Le 2 décembre 2025 – À 61 ans, Princess Erika a accepté de se livrer comme rarement dans le podcast Psychik animé par le Dr Laurent Karila. La chanteuse et comédienne y raconte sans fard le long combat de son fils unique Julien, aujourd’hui âgé de 41 ans, contre de lourds troubles psychiatriques apparus brutalement à la fin de son adolescence.
La première crise : un choc à 18 ans qui a tout bouleversé
Tout a commencé quand Julien avait 18 ans. Un soir, il quitte le domicile familial sans explication. Dans la nuit, les pompiers le retrouvent en pleine rue, en état de délire aigu. Il est persuadé d’être investi d’une mission divine et se présente comme le Christ revenu sur Terre.
Princess Erika reçoit l’appel des urgences en pleine nuit. Lorsqu’elle arrive à l’hôpital psychiatrique, elle découvre un fils méconnaissable : doux, poli, mais totalement gentil… mais complètement déconnecté de la réalité.
« Il était très gentil mais… délirant », confie-t-elle la voix tremblante. « Il répétait sans cesse qu’il était le Christ, qu’il devait sauver le monde. »
Ce premier épisode marque le début d’une longue série de crises et d’hospitalisations, souvent sous contrainte, car Julien n’avait plus conscience de son état.
Des hospitalisations longues et traumatisantes
La première hospitalisation dure plusieurs semaines. Les médecins mettent du temps à trouver le bon traitement pour stabiliser Julien. Pendant cette période, les visites sont interdites ou très limitées, et le jeune homme est totalement coupé du monde extérieur.
Princess Erika décrit cette période comme « extrêmement dure » pour une mère : voir son enfant enfermé, sous sédatifs lourds, sans pouvoir le serrer dans ses bras.
Malheureusement, cet épisode n’a pas été isolé. Au fil des années, les crises se sont répétées, parfois espacées de plusieurs années, parfois très rapprochées, plongeant la famille dans une angoisse permanente.
Un diagnostic complexe : entre bouffées délirantes et troubles durables
Bien que Princess Erika n’ait pas nommé précisément le diagnostic de son fils (schizophrénie, trouble bipolaire avec épisodes psychotiques, ou trouble schizo-affectif), elle parle clairement de « bouffées délirantes aiguës » récurrentes ayant nécessité à plusieurs reprises des hospitalisations d’office (HO) ou à la demande d’un tiers (HDT).
| Âge de Julien | Événement marquant | Conséquences |
|---|---|---|
| 18 ans | Première crise délirante aiguë dans la rue | Hospitalisation d’urgence + traitement lourd |
| 20–35 ans | Crises récurrentes (fréquence variable) | Hospitalisations répétées, parfois sous contrainte |
| 41 ans (aujourd’hui) | Vie toujours impactée par la maladie | Suivi psychiatrique permanent |
Le poids des décisions impossibles pour une mère
L’un des passages les plus émouvants du témoignage concerne les fois où Princess Erika a dû, avec le père de Julien, demander elle-même l’hospitalisation sous contrainte de son fils.
« C’est la décision la plus déchirante qu’une mère puisse prendre : faire enfermer son propre enfant », confie-t-elle. « Mais quand il est en pleine crise, il peut être dangereux pour lui-même ou pour les autres, même s’il reste fondamentalement gentil. »
Elle insiste sur le fait que, paradoxalement, Julien restait « très gentil, très poli » même en plein délire, ce qui rendait la situation encore plus troublante.
Briser la stigmatisation : pourquoi Princess Erika parle aujourd’hui
À 61 ans, la chanteuse connue pour ses titres reggae des années 80-90 et ses rôles au cinéma (notamment dans Les Keufs ou Ma 6-T va crack-er) a décidé de prendre la parole publiquement pour plusieurs raisons :
- Déstigmatiser les maladies psychiatriques graves
- Montrer que cela peut toucher n’importe quelle famille, même celles sous les projecteurs
- Soul>Aider d’autres parents qui vivent la même chose à se sentir moins seuls
- Sensibiliser sur la difficulté d’accès aux soins psychiatriques en France
« On a encore trop honte de dire que son enfant est malade psychiatrique », déplore-t-elle. « Pourtant, ce n’est pas de sa faute, ni de la nôtre. »
Un message d’espoir malgré la douleur
Malgré la chronicité de la maladie de Julien, Princess Erika tient à terminer sur une note positive : son fils est toujours là, il a des moments de répit, il garde une grande douceur, et surtout, il est aimé inconditionnellement.
« On ne guérit pas toujours, mais on peut vivre avec. Et surtout, on peut continuer à aimer », conclut-elle les larmes aux yeux.
Ce témoignage rarissime d’une personnalité publique sur un sujet aussi intime touche des milliers de familles concernées par les troubles psychiatriques sévères en France.
Vous n’êtes pas seuls.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !