Elle a claqué la porte sans se retourner. En quelques minutes, Sonia Mabrouk a fait trembler le paysage audiovisuel et relancé une bataille feutrée entre grandes chaînes.
Vendredi 6 février 2026, à Paris, la journaliste annonce sa démission de CNews, invoquant une rupture profonde avec une partie de la direction.
Il est précisément 19h17 quand l’alerte tombe. Un premier communiqué de l’Agence France-Presse révèle la décision. Le choc est immédiat dans les rédactions.
Quelques minutes plus tard, un second message précise les raisons. Sonia Mabrouk évoque une “altération certaine et effective” de sa relation avec la direction de CNews.
La cause est clairement identifiée. Le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, a rendu la situation intenable.
L’animateur a été reconnu coupable de messages à caractère sexuel envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Une affaire lourde, ancienne, mais jamais refermée.
Dans ce contexte, la prise de position de la journaliste sonne comme un acte politique. Une décision personnelle, assumée, et surtout irrévocable.
Dans un message transmis à la direction, elle écrit une phrase qui claque : “Hier, aujourd’hui, comme demain, ma boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes”.
Une seule phrase. Mais un séisme interne. À CNews, la semaine précédente avait déjà été marquée par des tensions et des murmures.
Dans les couloirs, on parlait de malaise. D’agacement. De lignes rouges franchies. La démission n’a fait que révéler ce qui couvait.
Sonia Mabrouk n’était pas une figure secondaire. Présente à l’antenne, identifiée, respectée, elle incarnait une forme de rigueur et de constance.
Son départ laisse un vide. Mais surtout, il ouvre un nouveau chapitre. Car à peine sortie du giron de CNews, la journaliste est déjà convoitée.
À 49 ans, l’ex-compagne de Guy Savoy se retrouve au cœur d’un mercato médiatique aussi discret que féroce. Les appels se multiplient.
Selon Le Parisien, des discussions seraient engagées avec France Télévisions. Une piste sérieuse, travaillée depuis plusieurs jours en coulisses.
Un proche de Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes du groupe public, confirme des échanges, sans en dire plus.
“Il est étonnamment fuyant et discret, ça cache quelque chose”, confie une personne de son entourage, visiblement bien informée.
Mais derrière l’intérêt éditorial, un obstacle majeur surgit. Le nerf de la guerre. Le salaire.
France Télévisions peut-elle s’aligner sur les émoluments d’une star de l’information issue du privé ? La question crispe les négociations.
“Je ne vois pas comment ils peuvent la payer”, avance une source décrite comme très au fait des discussions en cours.
Un ami de la journaliste nuance toutefois. “Ce ne sont pas les mêmes grilles de salaire, mais c’est un challenge intéressant pour elle en année présidentielle”.
L’argument n’est pas anodin. L’échéance électorale à venir renforce l’attractivité des profils expérimentés et identifiés du grand public.
Sonia Mabrouk le sait. Elle connaît son poids. Et surtout, elle n’est pas pressée.
Selon ce même témoin, la journaliste “a déjà des propositions”. Le pluriel est lâché. Rien n’est signé, mais les options existent.
France Télévisions n’est donc pas seule sur le dossier. D’autres chaînes d’information observent la situation avec attention.
BFMTV et LCI seraient également sur les rangs, selon Le Parisien. Deux acteurs majeurs, habitués aux recrutements stratégiques.
L’avantage est clair. Les deux chaînes privées auraient les moyens de lui proposer un salaire au moins équivalent à celui perçu chez CNews.
Mais là encore, prudence officielle. “Il n’y a pas de discussions”, assure le quotidien, citant des positions internes.
À BFMTV, un précédent pèse lourd. La direction n’aurait pas digéré l’échec des négociations menées avec la journaliste au printemps dernier.
Une tentative avortée, restée dans les mémoires. Et qui refroidirait aujourd’hui toute reprise de contact formelle.
LCI, de son côté, avance à pas feutrés. Aucun commentaire public. Aucun signal officiel. Mais un intérêt réel, selon des sources médiatiques.
Un “ponte des médias” cité par Le Parisien estime toutefois que TF1 aurait davantage de chances de rafler la mise.
Un scénario crédible. Le groupe connaît bien les enjeux de notoriété, d’image et de crédibilité à l’approche des grandes échéances politiques.
Pour Sonia Mabrouk, l’équation est complexe. Elle ne cherche pas seulement un poste, mais un cadre aligné avec ses convictions.
Son départ de CNews n’est pas une stratégie de carrière classique. C’est un geste. Un marqueur.
Dans les rédactions, beaucoup saluent son courage. D’autres s’interrogent sur les conséquences professionnelles à long terme.
Car quitter une chaîne sur fond de polémique n’est jamais neutre. Même lorsque les raisons sont clairement exposées.
La journaliste, elle, reste silencieuse. Aucun commentaire supplémentaire. Aucun entretien. Une retenue qui tranche avec l’agitation ambiante.
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient. Messages de soutien, interrogations, parfois critiques. Le débat est vif.
Certains collègues saluent une “ligne morale claire”. D’autres rappellent la dureté des rapports de force dans l’audiovisuel.
En interne, à CNews, la page est tournée sans être digérée. La direction maintient sa position. Aucun retour en arrière annoncé.
Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne reste assumé, malgré la condamnation définitive rappelée par l’AFP.
Cette décision continue de diviser. Et d’alimenter les discussions sur la responsabilité éditoriale des chaînes d’information.
Pour Sonia Mabrouk, l’enjeu dépasse sa personne. Il touche à la place des journalistes, à leurs limites, à leur liberté.
En coulisses, certains estiment que son profil pourrait évoluer. Moins d’antenne quotidienne, plus de formats longs, plus d’analyse.
D’autres la voient déjà incarner un rendez-vous politique majeur sur le service public, à condition de trouver un terrain d’entente financier.
Rien n’est acté. Tout est ouvert. Le mercato bat son plein, mais la décision finale pourrait prendre du temps.
Une chose est sûre. Le départ de Sonia Mabrouk marque un tournant dans l’actualité médiatique de ce début d’année 2026.
Il révèle les tensions internes, les arbitrages délicats et les lignes de fracture qui traversent les rédactions françaises.
Il rappelle aussi qu’au-delà des audiences et des contrats, certaines décisions restent guidées par des convictions personnelles.
La suite s’écrira loin des caméras, dans des bureaux feutrés, entre chiffres, grilles de programmes et choix éditoriaux.
Et peut-être, bientôt, sur un nouveau plateau. Sous un autre logo. Avec la même exigence.
Affaire à suivre.
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