Le 24 novembre 2025, le monde de la musique a perdu l’une de ses plus grandes légendes : Jimmy Cliff s’est éteint à l’âge de 81 ans des suites d’une crise d’épilepsie suivie d’une pneumonie. Icône absolue du reggae jamaïcain, l’interprète de « The Harder They Come », « Many Rivers to Cross » ou encore « I Can See Clearly Now » laisse derrière lui un héritage musical immortel.
Parmi les hommages les plus touchants, celui de Bernard Lavilliers occupe une place à part. Les deux hommes, liés par une amitié sincère et une collaboration artistique mémorable, ont partagé bien plus que des studios d’enregistrement. Dans une interview accordée au journal Le Parisien le 25 novembre 2025, le chanteur stéphanois a ouvert son cœur sur cette relation unique.
1994, la naissance du duo « Melody Tempo Harmony »
En 1994, Bernard Lavilliers et Jimmy Cliff enregistrent ensemble le titre « Melody Tempo Harmony », un morceau lumineux qui célèbre l’amour de la musique et de la guitare. Pour préparer ce duo, Lavilliers n’hésite pas à traverser l’Atlantique et à répéter chez Jimmy Cliff en Jamaïque, au sein même de son groupe.
Le résultat ? Une chanson joyeuse, teintée d’un humour un peu sarcastique, qui reflète parfaitement la personnalité des deux artistes. Jimmy Cliff valide immédiatement le texte proposé par Lavilliers et lâche cette phrase devenue célèbre entre eux :
« Je ne veux pas parler trop de politique, Bernard. »
Cette réplique, prononcée avec le sourire, résume à elle seule la philosophie de vie de Jimmy Cliff dans ses dernières décennies : privilégier la joie, la musique universelle, plutôt que les combats trop frontaux.
Une amitié au-delà des océans
Au-delà de cette collaboration, les deux hommes sont restés très proches pendant plus de trente ans. Jimmy Cliff a même vécu plusieurs années à Paris, ce qui a permis aux deux artistes de se croiser régulièrement.
Bernard Lavilliers se souvient :
- Ils se téléphonaient régulièrement malgré la distance.
- Jimmy Cliff demandait souvent à Lavilliers de lui écrire de nouvelles chansons.
- Leur dernière rencontre remonte à cinq ou six ans avant le décès de la légende jamaïcaine.
Preuve de leur complicité, Lavilliers n’avait pas hésité à taquiner son ami sur le tube mondial « Reggae Night », qu’il trouvait trop commercial. Réponse légendaire de Jimmy Cliff, éclatant de rire : « Il faut bien que je gagne ma vie ! »
Jimmy Cliff, l’homme derrière la légende
Derrière l’icône du reggae se cachait un homme « extrêmement positif », selon les mots de Bernard Lavilliers. Un artiste qui, malgré les épreuves, gardait toujours une énergie communicative et une foi inébranlable en la musique comme vecteur d’unité.
| Informations | Détails |
|---|---|
| Nom complet | James Chambers (Jimmy Cliff) |
| Date de naissance | 30 juillet 1944 (ou 1948 selon certaines sources) |
| Date du décès | 24 novembre 2025 |
| Âge au décès | 81 ans |
| Cause du décès | Crisis d’épilepsie suivie d’une pneumonie |
| Titres emblématiques | The Harder They Come, Many Rivers to Cross, I Can See Clearly Now, Reggae Night |
| Film culte | The Harder They Come (1972) |
La famille de Jimmy Cliff
Jimmy Cliff laisse derrière lui trois enfants :
- Lilty Cliff et Aken Cliff – issus de son union avec Latifa Chambers.
- Nabiyah Be (née le 31 janvier 1992) – fille de son précédent mariage avec la psychologue brésilienne Sonia Maria Gomes Silva. Nabiyah Be est aujourd’hui chanteuse et actrice reconnue (notamment vue dans Black Panther).
Les hommages du monde entier
Dès l’annonce de sa disparition, les hommages ont afflué. Le groupe UB40, autre pilier du reggae britannique, a publié un message particulièrement émouvant :
« Il a enfin traversé la dernière rivière. Repose en paix Jimmy, ta musique vivra éternellement. »
De la Jamaïque à la France, en passant par les États-Unis et le Brésil, des millions de fans pleurent celui qui a fait danser et réfléchir plusieurs générations.
L’héritage musical immortel de Jimmy Cliff
Plus de cinquante ans après ses premiers succès, Jimmy Cliff reste l’un des artistes les plus influents de l’histoire du reggae, aux côtés de Bob Marley et Peter Tosh. Sa voix unique, ses mélodies intemporelles et son message d’espoir continuent de résonner dans le monde entier.
Comme le disait si bien Bernard Lavilliers, Jimmy Cliff était avant tout un homme « extrêmement positif ». Une leçon de vie que sa musique continuera de transmettre pour les décennies à venir.
Repose en paix, Jimmy. Many rivers to cross… mais tu les as toutes traversées avec classe.
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