La rencontre de deux chanteuses iconiques, Yseult et Nelly Furtado, a été éclipsée par une vague de commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Malgré leur talent et leur notoriété, ces artistes ont été confrontées à la grossophobie et au sexisme, un phénomène malheureusement trop fréquent dans l’industrie musicale et sur les plateformes comme TikTok.
Une rencontre musicale historique éclipsée par les insultes
Yseult, révélée lors des dernières Victoires de la Musique pour sa prestation remarquable, s’est produite récemment en duo avec Nelly Furtado, la chanteuse culte des années 2000. Deux générations, deux univers musicaux différents, mais une passion commune pour la scène. Pourtant, cette réunion tant attendue n’a pas échappé aux commentaires malveillants sur les réseaux sociaux.
Les internautes n’ont pas tardé à transformer cet événement en un déferlement de grossophobie et de sexisme, ciblant directement l’apparence physique des chanteuses :
- "Un duo de poids"
- "Boudins"
- "Jambonneaux"
- "Qui mange le plus ?"
Ces propos illustrent la banalisation de la stigmatisation corporelle, même à l’encontre de stars reconnues.
La grossophobie, un fléau largement banalisé
La grossophobie désigne l’ensemble des discriminations, insultes et stigmatisations visant les personnes en surpoids. Elle cherche à culpabiliser ou à humilier, verbalement ou physiquement. Malgré le succès du mouvement body positive, cette forme de violence reste omniprésente, y compris dans le monde artistique.
Le tableau ci-dessous résume les principales formes de grossophobie observées sur les réseaux sociaux :
| Type de grossophobie | Exemple | Impact sur les victimes |
|---|---|---|
| Insultes directes | "Boudin", "Jambonneau" | Humiliation, baisse de l’estime de soi |
| Commentaires sur l’alimentation | "Qui mange le plus ?" | Renforcement des stéréotypes, culpabilisation |
| Sexisme intersectionnel | Commentaires combinant racisme et sexisme | Exclusion et marginalisation |
TikTok, une plateforme amplificatrice de haine
Sur TikTok, la grossophobie se banalise particulièrement. Les jeunes utilisateurs y sont exposés à une multitude de contenus insultants et sexistes, créant un climat où les violences verbales sont normalisées. Yseult a elle-même dénoncé ce phénomène et expliqué les difficultés rencontrées en tant que femme noire dans l’industrie musicale :
"Je dirais qu'être une femme noire et faire ce que je fais aujourd'hui, à savoir de la variété française et pas du R'n B ou de la musique qui bouge comme du zouk, c'est chaud. Je ne rentre pas du tout dans les cases. Je suis noire et je fais de la variété française avec du piano-voix."
Cette déclaration met en lumière le double combat des artistes : la lutte contre les stéréotypes liés à leur apparence et les préjugés raciaux dans un milieu encore très normatif.
Une industrie musicale marquée par la normalisation de la grossophobie
La grossophobie n’est pas un phénomène récent dans la musique. Dès les années 2000, des artistes comme Britney Spears étaient victimes de critiques sur leur poids, relayées par les médias : "Britney Spears plus grosse que jamais : l'ancienne princesse de la pop ne peut s'empêcher de se goinfrer de malbouffe", pouvait-on lire dans un magazine féminin.
Cette stigmatisation répétée contribue à créer un climat où l’apparence physique est plus jugée que le talent ou la créativité, renforçant les standards corporels irréalistes imposés par la société.
La parole des artistes, entre résilience et revendication
Malgré les attaques, Yseult revendique une position d’exemplarité pour les futures générations de femmes artistes :
"Je serai tellement fière car j'aurais été la première. Et j'ouvre la porte à d'autres femmes noires qui veulent faire de la variété. On n'est pas cantonnées à faire un type de musique. Oui, nous aussi, on peut faire de la variété !"
Elle met ainsi en avant la nécessité d’élargir les horizons musicaux pour les femmes noires et de briser les barrières imposées par les normes sociales et raciales.
Comment lutter contre la grossophobie et le sexisme en ligne ?
Pour endiguer ce phénomène, plusieurs mesures peuvent être mises en place :
- Éducation et sensibilisation : promouvoir des campagnes sur le respect de la diversité corporelle et culturelle.
- Modération des contenus : renforcer les politiques de lutte contre le harcèlement sur les plateformes sociales.
- Valorisation du body positive : encourager les artistes à partager leurs expériences et à promouvoir l’acceptation de soi.
- Soutien psychologique : offrir des ressources pour aider les victimes à gérer les impacts émotionnels et psychologiques.
La rencontre entre Yseult et Nelly Furtado aurait dû être célébrée comme un moment musical unique. Cependant, elle révèle une réalité persistante : la grossophobie et le sexisme continuent d’affecter même les artistes les plus talentueux. Il est essentiel que la société, les médias et les plateformes numériques travaillent ensemble pour créer un environnement où chacun peut s’épanouir sans subir de discrimination liée à son corps ou à son genre.
En sensibilisant le public et en valorisant la diversité, nous pourrons progressivement réduire l’impact de ces violences et encourager une industrie musicale plus inclusive et respectueuse.
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