Stéphane Bern, figure incontournable du paysage audiovisuel français et véritable ambassadeur du patrimoine, se retrouve malgré lui au cœur d’une tempête médiatique. Parrain du label « Les plus belles fêtes de France », il a découvert trop tardivement les liens opaques de cette initiative avec le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Édouard Stérin. Retour complet sur une affaire qui secoue à la fois le monde culturel et politique.
Un projet festif aux intentions louables
Lancé en 2024, le label « Les plus belles fêtes de France » visait à mettre en valeur les traditions locales françaises. Soutenu symboliquement par Stéphane Bern, ce projet avait pour objectif de renforcer la visibilité des fêtes populaires, souvent considérées comme des trésors vivants du patrimoine. Aux côtés du Guide Michelin, l’animateur de France Télévisions s’était réjoui d’apporter son soutien à cette initiative.
Cependant, derrière cette façade culturelle, l’association à l’origine du label aurait tissé des liens avec l’homme d’affaires Pierre-Édouard Stérin, connu pour financer des mouvements politiques d’extrême droite. Une information dévoilée par L’Humanité et confirmée par Le Monde.
Stéphane Bern, un ambassadeur du patrimoine pris au piège
Depuis plus de deux décennies, Stéphane Bern consacre une grande partie de sa carrière à la sauvegarde du patrimoine. Missionné en 2017 par Emmanuel Macron, il avait dressé un inventaire des sites historiques en danger, ce qui avait conduit à la création du fameux Loto du Patrimoine. Cette initiative, en partenariat avec la Française des jeux et la Fondation du Patrimoine, a permis de récolter des millions d’euros pour réhabiliter des monuments.
Outre ses engagements officiels, Bern a fondé sa propre fondation, placée sous l’égide de l’Institut de France, afin de soutenir de nombreux projets de sauvegarde. Loin d’être un simple animateur télé, il est devenu « Monsieur Patrimoine » pour les Français.
C’est donc avec sincérité qu’il avait accepté d’être le parrain symbolique du label, sans savoir que son image serait associée à une organisation politiquement marquée.
La révélation qui a tout changé
En juillet 2025, L’Humanité révèle que le label est piloté par des proches de Pierre-Édouard Stérin. Cette information, confirmée quelques jours plus tard par Le Monde, provoque un choc chez l’animateur. Interrogé par Le Canard Enchaîné, il explique avoir été « instrumentalisé » et trompé :
« Mon interlocuteur s’est présenté comme mandaté par le Sénat. Jamais je n’aurais imaginé qu’il travaillait en réalité pour une structure liée à un milliardaire très politisé. Si je l’avais su, je ne me serais pas aventuré dans cette affaire. »
L’événement de lancement, organisé en juin au Sénat et présidé par la sénatrice LR Laurence Garnier, avait renforcé la crédibilité du projet. Bern, pensant soutenir une cause culturelle, s’était contenté d’envoyer une vidéo d’encouragement.
Qui est Pierre-Édouard Stérin ?
Pierre-Édouard Stérin, homme d’affaires milliardaire, est le fondateur d’Otium Capital et de Smartbox. Installé en Belgique, il est accusé par ses détracteurs de pratiquer un exil fiscal tout en finançant des initiatives ultraconservatrices en France. En 2024, il a lancé le projet « Périclès », une organisation prônant un retour aux valeurs chrétiennes et nationalistes, inspirées d’une vision européenne traditionaliste.
Son influence s’exerce notamment à travers des associations culturelles, des médias et des initiatives locales comme « Les plus belles fêtes de France », qui servent de vitrine à ses ambitions idéologiques.
| Nom | Fonction | Liens avec l’affaire |
|---|---|---|
| Stéphane Bern | Animateur / Parrain du label | Soutien symbolique, mais trompé |
| Pierre-Édouard Stérin | Milliardaire / Financier | Derrière l’association organisatrice |
| Thibault Farrenq | Dirigeant Studio 496 | Intermédiaire auprès de Bern |
Une affaire aux répercussions politiques
Cette affaire dépasse le simple cadre culturel. En associant involontairement son image à un projet idéologiquement marqué, Stéphane Bern devient malgré lui un pion dans une stratégie d’influence politique. Les médias s’emparent du scandale, soulignant les risques de récupération de figures publiques pour des causes partisanes.
Pour de nombreux observateurs, cette manipulation illustre les méthodes de certains acteurs économiques et politiques qui cherchent à s’implanter dans la sphère culturelle pour légitimer leurs idées.
Cette polémique rappelle à quel point la frontière entre culture, politique et finance peut être poreuse. Stéphane Bern, sincèrement engagé dans la préservation du patrimoine, a vu son image associée malgré lui à une cause qui n’était pas la sienne. Son expérience met en lumière l’importance de la vigilance lorsqu’une personnalité publique prête son nom à une initiative.
Reste désormais à voir quelles seront les répercussions à long terme pour l’image de « Monsieur Patrimoine », mais aussi pour les initiatives culturelles en France, qui risquent d’être fragilisées par ces manipulations.
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