Alain Souchon a créé la surprise en déclarant ne pas croire que les Français soient « assez cons » pour porter le Rassemblement National au pouvoir en 2027. Une phrase choc qui a immédiatement déclenché la colère du RN et de certains commentateurs. Pierre Arditi, figure emblée du théâtre et du cinéma français, a pris la défense du chanteur avec une fermeté rare. Retour détaillé sur cette polémique qui illustre une fois de plus les tensions entre liberté d’expression des artistes et réactions politiques.
Les propos exacts d’Alain Souchon qui ont tout déclenché
Le vendredi 15 novembre 2025, Alain Souchon était l’invité de RTL. Interrogé sur l’élection présidentielle de 2027 et la possibilité de voir un candidat du Rassemblement National élu, le chanteur de 81 ans a répondu sans détour : > « Je ne crois pas que les Français soient assez cons pour élire quelqu’un du Front national [ancien nom du RN] pour diriger le pays. » Il a ajouté, avec son humour habituel teinté de gravité : > « Et si jamais ça arrivait… il y aurait une révolution. Moi, personnellement, si jamais ça arrivait, on irait en Suisse. » Ces déclarations, prononcées sur un ton mi-sérieux mi-ironique, ont rapidement été relayées et commentées sur les réseaux sociaux et dans les médias.
La riposte immédiate du Rassemblement National
Dès le dimanche suivant, Sébastien Chenu, vice-président du RN et porte-parole du parti, était invité sur RTL. Il a qualifié les mots d’Alain Souchon de : - « Déplacés » - « Déconnectés de la réalité » - « Méprisants envers des millions de Français » D’autres cadres du parti ont embrayé, accusant le chanteur d’entretenir le « mépris de classe » des élites parisiennes envers les électeurs populaires du RN. Patrick Sébastien, figure populaire de la télévision, a également réagi sur BFM TV le lundi, estimant que ces propos relevaient d’« une bêtise » et que « c’est précisément ce genre de mépris qui a fabriqué le RN ».
Pierre Arditi monte au créneau, « Absolument pathétique » cette polémique
Mardi 18 novembre 2025, Pierre Arditi, actuellement à l’affiche du spectacle Je me souviendrai… de presque tout au Théâtre Montparnasse, s’est exprimé sur BFM TV. Le comédien, connu pour ne jamais mâcher ses mots en politique, a apporté un soutien sans faille à Alain Souchon. Il a qualifié la polémique de « absolument pathétique » et a défendu le droit fondamental des artistes à exprimer leurs convictions : > « On a des convictions, on a le droit de les exprimer comme on veut. » Pierre Arditi a balayé l’argument du « bobo germanopratin » souvent utilisé pour discréditer les artistes de gauche : > « Non, ce n’est pas un bobo germanopratin. Il a balancé ça comme ça, mais il n’est pas plus bobo que moi ou que d’autres. »
| Personnalité | Position sur les propos d’Alain Souchon | Phrase clé |
|---|---|---|
| Pierre Arditi | Soutien total | « On a le droit d’exprimer ses convictions comme on veut » |
| Sébastien Chenu (RN) | Critique virulente | « Déplacés, déconnectés et méprisants » |
| Patrick Sébastien | Critique modérée | « C’est ce mépris-là qui a fabriqué le RN » |
Alain Souchon et Pierre Arditi, même sensibilité politique, même franchise
Pierre Arditi a révélé partager « exactement la même sensibilité politique » qu’Alain Souchon. Il a même déjà eu l’occasion de le lui dire en personne : > « Je suis d’accord avec lui sur tout. » La seule nuance concerne la menace (humoristique) de partir en Suisse : > « Je lui ai dit que je n’étais pas d’accord sur le fait qu’il aille en Suisse, parce qu’il manquerait beaucoup à la France. Mais je suis persuadé qu’il n’en pense pas un mot. C’est une espèce de galéjade. »
Liberté d’expression des artistes, un débat récurrent en France
Cette polémique s’inscrit dans une longue série de controverses impliquant des personnalités culturelles et le Rassemblement National. De Juliette Binoche à Catherine Deneuve en passant par Yannick Noah ou Francis Lalanne (de l’autre côté), les prises de position politiques des artistes suscitent régulièrement des débats passionnés. En 2025, alors que l’élection présidentielle de 2027 se profile déjà, la question de la légitimité des artistes à s’exprimer publiquement sur la politique reste brûlante. Les arguments des deux camps :
| Pour la liberté totale d’expression | Pour une retenue des artistes |
|---|---|
| Ils sont citoyens comme les autres | Ils influencent l’opinion grâce à leur notoriété |
| Leur parole est protégée par l’article 10 de la CEDH | Ils risquent d’alimenter la fracture élites/peuple |
| L’art et la politique ont toujours été liés | Leur métier n’est pas la politique |
Pourquoi cette polémique résonne particulièrement en 2025
À moins de deux ans de l’élection présidentielle, le Rassemblement National reste en tête des intentions de vote dans de nombreux sondages. Toute critique, surtout venue d’une personnalité aussi respectée qu’Alain Souchon, est perçue comme une attaque directe. Par ailleurs, l’argument du « mépris des élites » reste l’une des armes les plus efficaces du RN pour rallier les électeurs qui se sentent oubliés. Les propos, même maladroits, d’un artiste peuvent ainsi être instrumentalisés pour renforcer ce narratif.
En défendant Alain Souchon avec autant de vigueur, Pierre Arditi rappelle que la liberté d’expression ne doit pas être à géométrie variable. Qu’on partage ou non leurs idées, les artistes ont le droit – et parfois le devoir – de prendre position dans le débat public. Cette polémique, loin d’être anodine, illustre parfaitement les tensions qui traversent la société française à l’approche de 2027 : fracture culturelle, défiance envers les élites, montée des extrêmes et difficulté du dialogue. Reste à savoir si ces échanges passionnés rapprochent ou éloignent encore davantage les Français les uns des autres.
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