Il est l’une des personnalités les plus bankable de l’info en continu, pourtant Pascal Praud vient de dire non à l’une des offres les plus folles du mercato télévisuel français. Selon plusieurs sources concordantes, BFMTV lui aurait proposé un salaire annuel frôlant le million d’euros pour quitter CNews. Réponse du principal intéressé ? Un refus net et sans appel. Retour sur cet épisode qui en dit long sur l’homme, ses convictions et sa relation particulière avec le groupe Bolloré.
Un mercato télé explosif à l’été 2024
L’été 2024 aura été particulièrement agité dans les couloirs des chaînes d’information. Alors que Rodolphe Saadé, propriétaire de BFMTV via le groupe CMA CGM, cherche à reconquérir la première place des audiences, tous les coups semblent permis. Et le nom de Pascal Praud est rapidement apparu comme la cible numéro 1.
D’après les informations révélées par L’Express et largement relayées sur les réseaux sociaux, l’offre faite à l’animateur de L’Heure des pros était tout simplement astronomique : près d’un million d’euros par an, soit quasiment le double de ce qu’il toucherait actuellement chez CNews (estimations autour de 500 000 à 600 000 € selon les années et les bonus).
Cette proposition plaçait Pascal Praud face à un choix cornélien : accepter l’offre XXL et devenir le nouveau visage star de la première chaîne info de France, ou rester fidèle à Vincent Bolloré et à l’univers idéologique qu’il a contribué à façonner.
Pourquoi Pascal Praud a dit non à BFMTV
Contrairement à ce que beaucoup imaginaient, l’argument financier n’a pas suffi. Plusieurs éléments expliquent ce refus qui a surpris jusqu’aux observateurs les plus aguerris :
- La fidélité à Vincent Bolloré : Pascal Praud entretient une relation de confiance rare avec le magnat breton. Depuis son arrivée sur CNews, il a bénéficié d’une liberté éditoriale totale.
- Son statut de roi chez CNews : À la tête de L’Heure des pros (et sa version 2 le soir), il est l’animateur phare incontesté de la chaîne. Chez BFMTV, il aurait dû cohabiter avec d’autres stars (Apolline de Malherbe, Bruce Toussaint…).
- Une ligne éditoriale qui lui correspond parfaitement : Pascal Praud assume pleinement son positionnement droitier et ses débats musclés sur l’immigration, l’insécurité ou l’identité française – des thématiques moins centrales sur BFMTV.
- Le confort d’un royaume maîtrisé : Pourquoi risquer de tout recommencer ailleurs quand on domine déjà les audiences chaque matin ?
L’Heure des pros, une machine à audience imbattable
Pour comprendre le choix de Pascal Praud, il faut regarder les chiffres. Son émission est devenue, au fil des années, le rendez-vous incontournable des matins français.
| Période | Audience moyenne L’Heure des pros | Part d’audience | Position face à BFMTV |
|---|---|---|---|
| 2022 | 450 000 téléspectateurs | 15-18 % | 2e chaîne info |
| 2023 | 650 000 téléspectateurs | 22-25 % | Parfois leader |
| 2024-2025 | 800 000 à 1 million | 28-32 % | Leader régulier |
Ces performances font de Pascal Praud l’un des animateurs les plus puissants du PAF. En restant chez CNews, il conserve non seulement son trône, mais aussi la certitude de continuer à battre régulièrement BFMTV sur ses propres horaires.
Pascal Praud, un personnage clivant mais incontournable
À 60 ans, Pascal Praud incarne une forme de journalisme à l’ancienne mâtiné de polémique assumée. Ancien journaliste sportif (TF1, Canal+, France Télévisions), il a opéré une reconversion fulgurante dans l’info-opinion à partir de 2016.
Son style ? Un mélange de :
- Costumes trois-pièces impeccables
- Ton indigné permanent
- Questions rhétoriques en rafale
- Invités triés sur le volet
Ce cocktail fait de lui une figure à la fois adorée par une partie du public et honnie par une autre. Mais une chose est sûre : personne ne reste indifférent.
Entre attaques du service public et guerre des audiences
Son refus d’un million d’euros intervient dans un contexte particulièrement tendu. France Télévisions et Radio France ont porté plainte contre CNews, Europe 1 et le Journal du Dimanche pour « dénigrement ». Pascal Praud, qui n’hésite jamais à critiquer le « service public woke » ou « gauchiste », se retrouve une nouvelle fois au cœur de la tempête.
Ce climat de guerre ouverte entre le service public et le groupe Bolloré renforce paradoxalement la position de l’animateur : partir maintenant aurait pu être perçu comme une fuite ou une trahison.
Portrait d’un homme qui préfère régner plutôt que gagner plus
Ceux qui le côtoient décrivent un homme à la vie austère, presque monacale :
- Lever à 5h du matin
- Petit-déjeuner frugal
- Lecture intensive de la presse
- Préparation minutieuse de ses émissions
- Peu de sorties, peu d’amis dans le milieu
Pour Pascal Praud, l’argent semble secondaire face au pouvoir et à l’influence. Il préfère être le patron incontesté de son royaume matin chez CNews plutôt que simple (très bien payé) soldat chez BFMTV.
En refusant un million d’euros par an, Pascal Praud envoie un message fort : dans le paysage audiovisuel français, certains choisissent encore la conviction (ou le confort de leur position dominante) plutôt que l’argent.
À l’heure où beaucoup auraient cédé à l’appel du large, il préfère continuer à allumer chaque matin le feu du débat, fidèle à sa ligne, à son patron et à son public. Un choix qui fait de lui, plus que jamais, une exception dans le PAF.
Et vous, auriez-vous refusé une telle offre ?
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