Depuis quelques années, la plateforme de revente de vêtements Vinted s’est imposée comme un acteur incontournable de la mode circulaire. Cependant, derrière cette réussite commerciale, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : de nombreuses utilisatrices dénoncent des comportements abusifs et des messages sexuels non sollicités. Ce constat alarmant met en lumière les failles de sécurité et les dangers auxquels sont confrontées les jeunes femmes sur ce site a priori inoffensif.
Un espace d’échange détourné de son objectif initial
Créée pour favoriser la seconde main et l’upcycling, Vinted attire chaque jour des millions d’utilisateurs. Pourtant, certaines conversations privées révèlent une tout autre réalité : celle d’un terrain propice au harcèlement sexuel. Derrière l’achat d’un simple t-shirt ou d’une robe d’occasion se cache parfois l’approche intrusive de personnes mal intentionnées.
Les victimes racontent avoir reçu des demandes déplacées, allant de la simple remarque graveleuse à des sollicitations bien plus explicites. L’une d’elles témoigne : « Je voulais vendre un petit haut à 4 euros et un inconnu m’a demandé une photo sans soutien-gorge ». Une situation qui illustre la banalisation de ces comportements.
Des témoignages de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux
Les jeunes femmes, principales victimes, trouvent un exutoire sur TikTok, Instagram et Twitter pour dénoncer ces abus. Plusieurs créatrices de contenu, dont Jade MNL, partagent régulièrement leurs expériences avec leurs communautés, générant des milliers de vues et de commentaires de soutien.
Ces témoignages collectifs mettent en évidence un problème systémique : le harcèlement sexuel n’est pas un cas isolé, mais une tendance qui se répand sur la plateforme.
Les mots crus qui choquent et marquent les esprits
Les termes utilisés par les victimes – « gros dégueulasses », « porcs », « chasseurs » – montrent l’ampleur de l’exaspération face à ce fléau. Certaines vont jusqu’à qualifier Vinted de véritable « terrain de chasse des pervers ». Cette expression, reprise par les médias, illustre bien la gravité de la situation et la perte de confiance des utilisatrices envers un service censé être sécurisé.
Une banalisation inquiétante du harcèlement en ligne
Le danger réside dans la normalisation de ces comportements. Les utilisatrices apprennent malgré elles à anticiper les remarques déplacées, voire à s’en accommoder, alors qu’elles devraient être totalement protégées. Ce climat d’insécurité numérique contribue à renforcer l’idée que le harcèlement sexuel est omniprésent, même dans les espaces inattendus comme une plateforme de revente de vêtements.
La réaction officielle de Vinted
Face à la polémique, Vinted affirme appliquer une politique de « tolérance zéro » concernant les comportements abusifs. La plateforme encourage les victimes à signaler immédiatement les comptes suspects et recommande de limiter les informations personnelles visibles, notamment les photos avec le visage.
Voici un résumé des mesures annoncées par Vinted :
| Mesure | Description |
|---|---|
| Tolérance zéro | Suppression immédiate des comptes signalés pour comportements abusifs |
| Outils de signalement | Mise à disposition d’un bouton pour dénoncer rapidement un message suspect |
| Recommandations de sécurité | Encouragement à ne pas montrer son visage sur les photos mises en vente |
Les limites des mesures mises en place
Malgré ces efforts affichés, de nombreuses victimes estiment que les solutions proposées ne sont pas suffisantes. Le fait de recommander aux femmes de cacher leur visage est perçu comme une manière de déplacer la responsabilité vers les victimes plutôt que de sanctionner efficacement les harceleurs.
De plus, les signalements ne semblent pas toujours aboutir à des bannissements rapides, laissant aux agresseurs la possibilité de continuer à nuire.
Un problème sociétal qui dépasse Vinted
Si Vinted est aujourd’hui pointé du doigt, le problème est bien plus large et concerne l’ensemble des plateformes en ligne. Les réseaux sociaux, les sites de rencontres et même les espaces de discussion communautaires connaissent les mêmes dérives. La lutte contre le harcèlement sexuel numérique nécessite une action collective, tant du côté des entreprises que des autorités judiciaires.
Comment mieux protéger les utilisatrices ?
Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour renforcer la sécurité :
- Améliorer les systèmes de modération automatique grâce à l’intelligence artificielle.
- Renforcer les sanctions contre les comptes récidivistes.
- Mettre en place une cellule d’assistance dédiée aux victimes.
- Collaborer avec les associations spécialisées dans la lutte contre le harcèlement.
L’objectif est clair : rendre l’expérience de vente et d’achat en ligne à nouveau sécurisée et sereine pour toutes et tous.
Un appel à la mobilisation collective
Les témoignages de victimes ne doivent pas rester lettre morte. Ils doivent au contraire servir de levier pour transformer les pratiques et imposer des standards de sécurité plus élevés. La prise de parole massive sur TikTok, Instagram et dans les médias contribue déjà à faire évoluer la perception du problème et à exiger des comptes aux plateformes concernées.
Le cas de Vinted illustre la difficulté de maintenir des espaces numériques véritablement sûrs. Le harcèlement sexuel en ligne, loin d’être anecdotique, est un problème profond qui nécessite des solutions ambitieuses et une volonté politique forte. En dénonçant ces dérives, les victimes ouvrent la voie à un changement nécessaire pour que l’achat et la vente de vêtements en ligne retrouvent leur vocation première : la simplicité, la convivialité et le respect.
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