Ancienne légende de la NBA, Tony Parker poursuit depuis 2019 une reconversion réussie dans les affaires. Pourtant, son vaste projet immobilier et touristique dans le Vercors vient de subir un coup d’arrêt majeur. La préfecture a refusé son autorisation, invoquant des arguments liés à l’impact environnemental, social et économique. Retour en détail sur cette décision qui fait grand bruit.
Un projet touristique d’envergure au cœur du Vercors
En 2019, Tony Parker a mis un terme à près de vingt ans de carrière sur les parquets de la NBA. Depuis, l’ancien meneur des Spurs de San Antonio s’est lancé dans plusieurs activités entrepreneuriales, notamment via son groupe Infinity Nine. Parmi ses ambitions les plus médiatisées figure son projet de développement touristique à Villard-de-Lans, station familiale située dans le massif du Vercors, en Isère.
Ce projet colossal, estimé à 88,5 millions d’euros, prévoyait :
| Éléments du projet | Détails |
|---|---|
| Hôtel | Résidence quatre étoiles |
| Logements touristiques | 99 suites-appartements, jusqu’à 700 lits |
| Surface totale | 17 597 m² de plancher |
| Infrastructures annexes | Pôle d’activités indoor et commerces |
Une décision préfectorale défavorable
Malgré l’ampleur de ce projet, la préfecture du Massif des Alpes a émis un refus formel. Selon l’arrêté préfectoral publié récemment, plusieurs points ont conduit à cette décision :
- Un dimensionnement jugé excessif par rapport aux besoins locaux ;
- Des incertitudes sur l’impact environnemental et la biodiversité ;
- Un manque de garanties sur la gestion de l’eau dans une zone déjà fragile ;
- Une sous-estimation des émissions de gaz à effet de serre liées au projet.
Pour les autorités, le projet n’apportait pas suffisamment d’éléments consolidés et fiables permettant de mesurer son impact global sur la région.
Un projet loin de faire l’unanimité
Outre la décision administrative, l’opinion publique a également pesé. Lors de la consultation ouverte, environ 80 % des 3 450 participants se sont déclarés opposés à l’initiative. Les arguments avancés concernaient principalement la préservation des paysages, la crainte d’une pression accrue sur les ressources locales et la volonté de préserver l’identité familiale de la station.
Cet élan de contestation illustre la difficulté de concilier développement touristique et préservation environnementale dans un contexte de changement climatique.
Les arguments en faveur du projet
Malgré les critiques, le projet de Tony Parker avait des partisans. Ces derniers mettaient en avant plusieurs bénéfices potentiels :
- La création d’emplois directs et indirects dans la région ;
- Un essor touristique accru susceptible de dynamiser l’économie locale ;
- La valorisation de la station de Villard-de-Lans au niveau national et international ;
- Un projet porté par une personnalité française de renom, capable d’attirer des investisseurs.
Les partisans voyaient dans ce projet une opportunité de modernisation et de diversification de l’offre touristique alpine.
Les perspectives pour Tony Parker et ses équipes
Si le projet actuel est refusé, Tony Parker conserve néanmoins la possibilité de présenter un nouveau dossier. L’arrêté préfectoral autorise en effet un dépôt remanié, à condition d’apporter des modifications substantielles :
- Un projet plus sobre et mieux adapté à l’échelle du territoire ;
- Des garanties renforcées sur la gestion de l’eau et des ressources naturelles ;
- Une réduction de l’empreinte carbone et des nuisances potentielles.
L’ancien basketteur dispose également d’un délai de deux mois pour déposer un recours. Son engagement à long terme via Infinity Nine et le rachat de la Société des remontées mécaniques de Villard-de-Lans et de Corrençon témoigne de sa volonté d’inscrire son action dans la durée.
Un symbole des défis du tourisme alpin
Cette affaire dépasse le simple cadre d’un projet porté par une star du sport. Elle met en lumière les tensions croissantes entre attractivité économique et respect de l’environnement dans les massifs alpins. Le cas Parker illustre à quel point les grands projets touristiques doivent désormais intégrer des impératifs écologiques stricts pour obtenir l’aval des autorités.
Le Vercors, région riche de son patrimoine naturel, est au centre d’une réflexion plus large sur le tourisme durable. Les prochaines années seront décisives pour déterminer quel équilibre peut être trouvé entre accueil des visiteurs et préservation des ressources.
Le rejet du projet touristique de Tony Parker à Villard-de-Lans marque un tournant. L’ancien champion NBA se trouve confronté à une réalité incontournable : les grands projets doivent aujourd’hui répondre à des exigences sociales et environnementales de plus en plus strictes. Ce revers, bien que significatif, pourrait aussi être l’occasion de repenser un modèle plus durable, en phase avec les attentes des habitants et les impératifs écologiques.
Reste à savoir si Tony Parker et ses équipes parviendront à transformer cet échec en opportunité pour donner naissance à une version révisée de leur ambitieux projet, mieux intégrée dans le paysage du Vercors.
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