Figure majeure du cinéma français et conscience engagée de la cause animale, Brigitte Bardot a livré, dans l’intimité d’un documentaire récent, des paroles d’une rare sincérité. La réalisatrice Elora Thévenet, qui a partagé avec elle des échanges prolongés et profondément personnels, révèle aujourd’hui un mea culpa inédit de l’icône, longtemps resté hors du champ médiatique.
Ces confidences, recueillies loin des plateaux et des micros traditionnels, éclairent d’un jour nouveau la personnalité complexe d’une femme qui aura traversé plus de sept décennies de vie publique sans jamais renoncer à sa liberté de ton.
Une icône multiple, entre cinéma, rupture et engagement
Brigitte Bardot occupe une place singulière dans l’histoire culturelle française. Actrice emblématique des années 1950 et 1960, révélée internationalement par Et Dieu… créa la femme (1956), elle a incarné bien au-delà du grand écran une forme de modernité féminine, affranchie des codes et des attentes.
En 1973, à l’apogée de sa notoriété, elle prend une décision radicale : quitter définitivement le cinéma. Un choix alors incompris, parfois jugé excessif, mais qu’elle justifiera toujours par une urgence morale : consacrer sa vie à la défense des animaux.
Cette rupture nette avec le monde du spectacle marque le début d’un second engagement, tout aussi public mais d’une nature radicalement différente. Brigitte Bardot devient militante, fondatrice de sa propre fondation, et figure de proue d’un combat souvent clivant, mené avec une détermination sans compromis.
Elora Thévenet, une relation née de la cause animale
Le documentaire réalisé par Elora Thévenet, sorti début décembre, ne s’inscrit pas dans une logique hagiographique. Il est le fruit d’une relation construite sur la durée, née d’un engagement commun pour la protection animale.
Dans une interview accordée à Gala, la réalisatrice revient sur l’origine de ce lien : bénévole au sein de plusieurs associations, elle a très tôt croisé la route de la fondation Bardot. Adolescente, elle reçoit même une lettre manuscrite de Brigitte Bardot la remerciant pour son implication. Un geste simple, mais fondateur.
Des années plus tard, Elora Thévenet ose écrire à celle qu’elle admire, avec une proposition audacieuse : lui demander si elle accepterait un jour de participer à l’un de ses films. La réponse est sans ambiguïté : Brigitte Bardot ne souhaite plus jamais faire de cinéma.
Cette position, maintenue depuis près d’un demi-siècle, ne sera pourtant pas totalement hermétique. Après de longs échanges et une relation de confiance patiemment construite, l’ancienne actrice accepte finalement de se livrer face à la caméra, non pour jouer, mais pour témoigner.
Des entretiens hors normes, sans filtre ni posture
Le cœur du documentaire repose sur des conversations longues, intimes, parfois éprouvantes. Selon Elora Thévenet, Brigitte Bardot s’y exprime sans détour, abordant l’ensemble de son parcours, ses combats, ses colères, mais aussi ses failles.
« Elle a parlé de tout et a répondu à tout sans filtre », confie la réalisatrice. Ces échanges, étalés sur plusieurs séances, ont donné lieu à des moments de grande émotion. Bardot pleure, se confie, exprime une forme de fatigue morale autant qu’une lucidité intacte sur son itinéraire.
Loin de l’image figée d’une personnalité intransigeante, ces séquences révèlent une femme attentive, consciente de l’impact de ses paroles et de ses actes, et désireuse de transmettre autre chose qu’un simple héritage polémique.
Un mea culpa inédit sur des prises de position controversées
C’est sans doute l’aspect le plus marquant de ces confidences : Brigitte Bardot serait revenue sur certaines de ses déclarations passées, largement critiquées et à l’origine de polémiques durables.
« Elle s’est même excusée pour ses propos polémiques. Je pense qu’elle ne l’avait jamais fait », affirme Elora Thévenet. Une phrase lourde de sens, venant d’une femme connue pour n’avoir que rarement exprimé des regrets publiquement.
Sans chercher à réécrire son histoire ni à se dédouaner, Bardot reconnaît, dans ce cadre privé, la portée blessante de certaines paroles. Cette reconnaissance ne s’accompagne ni justification ni stratégie de communication : elle s’inscrit dans un échange humain, direct, presque confidentiel.
Pour la réalisatrice, ce moment constitue un tournant : il révèle une capacité d’introspection rarement associée à la figure publique de Brigitte Bardot.
Une femme libre, consciente de ses contradictions
Le portrait qui se dessine à travers le documentaire est celui d’une femme profondément libre, mais jamais indifférente aux conséquences de son parcours. Bardot ne renie ni ses combats ni ses excès ; elle les replace dans une trajectoire marquée par la solitude, l’hyper-exposition médiatique et un engagement total.
« Je garde le souvenir d’une femme empathique et très consciente de ce qu’a été sa vie », résume Elora Thévenet. Une formule qui tranche avec l’image souvent monolithique renvoyée par les archives et les controverses.
Ces échanges, réalisés loin de toute mise en scène promotionnelle, donnent à voir une parole apaisée, parfois grave, mais toujours habitée par une exigence de vérité.
Un héritage symbolique au-delà du mythe
Qu’il s’agisse de son impact sur le cinéma, de son influence sur les représentations féminines ou de son rôle pionnier dans la défense animale, Brigitte Bardot laisse une empreinte durable sur la société française.
Les confidences révélées par Elora Thévenet ajoutent une dimension supplémentaire à cet héritage : celle d’une femme capable, dans l’intimité, de reconnaître ses erreurs et d’exprimer des excuses sans calcul.
Dans un paysage médiatique souvent dominé par la posture et la stratégie, cette parole rare rappelle que même les figures les plus iconiques demeurent traversées par le doute, la remise en question et le besoin de transmission.
Plus qu’un simple témoignage, le documentaire s’impose ainsi comme une pièce essentielle pour comprendre, dans toute sa complexité, l’ultime visage public et privé de Brigitte Bardot.
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