En 2023, l'actrice et chanteuse Véronique Jannot et son compagnon ont été victimes d'une escroquerie financière d'envergure, perdant 250 000 euros. Le principal suspect, Robert L., un ressortissant suisse se faisant passer pour un trader expérimenté, sera jugé à Genève en janvier 2026. Cette affaire met en lumière un mécanisme frauduleux sophistiqué, qui a touché plus d’une centaine de personnes et détourné des dizaines de millions d’euros.
Une arnaque bien rodée depuis plus de dix ans
Depuis 2013, Robert L. a exploité une plateforme baptisée Ninja Trader, prétendant utiliser un robot de trading performant. Il se présentait comme diplômé d’une grande université suisse et attirait ses victimes avec des promesses de rendements élevés et réguliers.
En réalité, les gains affichés provenaient d’un simple simulateur et non d’investissements réels. Le schéma s’apparentait à une pyramide de Ponzi : les fonds des nouveaux investisseurs servaient à payer les anciens, maintenant ainsi l’illusion d’une rentabilité constante. Selon les enquêteurs, Robert L. a ainsi encaissé environ 26 millions d’euros, dont une partie, estimée à 10 millions, a été redistribuée pour entretenir la crédibilité du système.
Au total, 104 victimes se sont manifestées, et 82 d’entre elles se sont constituées parties civiles dans le cadre de la procédure pénale à Genève.
Véronique Jannot et son compagnon parmi les victimes
L’actrice, connue notamment pour son rôle dans Pause Café, figure parmi les plaignants. Elle et son compagnon ont perdu 250 000 euros en 2023, après avoir entretenu une relation de confiance avec le faux trader et son entourage. Cette confiance a été renforcée par Joëlle H., l’épouse de Robert L., qui se présentait comme une héritière ayant investi elle-même des sommes importantes, rassurant ainsi les victimes potentielles.
Véronique Jannot avait déjà, par le passé, alerté sur les risques liés à un excès de confiance dans ses relations personnelles, une vulnérabilité exploitée par les escrocs.
Un train de vie luxueux et des fonds en grande partie introuvables
Grâce aux sommes perçues, Robert L. a mené un train de vie fastueux : il a résidé dans le triangle d’or à Paris, effectué de nombreux voyages internationaux et acheté des biens de luxe. Officiellement domicilié fiscalement aux Émirats arabes unis, il a ainsi pu multiplier les mouvements financiers pour masquer l’origine des fonds.
Arrêté en mai 2024, le quinquagénaire a reconnu les faits et affirme être désormais ruiné. Environ un million d’euros d’objets de valeur ont été saisis, mais une grande partie de l’argent détourné reste introuvable.
Un procès attendu à Genève
Le procès pour « escroquerie par métier » doit s’ouvrir le 26 janvier 2026 à Genève. Les victimes, dont Véronique Jannot, attendent de la justice une reconnaissance officielle de leur préjudice et des éclaircissements sur le sort des millions disparus. Les enjeux financiers et symboliques de cette affaire sont considérables, mettant en lumière les risques d’arnaques sophistiquées dans le secteur du trading en ligne.
Les enseignements d’une affaire emblématique
- Les arnaques financières peuvent toucher des personnalités publiques et des particuliers sans distinction.
- La confiance personnelle peut être exploitée par des fraudeurs habiles et organisés.
- Les schémas de type Ponzi restent difficiles à détecter, même pour des investisseurs expérimentés.
- Le rôle des proches et complices dans la consolidation de l’illusion est souvent déterminant.
- La reconnaissance judiciaire, au-delà du simple remboursement, est cruciale pour les victimes.
Cette affaire illustre la complexité des escroqueries modernes et l’importance d’une vigilance accrue dans les investissements financiers, même lorsque les interlocuteurs semblent légitimes et bien introduits socialement.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !