Un an après la disparition de Catherine Laborde, l’ancienne présentatrice météo de TF1, la publication d’un ouvrage par son mari Thomas Stern déclenche une vive polémique et une procédure judiciaire. L’aide-soignante de la défunte a déposé plainte pour harcèlement moral et atteinte à la vie privée, dénonçant le portrait ambigu dressé dans le livre.
Un livre posthume au cœur de la controverse
Intitulé Y a-t-il une vie après ta mort ? et publié par Robert Laffont, le livre de Thomas Stern se présente comme une “lettre d’amour posthume”. L’ancien publicitaire y relate les derniers mois passés aux côtés de Catherine Laborde, atteinte de la maladie à corps de Lewy, et dépeint le rôle des aidants dans cette période. L’ouvrage se veut un témoignage intime et un plaidoyer pour les proches aidants, mais son contenu et le timing de sa publication ont provoqué un choc au sein de la famille.
Françoise Laborde, sœur de la défunte, confie au Parisien : “On est tous sidérés.” Les filles de Catherine Laborde dénoncent un projet éditorial mené sans concertation et jugé indécent à l’approche de l’anniversaire de sa mort.
Des tensions familiales exacerbées
Dans son récit, Thomas Stern décrit en détail la phase finale de la maladie et les difficultés liées à la perte d’autonomie de Catherine Laborde. Il insiste sur l’épuisement physique et psychologique des aidants et souligne l’organisation mise en place avec l’aide-soignante et les filles de la présentatrice : “On s’est organisé, Catherine, une aide-soignante, moi-même et ses deux filles”, explique-t-il.
Mais cette vision est vivement contestée par la famille. Gabrièle Laborde, fille aînée, déplore : “Un an après la mort de ma mère, c’est d’un mauvais goût terrible.” Elle reproche à Thomas Stern de se présenter comme le principal pilier de l’accompagnement, alors que l’ensemble de la famille et les aides-soignantes ont joué un rôle déterminant dans la qualité de la fin de vie de Catherine Laborde. Selon elle, Catherine est restée “consciente, douce et joyeuse” malgré la maladie.
Une plainte déposée par l’aide-soignante
Au centre de l’ouvrage figure l’aide-soignante principale, surnommée Cindy dans le livre. Si Thomas Stern reconnaît son rôle positif, le portrait qu’il en dresse est jugé ambigu et offensant. La professionnelle a déposé plainte auprès de la gendarmerie de l’île d’Yeu le 13 août 2025 pour harcèlement moral, puis a complété sa plainte en janvier 2026 pour atteinte à la vie privée.
L’aide-soignante évoque une dégradation progressive des relations avec Thomas Stern, signalant des remarques sexistes et des pressions psychologiques pouvant altérer ses conditions de vie et sa santé. Thomas Stern conteste fermement ces accusations et déclare : “Ce n’est pas mon genre. Je mets ça sur le compte de la tragédie.” Il se dit “étonné” par ces plaintes et indique qu’il s’exprimera devant les enquêteurs. La présomption d’innocence s’applique pleinement dans cette affaire.
Un contexte judiciaire et émotionnel complexe
Cette affaire ajoute une dimension judiciaire à un deuil déjà profondément marqué par les tensions familiales. Le livre, qui se voulait un hommage à Catherine Laborde et un témoignage sur la fin de vie, devient ainsi le point de départ d’un conflit public. La controverse met en lumière les enjeux de la mémoire posthume, du respect de la vie privée et de la reconnaissance du rôle des aidants dans la société.
Pour les spécialistes du droit et de l’accompagnement des personnes âgées, cette affaire illustre également les défis liés à la représentation médiatique de la fin de vie et les responsabilités éthiques des proches lorsqu’ils choisissent de rendre publique une expérience intime.
Les enseignements d’un débat médiatique et humain
Au-delà du conflit familial, le débat suscite une réflexion plus large sur la manière de préserver la dignité et la mémoire des personnes disparues. Il interroge la frontière entre hommage et exposition médiatique, et rappelle que la transparence éditoriale et la consultation des proches sont essentielles dans la publication de récits posthumes.
Le cas de Catherine Laborde souligne également le rôle central des aides-soignantes et de l’entourage dans l’accompagnement des malades en phase terminale, un sujet souvent méconnu du grand public mais crucial pour la qualité de vie des patients et des familles.
Alors que l’enquête suit son cours, cette controverse continue d’alimenter les discussions sur les pratiques éditoriales, l’éthique dans la communication autour des personnes disparues et le respect des droits individuels, confirmant que la mémoire d’une personnalité publique peut devenir un véritable champ de tensions humaines et judiciaires.