Lors de sa prise de parole, Meslet a cherché d'abord à recentrer le débat sur la différence de métier et de posture entre la radio publique et des chaînes commerciales qui, selon lui, pratiquent un journalisme d'opinion. Plus qu'une simple défense corporative, son intervention vise à dénoncer une stratégie médiatique fondée sur la construction rapide d'un récit accusatoire, destiné à fragiliser l'audiovisuel public.
Le contexte, la vidéo diffusée par « L'Incorrect »
Le point de départ de la polémique est la diffusion, début septembre 2025, d'une courte vidéo par le mensuel L'Incorrect montrant Thomas Legrand et Patrick Cohen à la table de responsables socialistes. La séquence, tournée à leur insu, a été interprétée par certains comme la preuve d'une connivence entre journalistes et responsables politiques — une accusation vivement débattue depuis sa publication.
Que dit exactement Vincent Meslet ?
« Nous ne faisons pas le même métier. Ce sont des médias d'opinion, des médias militants, d’obsessions. » — Vincent Meslet.
Meslet a réagi à une question directe du journaliste qui l'interrogeait sur une éventuelle faute professionnelle des deux éditorialistes. Sa réponse formalise deux idées : d'une part, il ne considère pas que Thomas Legrand et Patrick Cohen aient commis une faute professionnelle évidente ; d'autre part, il critique la manière dont certains médias ont exploité la vidéo pour construire un récit hostile et polarisant. Il annonce aussi un changement dans la stratégie de réponse de Radio France, rompant avec une politique de non-réplique qui, selon lui, a bénéficié aux medias attaquants.
Chronologie synthétique de l'affaire
Pour mieux comprendre les étapes qui ont conduit à la réaction publique de Meslet, voici une chronologie claire et factuelle.
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 septembre 2025 | Diffusion de la courte vidéo par le mensuel L'Incorrect, provoquant une onde de choc médiatique. |
| 6–9 septembre 2025 | Débats, réactions politiques et demandes de sanctions ; couverture intensive par certains médias. |
| 12–13 septembre 2025 | Polémiques et prises de position publiques de plusieurs acteurs du paysage médiatique. |
| 14 septembre 2025 | Entretien de Vincent Meslet publié dans Le Parisien : critique publique de CNews et Europe 1 et annonce d'une révision de la ligne de réponse. |
Les accusations envers certains médias, quels arguments ?
Meslet adresse plusieurs reproches précis : amplification disproportionnée (il évoque des parts d'antenne consacrées massivement au sujet), fabrication d'un récit pour instrumentaliser la vidéo, et refus de reconnaître la spécificité du métier du service public. Ces accusations visent notamment des médias du groupe Bolloré, qui ont selon lui transformé un incident en une offensive soutenue contre Radio France.
Implications pour l'audiovisuel public
La tension soulevée par l'affaire ne concerne pas uniquement deux journalistes : elle interroge la confiance du public, la protection de la vie privée des professionnels, et la frontière entre information et militantisme. Meslet met en garde contre des conséquences structurelles si la réaction du service public consiste uniquement à subir : perte d'autorité, affaiblissement de la parole publique et accélération d'une logique de polarisation médiatique. Plusieurs organes de presse ont engagé le débat sur ces enjeux depuis la diffusion de la vidéo. :contentReference[oaicite:6]{index=6}
Depuis la diffusion de la vidéo, de nombreux titres ont couvert l'affaire — certains soulignant la nécessité de préserver le contexte, d'autres insistant sur le droit du public à la transparence. Le débat a pris une tournure politique, avec des prises de position de personnalités publiques et des demandes d'enquête éthique dans plusieurs rédactions.
L'intervention de Vincent Meslet illustre un point central : la déontologie journalistique et la confiance collective peuvent être ébranlées quand des séquences partielles sont instrumentalisées pour servir un récit. Plutôt que d'opposer médias publics et privés dans l'absolu, le débat devrait porter sur les méthodes — montage, diffusion, vérification — et sur les garde-fous efficaces pour protéger à la fois la liberté d'informer et la crédibilité des institutions médiatiques.
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