Le 9 octobre 2025, la tombe de Robert Badinter, figure emblématique de l'abolition de la peine de mort en France, a été profanée au cimetière de Bagneux, quelques heures avant sa cérémonie d'entrée au Panthéon. Cet acte odieux a suscité une vague d'indignation, de la part des autorités, des élus et du public. Cet article explore les détails de cette profanation, les réactions officielles, l'enquête en cours et la cérémonie prévue pour honorer cet homme de droit exceptionnel.
Une profanation choquante au cimetière de Bagneux
Le matin du 9 octobre 2025, la sépulture de Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et artisan de l'abolition de la peine de mort en 1981, a été retrouvée vandalisée au cimetière de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. Selon des sources policières, la tombe a été entièrement recouverte de peinture bleue à l'aide d'une bombe aérosol. Des inscriptions injurieuses, directement liées à son combat contre la peine de mort, ont également été taguées.
Les tags, d'une rare violence, comportaient les mots : "Éternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la République le sanctifient." Ces inscriptions ont profondément choqué les proches de Robert Badinter et les défenseurs de son héritage. Les services de la ville de Paris ont rapidement procédé au nettoyage de la sépulture, qui était redevenue intacte en milieu de journée.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Une enquête ouverte par le parquet de Nanterre
Face à cet acte de vandalisme, le parquet de Nanterre a immédiatement ouvert une enquête pour "profanation de sépulture", un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. Les autorités judiciaires, appuyées par une dizaine de policiers présents sur les lieux, travaillent à identifier les responsables. Aucun commentaire officiel n'a été émis par les forces de l'ordre sur place, mais l'enquête progresse activement.
| Infraction | Punition encourue |
|---|---|
| Profonation de sépulture | 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende |
Indignation unanime des autorités
La profanation de la tombe de Robert Badinter a provoqué une vague de réactions indignées. Le président de la République, Emmanuel Macron, a dénoncé cet acte dans un message publié sur X : "Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire. La République est toujours plus forte que la haine."
La maire de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, a également réagi avec force au micro de RTL, qualifiant les inscriptions de "odieuses" et "indignes". Elle a condamné "avec la plus grande fermeté cet acte lâche" et a exprimé son soutien à la mémoire de Robert Badinter. De son côté, Anne Hidalgo, maire de Paris, a dénoncé un "acte de lâcheté et d'indignité". La Ville de Paris a immédiatement transmis un signalement au parquet pour que les auteurs soient identifiés et sanctionnés.
| Personnalité | Réaction |
|---|---|
| Emmanuel Macron | "Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire. La République est toujours plus forte que la haine." |
| Marie-Hélène Amiable | "Un acte lâche" avec des inscriptions "odieuses" et "indignes". |
| Anne Hidalgo | "Un acte de lâcheté et d'indignité", signalement au parquet. |
Une cérémonie solennelle au Panthéon
Malgré cet acte de vandalisme, la cérémonie d'entrée de Robert Badinter au Panthéon s'est déroulée comme prévu le 9 octobre 2025. À 17h, son cercueil a été transporté vers le monument parisien, où une cérémonie sobre, d'une durée d'environ une heure, a débuté à 19h. Présidée par Emmanuel Macron, cette panthéonisation visait à rendre hommage à l'héritage de cet homme de droit, décédé en février 2024 à l'âge de 95 ans.
Le scénario de la cérémonie a suivi une mise en scène traditionnelle : remontée de la rue Soufflot, accueil du cercueil sous la nef du Panthéon, discours présidentiel "court et percutant", et installation dans le caveau des révolutionnaires de 1789, aux côtés de figures comme Condorcet, l'abbé Grégoire et Gaspard Monge. Un moment fort de la soirée a été l'interprétation par Julien Clerc de sa chanson L'assassin assassiné, un titre emblématique de 1980 dédié à la lutte contre la peine de mort.
L'héritage de Robert Badinter
Robert Badinter, avocat et homme politique, est entré dans l'histoire comme l'architecte de l'abolition de la peine de mort en France, une réforme adoptée en 1981 sous la présidence de François Mitterrand. Son engagement pour les droits humains et la justice a marqué des générations, faisant de lui une figure incontournable du paysage politique français.
Cette profanation, survenue à un moment symbolique, rappelle les tensions persistantes autour de son combat. Cependant, les hommages rendus lors de la cérémonie au Panthéon témoignent de la force de son héritage, qui continue d'inspirer la lutte pour une justice plus humaine.
| Événement | Détails |
|---|---|
| Abolition de la peine de mort | Adoptée en 1981 sous la présidence de François Mitterrand |
| Panthéonisation | 9 octobre 2025, cérémonie présidée par Emmanuel Macron |
| Hommage musical | Julien Clerc interprète L'assassin assassiné |
La profanation de la tombe de Robert Badinter, bien que choquante, n'a pas terni l'hommage national rendu à cet homme d'exception. La cérémonie au Panthéon, empreinte de dignité, a permis de célébrer son legs indélébile. Alors que l'enquête suit son cours pour identifier les responsables de cet acte, la mémoire de Robert Badinter reste intacte, portée par une République déterminée à honorer ses héros.
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