Camille Chamoux dénonce le culte de la bonne meuf : un cri féministe puissant

Camille Chamoux dénonce le culte de la bonne meuf : un cri féministe puissant

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 30 septembre 2025 à 19:30

L’humoriste et comédienne Camille Chamoux a récemment marqué les esprits par une prise de parole forte et sans concession. Sur France Inter, elle a dénoncé avec humour et lucidité les injonctions sociales qui pèsent sur les femmes, du culte de la beauté à la pression de rester « hyper bonnasse » tout au long de la vie. À travers son discours, elle rejoint des figures féministes comme Virginie Despentes, qui pointent du doigt les diktats patriarcaux et leur poids sur la société.

 

Le contexte, une parole libérée face aux injonctions patriarcales

 

Camille Chamoux, connue pour ses rôles dans Les Gazelles et ses spectacles mêlant humour et réflexion sociale, utilise sa notoriété pour mettre en lumière des réalités encore trop souvent passées sous silence. Dans une tribune radiophonique, elle a critiqué avec ironie l’idée selon laquelle les femmes doivent rester séduisantes et sexy, et ce, jusqu’à un âge avancé.

Son propos s’inscrit dans une dynamique féministe plus large, qui questionne la place du corps féminin dans la société et les attentes irréalistes qui lui sont imposées. Cette pression constante, amplifiée par les réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok, façonne les comportements et alimente une quête incessante de perfection physique.

 

« Hyper bonnasse jusqu’à 89 ans », un diktat absurde

 

Dans ses mots, l’humoriste résume la situation : « On vit dans un système où il faut rester hyper bonne jusqu’à 89 ans ». Derrière cette phrase choc se cache une vérité dérangeante : la jeunesse et la beauté féminines sont perçues comme des valeurs suprêmes, souvent au détriment de la personnalité, des compétences ou des accomplissements.

Ce culte de l’apparence touche particulièrement les femmes publiques, mais concerne en réalité l’ensemble de la société. Les hommes, bien que confrontés eux aussi à certaines injonctions, ne subissent pas la même intensité de pression sur leur apparence physique.

 

L’écho des analyses de Virginie Despentes

 

Impossible d’entendre Camille Chamoux sans penser à Virginie Despentes, autrice et militante féministe, notamment connue pour King Kong Théorie. Dans cet ouvrage devenu culte, Despentes s’attaque frontalement aux normes patriarcales et rappelle que les femmes, mais aussi les hommes, sont prisonniers d’un système oppressif.

Elle écrivait ainsi : « J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf ». Cette phrase résonne particulièrement avec le discours de Camille Chamoux, qui met en lumière l’exclusion systématique des femmes qui ne correspondent pas aux standards de beauté dominants.

 

Les injonctions esthétiques, un poids quotidien pour les femmes

 

Les pressions exercées sur les femmes concernent plusieurs aspects de la vie quotidienne :

Injonction Conséquence
Rester mince Culture des régimes, troubles alimentaires, culpabilisation
Être toujours sexy Hypersexualisation, difficulté à être prise au sérieux professionnellement
Paraître jeune Pression anti-âge, recours croissant à la chirurgie esthétique
Être « bonne » sur les réseaux Comparaison permanente, dépendance aux likes et à l’image

 

Les hommes aussi touchés, mais différemment

 

Camille Chamoux le rappelle : les hommes ne sont pas totalement épargnés. Le patriarcat leur impose également des normes : virilité exacerbée, interdiction de montrer sa vulnérabilité, pression sur la réussite professionnelle. Toutefois, ces injonctions ne reposent pas majoritairement sur l’apparence, mais plutôt sur des comportements sociaux codifiés.

Cette différence crée un déséquilibre : les femmes sont jugées d’abord sur leur physique, tandis que les hommes sont évalués sur leur statut et leur réussite. Une asymétrie qui illustre la persistance des inégalités de genre.

 

Vers une émancipation, le rôle de la parole féministe

 

Le discours de Camille Chamoux, comme ceux de nombreuses autres figures publiques, contribue à briser le silence autour de ces sujets. En riant de ces diktats absurdes, elle permet une prise de conscience collective et ouvre la voie à une critique plus large du système patriarcal.

Les réseaux sociaux, souvent accusés d’entretenir ces pressions, peuvent également servir de tremplin pour des mouvements de libération. Des communautés féministes y partagent témoignages, analyses et outils pour déconstruire les normes imposées.

Le message de Camille Chamoux est clair : il est temps de déconstruire le culte de la « bonne meuf » et de redonner aux femmes la liberté de vivre sans se conformer à des injonctions irréalistes. La beauté ne doit plus être le principal critère d’évaluation, et la société doit apprendre à valoriser la diversité des parcours, des corps et des identités.

À travers l’humour et l’autodérision, Camille Chamoux apporte une contribution précieuse au débat féministe. Comme Virginie Despentes avant elle, elle nous rappelle que la libération passe par la prise de conscience, la parole, mais aussi par la solidarité entre toutes celles et ceux qui refusent de se plier aux diktats patriarcaux.

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