Un déplacement officiel qui tourne au face-à-face délicat. Le roi Charles III a été interpellé sur le rôle de son frère Andrew dans l’affaire Epstein.
Ce jeudi, dans un village de l'Essex, la foule n’était pas venue que pour saluer le souverain : une journaliste a saisi l’occasion pour poser la question que tout le monde redoute.
"Votre majesté, votre famille va-t-elle aider dans l'enquête sur Epstein? Avez-vous un message pour les victimes?"
Le roi, sous son parapluie, a poursuivi sa marche sans répondre. Mais un spectateur, visiblement excédé, n’a pas hésité : "Charles, avez-vous fait pression sur la police pour qu'elle commence à enquêter sur Andrew?"
La pression monte depuis la publication de nouveaux documents par le ministère de la Justice américain, le 30 janvier. Ces dossiers dévoilent des photos compromettantes d’Andrew et des échanges avec Epstein à Buckingham.
On y voit notamment l’ex-prince agenouillé, penché au-dessus d’une femme allongée, ou des emails invitant Epstein à des discussions "privées" au château. Les révélations ont choqué l’opinion publique et relancé le débat sur la responsabilité de la famille royale.
Le Premier ministre Keir Starmer a réagi officiellement, estimant qu’Andrew devrait témoigner devant le Congrès américain pour éclairer le rôle qu’il a pu jouer dans ces crimes.
Privé de ses titres et de sa résidence royale par Charles, Andrew reste sous le feu des critiques. Selon l’auteur Andrew Lownie, « la famille royale était au courant depuis des années et aurait pu le faire il y a des années » (Channel 4).
Ces dernières semaines, les événements se sont précipités. Des sources proches de Buckingham affirment que le roi serait « de plus en plus préoccupé » par le degré d’implication de son frère.
Alors qu’Andrew faisait déjà l’objet d’accusations de Virginia Giuffre, une seconde femme est entrée dans la lumière. Son avocat affirme que Jeffrey Epstein l’avait envoyée au Royaume-Uni en 2010 pour des relations sexuelles avec Andrew, à Royal Lodge près de Windsor.
La Thames Valley Police a confirmé qu’elle allait examiner ces nouvelles informations, tout en précisant que ni la victime ni son avocat ne les avaient encore contactés directement.
Mercredi, un document inédit a émergé des archives américaines : une lettre d’avocat décrivant une soirée à Palm Beach début 2006 avec des "danseuses exotiques". Epstein y aurait présenté l’une d’elles à Andrew, et tous deux auraient proposé des rapports sexuels à trois. La jeune fille aurait refusé, mais selon la lettre, la volonté des deux hommes aurait « prévalu ».
Elle aurait ensuite été rémunérée, mais moins que le montant promis initialement. Andrew n’a pas fait de déclaration depuis ces révélations, se contentant d’une promenade à cheval dans le parc de Windsor lundi dernier, repéré par les photographes.
Ce scandale ne se limite pas à Andrew. Des emails révélés fin janvier montrent une grande proximité entre Epstein et Sarah Ferguson, ex-épouse d’Andrew. Dans un message de 2009, elle écrivait à Epstein : « Merci, Jeffrey, d'être le frère dont j'ai toujours rêvé », avant de lui demander de l’aide pour payer son loyer.
Sarah Ferguson est restée en contact avec Epstein des années après avoir assuré avoir coupé tout lien, selon les documents consultés par la rédaction.
Dans l’ombre, la famille royale tente de contenir la crise. Les conseillers de Charles cherchent à limiter l’impact médiatique tout en évaluant les répercussions légales et politiques de ces révélations. La question de savoir si Andrew sera contraint de témoigner officiellement reste ouverte.
Au sein du public et sur les réseaux sociaux, la déception et la colère se lisent en filigrane. Des citoyens interpellés lors de la visite de Charles expriment leur incompréhension : pourquoi la famille royale n’a-t-elle pas agi plus tôt ?
Les experts soulignent l’enjeu humain derrière ce scandale : au-delà des titres et des résidences, c’est la crédibilité de la monarchie qui est en jeu. Chaque silence, chaque mot non prononcé alimente les critiques.
À Palm Beach comme à Windsor, la figure d’Epstein continue de projeter une ombre inquiétante sur la famille royale. Les documents récemment publiés montrent un réseau de relations troubles et prolongées, allant au-delà du simple cercle d’Andrew.
Les révélations posent une question difficile : comment un membre de la famille royale peut-il naviguer entre loyauté familiale et responsabilité publique dans un contexte criminel aussi grave ?
Pour Charles, ce face-à-face impromptu dans l’Essex illustre le dilemme de toute la monarchie : répondre aux attentes du public tout en gérant les affaires privées et sensibles. Son silence apparent a été interprété par certains comme un signe de prudence, par d’autres comme un refus de s’engager.
Les enquêtes américaines se poursuivent, et la pression médiatique ne faiblit pas. Chaque nouveau document, chaque nouvelle accusation ajoute à l’angoisse d’une institution habituée au contrôle de l’image et des mots.
En parallèle, les avocats des victimes continuent de travailler pour obtenir des témoignages et des preuves supplémentaires. Leurs démarches pourraient entraîner de nouvelles auditions et, potentiellement, un retour sur le territoire britannique de l’affaire.
Pour le public, le récit reste captivant, mêlant scandale, pouvoir et secrets de famille. La confrontation entre le roi et la journaliste dans l’Essex restera dans les mémoires comme un moment révélateur de la tension entre la monarchie et les attentes citoyennes.
Les prochains mois s’annoncent déterminants. Les décisions de justice, les éventuels témoignages et la communication officielle du palais façonneront la suite de ce scandale. Mais une chose est certaine : l’affaire Epstein n’a pas fini de secouer la famille royale et de résonner dans l’opinion publique.
Entre non-dits et révélations, la trajectoire d’Andrew et l’attitude de Charles seront scrutées au microscope. Le Royaume-Uni et le monde observent, impitoyables et curieux, ce dénouement encore incertain.
Le roi, confronté à la question de sa responsabilité morale et institutionnelle, doit désormais naviguer entre loyauté fraternelle et devoir envers le peuple. La tension reste palpable, et chaque geste sera analysé à la loupe.
Ce scandale, mêlant puissances, secrets et victimes, illustre la fragilité des institutions face aux affaires personnelles et aux dérives individuelles. Le public attend des réponses, et chaque silence royal alimente la curiosité et l’inquiétude.
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