Le 14 novembre 2025, Alain Souchon était l’invité de la matinale de RTL animée par Marc-Olivier Fogiel. À 81 ans, l’immense chanteur français n’a rien perdu de sa franchise légendaire. Interrogé sur la montée du Rassemblement National et les sondages qui le placent en tête pour 2027, il a tenu des propos sans filtre qui ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux.
Alain Souchon refuse de croire à une victoire du Rassemblement National en 2027
Face à Marc-Olivier Fogiel, Alain Souchon a réagi au dernier sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche (publié le 1er novembre 2025) qui crédite le RN d’une victoire dès le premier tour si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui.
« Je ne crois pas que les Français soient assez cons pour élire quelqu’un du Front National – pardon, du Rassemblement National – pour diriger le pays. Je n’y crois pas du tout », a-t-il lancé avec son franc-parler habituel.
Il ajoute néanmoins une nuance inquiète : « Par contre, il monte, il fait peur, tout le monde en parle. Ça fait des frissons dans le dos. »
Cette phrase, devenue virale en quelques heures, résume parfaitement le sentiment partagé par une partie de la gauche culturelle française : un mélange d’incrédulité et d’angoisse face à la progression du parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen.
« S’il y a victoire du RN en 2027, on ira en Suisse », l’exil comme ultime recours
Quand Marc-Olivier Fogiel lui demande ce qu’il ferait en cas de victoire du RN à la présidentielle de 2027, Alain Souchon ne tourne pas autour du pot :
« Il y aurait une révolution. Si jamais ça arrivait, on irait en Suisse. »
Cette déclaration a immédiatement suscité des réactions passionnées. Pour certains, c’est une preuve d’élitisme parisien ; pour d’autres, l’expression légitime d’une peur viscérale face à un projet politique jugé dangereux.
Alain Souchon développe : « On est tous un peu dans la même situation, on regarde ce qui se passe autour. On survole, on est un peu étonné par les haines, les difficultés, on a peur que la guerre vienne. Que les gens s’entretuent parce que les hommes sont fous. »
Cette phrase, empreinte de gravité, rappelle ses chansons les plus mélancoliques comme Foule sentimentale ou L’Amour en fuite, où il dénonce déjà la violence du monde moderne.
Alain Souchon et l’éducation de ses fils, « Je n’ai jamais rien imposé »
L’interview a aussi pris une tournure plus intime quand le sujet de ses deux fils, Pierre et Charles Souchon (qui forment le duo « Nos fils »), a été abordé.
Le chanteur explique sa philosophie éducative : « Je ne suis pas tellement pour les héritages. Quand on est enfant, on regarde comment ses parents vivent, et ça vous inspire. Ils m’ont vu faire le guignol pendant des années, alors ils ont eu envie d’écrire des chansons aussi. Je n’ai rien eu à imposer. »
Pierre Souchon confirme : « Non, il ne nous a jamais vraiment rien imposé. Ni sur le métier, ni sur les études. Comme il n’a pas fait de longues études lui-même, il ne se sentait pas légitime pour nous donner des leçons. Et pourtant, c’est exactement ce qu’il fallait faire. »
| Thème | Déclaration d’Alain Souchon | Réaction de ses fils |
|---|---|---|
| Transmission artistique | « Ils m’ont vu faire le guignol pendant des années » | Ils ont naturellement suivi le chemin de la musique |
| Éducation et études | « Je ne me sentais pas légitime pour imposer quoi que ce soit » | « C’est exactement ce qu’il fallait faire » |
| Liberté | Refus de l’héritage imposé | Gratitude pour cette liberté totale |
Pourquoi les propos d’Alain Souchon font autant réagir en novembre 2025
À l’approche de la moitié du mandat d’Emmanuel Macron, la France vit une période d’incertitude politique majeure. Les sondages successifs placent le RN en tête, parfois largement, pour 2027. Dans ce contexte, la parole des artistes pèse lourd.
Alain Souchon, avec son image de « gentil rêveur » et ses textes poétiques, incarne depuis 50 ans une certaine idée de la France tolérante et humaniste. Quand il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas à gauche, cela crée forcément l’événement.
Ses mots sur la Suisse rappellent d’autres exils célèbres d’artistes ou d’intellectuels (Gainsbourg, Depardieu…), mais dans un contexte très différent : ici, il ne s’agit pas d’impôts, mais d’une fuite face à une idéologie perçue comme une menace pour les valeurs républicaines.
Alain Souchon, une carrière en quelques chiffres clés
| Année | Événement marquant |
|---|---|
| 1974 | Premier album « J’ai dix ans » |
| 1985 | Victoire de la musique de l’album de l’année avec « C’est comme vous voulez » |
| 1993 | « Foule sentimentale » : plus de 1 million d’exemplaires |
| 2005 | Victoire d’honneur pour l’ensemble de sa carrière |
| 2020 | Dernier album « Âme fifties » (disque de platine) |
| 2025 | Toujours aussi libre de parole à 81 ans |
En quelques minutes d’interview, Alain Souchon a réussi l’exploit de résumer les angoisses d’une partie de la population tout en gardant son humour et sa poésie. Refusant de croire à la victoire du RN, prêt à partir plutôt que de vivre dans une France qu’il ne reconnaîtrait plus, il incarne cette génération d’artistes engagés sans être militants.
Ses mots sur ses enfants montrent aussi qu’on peut transmettre sans imposer, créer une dynastie artistique sans jamais forcer la main. Une leçon de liberté, en somme.
En novembre 2025, Alain Souchon reste plus que jamais une conscience morale de la chanson française.
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