France 2 diffuse en prime time, ce dimanche 11 janvier 2026, Sage-Homme, long-métrage de Jennifer Devoldère porté par Karin Viard et Melvin Boomer. Salué lors de sa sortie pour son regard sensible et documenté sur le métier de sage-femme, le film intrigue par son réalisme. Une question revient régulièrement chez les téléspectateurs : les scènes ont-elles été tournées dans une vraie maternité ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Après avoir proposé Les Tontons flingueurs la semaine précédente, France 2 poursuit sa programmation cinématographique dominicale avec une œuvre contemporaine ancrée dans le réel. Sorti en salles en mars 2023, Sage-Homme avait attiré plus de 614 000 spectateurs, porté par un bouche-à-oreille favorable et un sujet rarement traité au cinéma français.
Le film s’inscrit à la croisée du récit d’apprentissage et du drame social, en explorant un univers professionnel essentiel mais encore largement méconnu du grand public : celui des sages-femmes.
Un récit d’apprentissage au cœur d’un métier essentiel
Sage-Homme suit le parcours de Léopold, interprété par Melvin Boomer, un jeune homme recalé au concours de médecine qui s’inscrit presque par défaut à l’école des sages-femmes. Sans en informer ses proches, il pénètre un milieu majoritairement féminin, structuré par des codes professionnels, humains et émotionnels qu’il ne maîtrise pas.
Au fil de sa formation, Léopold fait la rencontre de Nathalie, sage-femme expérimentée incarnée par Karin Viard. Femme de terrain, directe et exigeante, elle devient un repère déterminant dans son apprentissage. Leur relation, faite de confrontations et de transmissions, constitue l’ossature émotionnelle du film.
À travers cette trajectoire individuelle, Jennifer Devoldère aborde des enjeux collectifs : la reconnaissance du métier, la pénurie de soignants, la charge émotionnelle du travail en maternité et la place des hommes dans une profession historiquement féminisée.
Une question centrale, le tournage s’est-il déroulé dans une vraie maternité ?
Face au degré de précision des gestes, à l’authenticité des décors et à la crédibilité des situations, de nombreux spectateurs se sont interrogés sur les conditions de tournage du film. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Sage-Homme n’a pas été filmé dans une maternité en activité.
La réalisatrice Jennifer Devoldère l’a expliqué à plusieurs reprises lors de la promotion du film : investir une maternité fonctionnelle pendant plusieurs semaines s’est révélé matériellement impossible.
« C’était irréalisable d’occuper une vraie maternité en état de fonctionnement pendant trois semaines. Nous avons donc dû la reconstituer intégralement », précise-t-elle.
Une maternité reconstituée, mais pensée comme un lieu réel
Plutôt que de se tourner vers un plateau de studio classique, l’équipe artistique a opté pour une solution intermédiaire : la création d’un décor complet au sein d’un lieu réel. Sous la direction du chef décorateur Jean-Marc Tran Tan Ba, une maternité entière a été reconstruite dans ses moindres détails.
Les décors comprennent notamment :
- la salle des sages-femmes,
- plusieurs salles de naissance,
- le bloc obstétrical,
- les couloirs et le hall d’accueil,
- la salle d’attente,
- ainsi qu’une ruelle extérieure attenante.
L’objectif était clair : offrir aux comédiens un environnement crédible et immersif, tout en conservant une liberté de mise en scène indispensable au tournage.
La réalisatrice insiste sur un point déterminant :
« Il ne s’agissait pas d’un décor en studio fermé, mais d’un lieu réel, avec des fenêtres, de la lumière naturelle et des vis-à-vis qui rappelaient ceux d’un hôpital. Cela a énormément contribué au réalisme du film. »
Un réalisme renforcé par la présence de véritables soignants
Si la maternité n’était pas authentique au sens strict, le film s’est en revanche appuyé sur une expertise médicale de premier plan. Dès l’écriture du scénario, Jennifer Devoldère a souhaité s’entourer de professionnels du secteur afin d’éviter toute approximation.
La sage-femme Chantal Birman, figure reconnue du monde obstétrical, a ainsi été consultante sur le scénario. Sur le plateau, Stéphanie Fiallet est intervenue comme référente médicale, accompagnant quotidiennement les acteurs.
Son rôle a été central :
- formation aux gestes professionnels,
- corrections en temps réel pendant les prises,
- vérification des protocoles de soin,
- ajout de terminologie médicale précise dans les dialogues.
« Elle relisait les scènes avant le tournage pour ajuster les termes techniques et garantir la justesse des situations », explique la réalisatrice.
Des professionnels de terrain intégrés au casting
Le souci d’authenticité ne s’est pas arrêté à la consultation. Une partie du casting est composée de véritables soignants. Le tournage, organisé à Nancy, a permis de recruter localement des professionnels de santé.
Parmi eux :
- Mado et Marie, sages-femmes en exercice,
- Sophie Harter, obstétricienne dans la vie,
- des infirmiers, aides-soignants et élèves sages-femmes.
Cette présence renforce la crédibilité des scènes collectives, notamment lors des accouchements et des situations d’urgence, où la coordination des équipes joue un rôle central.
Un film salué pour sa justesse professionnelle
À sa sortie, Sage-Homme a été largement salué par les professionnels du secteur pour son respect du métier et sa représentation nuancée des réalités hospitalières. Loin des clichés ou de la dramatisation excessive, le film met en lumière la technicité, l’engagement et la charge émotionnelle qui caractérisent le quotidien des sages-femmes.
Le choix de ne pas tourner dans une maternité en activité n’a donc en rien nui à l’authenticité du récit. Bien au contraire, la reconstitution maîtrisée et l’encadrement médical ont permis de concilier exigences cinématographiques et rigueur documentaire.
Une diffusion en clair attendue sur France 2
La diffusion en prime time sur France 2, ce dimanche 11 janvier 2026, offre une nouvelle exposition à ce film singulier, à la fois accessible au grand public et profondément ancré dans des enjeux sociétaux contemporains.
En abordant la vocation, la transmission et la reconnaissance des métiers du soin, Sage-Homme s’inscrit dans une tradition de cinéma social français exigeant, porté par des interprétations solides et un travail documentaire approfondi.
Un rendez-vous cinématographique qui, au-delà de la fiction, éclaire avec justesse un univers professionnel essentiel au cœur de la société.
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