Perrine Doudin, révélée au grand public dans la saison 18 de "L’Amour est dans le pré", traverse aujourd’hui une étape décisive de sa vie professionnelle et personnelle. La jeune agricultrice de 29 ans a officialisé la vente de sa ferme d’escargots, baptisée Helixine, située à Flavigny-sur-Ozerain, en Bourgogne. Derrière cette décision difficile se cache une réalité agricole encore trop méconnue : l’épuisement physique, le poids des dettes et le manque de reconnaissance.
Un parcours marqué par la passion et la résilience
Depuis six ans, Perrine élevait des escargots en agriculture biologique, sur des prairies qu’elle avait elle-même aménagées. Elle avait choisi l’héliciculture, un secteur de niche mais porteur, notamment en raison de la rareté des escargots de Bourgogne, dont 95 % de la consommation française est encore importée d’Europe de l’Est.
Malgré les difficultés, Perrine s’était fait un nom dans le monde gastronomique : ses escargots figuraient sur les cartes de restaurants réputés, comme le Clos du Cèdre à Beaune, ou encore dans les créations du chef Olivier Streiff, ancien candidat de Top Chef.
Une santé fragilisée et un quotidien éprouvant
Dans une vidéo partagée à ses 32 000 abonnés sur Instagram, Perrine a confié son immense épuisement : "Je suis arrivée à bout physiquement. Cette année a été la pire, je souffre beaucoup." En parallèle de son activité agricole, elle lutte contre deux maladies chroniques lourdes : la maladie de Crohn et l’endométriose.
À ces épreuves de santé s’est ajoutée une situation familiale douloureuse. Sa mère, soutien essentiel à la ferme, a été victime d’un AVC en juillet. Depuis, Perrine se retrouve seule pour gérer l’élevage et les tâches agricoles quotidiennes, un fardeau devenu insoutenable.
Un combat financier permanent
L’agriculture en France est souvent synonyme de précarité. Dans le cas de Perrine, la réalité est brutale : en six ans d’activité, elle ne s’est versé qu’un salaire dérisoire, parfois limité à 200 euros tous les trois mois. Les charges, les dettes et le manque d’aides adaptées rendent le modèle intenable.
Voici une comparaison claire de la situation financière d’une petite exploitation hélicicole :
| Éléments | Réalité pour Helixine | Moyenne nationale en agriculture |
|---|---|---|
| Revenu mensuel | ≈ 70 € / mois | ≈ 1 250 € / mois |
| Taux d’autofinancement | Faible (banque prioritaire) | Moyen |
| Soutien public | Quasi inexistant | Variable selon filière |
Les défis de l’héliciculture en France
L’élevage d’escargots, aussi appelé héliciculture, reste une activité méconnue. Pourtant, elle répond à une demande croissante pour des produits locaux et biologiques. Mais les contraintes sont nombreuses :
- Forte dépendance aux conditions climatiques.
- Travail saisonnier et très physique.
- Manque de soutien institutionnel.
- Concurrence d’importations à bas coût venues d’Europe de l’Est.
Ce déséquilibre met en péril la survie de petites fermes comme celle de Perrine, malgré leur valeur ajoutée pour la gastronomie et le patrimoine culinaire français.
Un espoir pour l’avenir, la recherche d’un repreneur
Malgré tout, Perrine n’abandonne pas totalement son rêve. Elle espère trouver un repreneur pour Helixine, à qui elle offrirait un accompagnement dans la transition. Sa démarche témoigne de sa volonté de préserver son travail et de transmettre son savoir-faire.
Une visite inattendue a aussi contribué à mettre en lumière son exploitation : celle de l’actrice Eva Longoria, venue tourner un reportage culinaire pour CNN. Ce coup de projecteur médiatique pourrait jouer un rôle dans la valorisation de la ferme.
L’appel au soutien des agriculteurs en difficulté
Le témoignage de Perrine met en avant une réalité partagée par de nombreux agriculteurs en France : l’isolement, les charges lourdes, et le sentiment de ne pas être reconnus. Comme elle le souligne : "On aime ce qu’on fait, mais les problèmes s’accumulent. Les gens pensent qu’on est libres, mais en réalité, on dépend totalement des banques et de l’administration."
Sa situation rappelle l’urgence de repenser le modèle agricole français pour soutenir davantage les petites exploitations qui privilégient la qualité et l’environnement.
L’histoire de Perrine Doudin dépasse le cadre d’une simple vente de ferme. Elle symbolise à la fois la passion d’une jeune agricultrice déterminée et les difficultés structurelles de l’agriculture française. Son combat interpelle : comment mieux accompagner ces femmes et hommes qui nourrissent la société, souvent au prix de leur santé et de leur stabilité financière ?
Son témoignage résonne comme un cri d’alerte et une invitation à soutenir davantage les producteurs locaux. Que ce soit par un coup de pouce médiatique, un repreneur motivé, ou un changement de politiques publiques, Perrine incarne à la fois la fragilité et la résilience du monde agricole d’aujourd’hui.
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