage de la musique par l’IA.
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