Près de six ans après le suicide de Jeffrey Epstein en prison et quatre ans après le règlement à l’amiable entre le prince Andrew et Virginia Giuffre, l’affaire Epstein resurgit avec force aux États-Unis. En novembre 2025, seize élus démocrates de la Chambre des représentants accentuent la pression sur l’ex-duc d’York pour qu’il accepte enfin de témoigner sous serment. Même le Premier ministre britannique Keir Starmer estime publiquement qu’Andrew doit coopérer. Retour sur ce nouvel épisode brûlant du scandale qui secoue toujours la couronne britannique.
Le Congrès américain passe à l’offensive, une demande officielle de témoignage
Début novembre 2025, la commission de supervision de la Chambre des représentants (House Oversight Committee) a officiellement convoqué le prince Andrew, de son nom complet Andrew Mountbatten-Windsor, pour qu’il réponde aux questions des parlementaires sur ses liens avec Jeffrey Epstein.
Seize élus démocrates, menés par Robert Garcia et Stephen Lynch, ont signé une lettre exigeant sa comparution volontaire. Face à son silence, les représentants Garcia et Subramanyam ont publié un communiqué cinglant le 22 novembre 2025 :
« Le silence d’Andrew Mountbatten-Windsor face à notre demande de témoignage (…) en dit long. »
Ils ajoutent que les documents déjà déclassifiés, les archives publiques et surtout le témoignage posthume de Virginia Giuffre « soulèvent de sérieuses questions auxquelles il doit répondre ».
Virginia Giuffre, la voix qui continue de peser après sa disparition
Virginia Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein et du prince Andrew, s’est suicidée en avril 2025 à l’âge de 41 ans. Ses mémoires posthumes, publiées quelques mois plus tard, ont relancé l’intérêt public et médiatique.
Elle y réaffirme avoir été contrainte à trois rapports sexuels avec le prince Andrew alors qu’elle était mineure (17 ans) et sous l’emprise du réseau Epstein-Maxwell. Ces allégations, déjà au cœur du règlement de 12 millions de livres en 2022, n’avaient jamais été jugées au fond.
La publication de ces mémoires a directement influencé la nouvelle offensive du Congrès américain, qui souhaite entendre Andrew sur :
- La fréquence et la nature de ses voyages sur l’île privée Little Saint James
- Ses rencontres avec Epstein après la première condamnation de ce dernier en 2008
- Les éventuelles pressions exercées pour faire taire les victimes
Keir Starmer met la pression depuis Downing Street
Interrogé en marge du sommet du G20 au Brésil, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a refusé de commenter « le cas particulier » du prince Andrew, mais a tenu des propos sans ambiguïté :
« De manière générale, je défends depuis très longtemps l’idée que toute personne détenant des informations pertinentes concernant ce genre d’affaires doit les communiquer à ceux qui en ont besoin. »
Cette prise de position publique est une première : jamais un chef de gouvernement britannique en exercice n’avait aussi clairement invité un membre de la famille royale à coopérer avec une enquête étrangère.
Chronologie des principaux rebondissements (2019-2025)
| Année | Événement clé |
|---|---|
| Juillet 2019 | Arrestation de Jeffrey Epstein pour trafic sexuel de mineures |
| Août 2019 | Suicide officiel d’Epstein en prison (théories du complot) |
| Novembre 2019 | Interview désastreuse du prince Andrew sur BBC Newsnight |
| Janvier 2022 | Andrew perd ses titres militaires et patronages royaux |
| Février 2022 | Règlement à l’amiable de 12 millions £ avec Virginia Giuffre |
| Avril 2025 | Suicide de Virginia Giuffre |
| Novembre 2025 | Convocation officielle du Congrès américain et communiqué Garcia-Subramanyam |
Le prince Andrew peut-il refuser indéfiniment ?
Juridiquement, le prince Andrew n’est pas citoyen américain et ne réside pas aux États-Unis. Le Congrès ne peut donc pas le contraindre physiquement à témoigner. Cependant :
- Un refus prolongé alimente les soupçons et nuit durablement à l’image de la monarchie
- Des accords d’entraide judiciaire entre le Royaume-Uni et les États-Unis pourraient être activés
- La pression politique interne au Royaume-Uni s’intensifie (déclarations de Keir Starmer, éditoriaux dans la presse)
Certains observateurs estiment qu’un témoignage volontaire, même limité et encadré par ses avocats, serait le seul moyen pour Andrew de clore définitivement ce chapitre.
Pourquoi cette affaire continue-t-elle de passionner en 2025 ?
Au-delà du scandale sexuel, l’affaire Epstein cristallise plusieurs enjeux contemporains :
- La responsabilité des puissants face aux victimes
- Le poids persistant des théories du complot sur la mort d’Epstein
- La crise de légitimité de la monarchie britannique post-Elizabeth II
- La lutte pour la transparence des documents toujours scellés
Chaque nouveau document déclassifié ou chaque témoignage ravive le débat public, aux États-Unis comme au Royaume-Uni.
En novembre 2025, le prince Andrew se retrouve plus isolé que jamais. Le silence qu’il pensait protecteur devient un boulet. Avec le soutien implicite du gouvernement britannique et une commission du Congrès déterminée, l’étau se resserre inexorablement.
Restera-t-il muré dans son refus ? Ou choisira-t-il enfin de répondre sous serment aux questions qui le poursuivent depuis plus de dix ans ? L’année 2026 pourrait bien apporter la réponse définitive à l’une des affaires les plus explosives du XXIe siècle.
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