Le 3 décembre 2025 sort en salles Bardot, le documentaire réalisé par Alain Berliner et Elora Thevenet. Loin des clichés de la star sulfureuse, ce film testament offre un regard brut et émouvant sur la vie de Brigitte Bardot : une existence marquée par la gloire destructrice, les violences, les tentatives de suicide, les avortements imposés et une passion dévorante pour les animaux.
De l’enfant complexée à la première star médiatique française
Née en 1934 dans une famille bourgeoise parisienne, la petite Brigitte est loin d’être la beauté fatale que le monde connaîtra. Lunettes, appareil dentaire, mauvaises notes : elle se décrit comme le « vilain petit canard » de la famille. Très encadrée jusqu’à ses 15 ans, elle se réfugie dans la danse classique avant que le cinéma ne la happe définitivement.
C’est la rencontre avec Roger Vadim qui va tout changer. En 1956, Et Dieu… créa la femme explose à l’écran et fait de B.B. la première icône sexuelle mondiale issue du cinéma français. À seulement 22 ans, elle devient la première star véritablement médiatisée en France, traquée jour et nuit par les paparazzis.
« Ma vie ressemble à une grande prison », l’enfer de la célébrité
Paradoxalement, celle qui incarne la liberté absolue vit enfermée. Brigitte Bardot le dit elle-même : « Ma vie ressemble à une grande prison. Agréable, mais une prison quand même ». Rideaux tirés en permanence, téléobjectifs sur les toits, photographes en bas de l’immeuble : la star ne peut plus sortir.
Le point culminant de cette traque aura lieu pendant sa grossesse en 1959-1960. Enceinte de son fils Nicolas (fruit de son mariage avec Jacques Charrier), elle doit rester cloîtrée des mois entiers. Les paparazzis campent devant chez elle. Elle accouchera finalement à domicile, dans des conditions dramatiques.
Avortements imposés et maternité forcée, le combat féministe de B.B.
Brigitte Bardot n’a jamais voulu d’enfant à cette période de sa vie. Avant sa grossesse, elle avait déjà subi deux avortements clandestins si brutaux qu’elle avait dû être hospitalisée. Devenue trop célèbre, plus aucun médecin n’accepte de pratiquer un nouvel avortement illégal : elle risquerait la prison, et le praticien aussi.
Elle confiera plus tard : « C’est une horreur d’imposer à une femme un enfant qu’elle ne veut pas ». Des mots forts, prononcés bien avant la loi Veil de 1975, qui font de B.B. une pionnière du combat pour le droit à l’avortement en France.
| Événement | Année | Conséquences sur Brigitte Bardot |
|---|---|---|
| Deux avortements clandestins | Avant 1959 | Hospitalisations, traumatismes physiques et psychologiques |
| Grossesse forcée (Nicolas) | 1959-1960 | Cloîtrée 9 mois, accouchement à domicile, dépression |
| Loi Veil (dépénalisation IVG) | 1975 | Bardot salue publiquement la loi – elle avait ouvert la voie |
Violences conjugales et tentatives de suicide, la face sombre des mariages
Derrière l’image du couple glamour Bardot-Charrier se cache une réalité bien plus sombre. Jacques Charrier voulait qu’elle arrête le cinéma. Il lui arrivait de la frapper. Brigitte sombrera dans une profonde dépression.
Au total, elle fera huit à neuf tentatives de suicide au cours de sa vie, toutes sérieuses selon ses biographes. L’une d’elles, devant une bergerie à la campagne, marquera particulièrement les esprits.
| Mariage | Période | Éléments marquants |
|---|---|---|
| Roger Vadim | 1952-1957 | Découverte de la gloire, liberté sexuelle, séparation |
| Jacques Charrier | 1959-1962 | Violences physiques, grossesse forcée, dépression |
| Gunter Sachs | 1966-1969 | Mariage éclair (3 ans), luxe mais solitude |
| Bernard d’Ormale | 1992-aujourd’hui | Stabilité, engagement animalier commun |
La sororité salvatrice, les femmes qui ont protégé B.B.
Privée de l’affection de sa mère, très dure avec elle, Brigitte Bardot s’est entourée d’un petit cercle de femmes protectrices : son agente Olga Horstig (« Mama Olga »), sa maquilleuse Odette, sa doublure Danny, et la productrice Christine Gouze-Rénal. Ces figures maternelles et amies ont été son bouclier dans le tourbillon de la célébrité.
De Saint-Tropez à la misanthropie, « Je suis plus animale qu’humaine »
Dès les années 1960, Saint-Tropez devient son refuge… qui sera rapidement envahi. Traquée jusque dans le petit port varois, elle se retire peu à peu du monde. Sa phrase devenue célèbre résonne : « Plus ça va dans ma vie et plus j’ai peur de l’être humain. Je suis plus animale qu’humaine ».
En 1962, elle commence son combat pour les animaux – contre l’abattage sans étourdissement, les phoques, les chiens errants… Elle devient la première grande personnalité à faire de la cause animale une priorité absolue.
Un testament cinématographique, « Je suis née libre et je mourrai libre »
Le documentaire se termine sur ces mots de Brigitte Bardot : « Je suis née libre et je mourrai libre. Je ne regrette rien ». Un film qui réhabilite l’icône, souvent réduite à ses provocations ou à ses dérapages politiques des dernières décennies, et replace son engagement animalier au centre de sa vie.
Au-delà de la star, c’est une femme brisée par la gloire, pionnière malgré elle du féminisme et de la cause animale, qui se livre sans filtre.
Parce qu’il montre enfin la vraie Brigitte Bardot : celle qui a payé le prix fort pour sa liberté, qui a ouvert des voies (droit des femmes, droit des animaux) bien avant que ces combats ne deviennent populaires, et qui a choisi de vivre selon ses convictions jusqu’au bout.
Sortie en salles le 3 décembre 2025. Un documentaire bouleversant à ne pas manquer.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !