Le 17 novembre 2025 marque un moment clé dans l'actualité médiatique et politique française. Éric Zemmour, figure emblématique et président du parti Reconquête, a fait une apparition remarquée dans l'émission Les 4 Vérités diffusée sur France 2. Au milieu d'un contexte de grève perturbant les studios de France Télévisions, cette intervention a suscité des débats intenses. Non seulement pour ses prises de position tranchées sur des sujets brûlants comme la guerre en Ukraine, la commémoration du maréchal Pétain ou encore l'union des droites, mais aussi pour son impact sur les audiences de la matinale Télématin. Dans cet article approfondi, nous décortiquons les coulisses de cette émission, analysons les chiffres d'audience, explorons les réactions politiques et sociétales, et plaçons cet événement dans le paysage médiatique plus large de novembre 2025.
Contexte de l'Émission, Une Matinale Perturbée par la Grève
Le lundi 17 novembre 2025 s'ouvre sous un ciel orageux pour France Télévisions. Un mouvement social important paralyse les opérations, reléguant Télématin et les journaux télévisés dans un studio exigu, loin du décor habituel spacieux et convivial. Maya Lauqué, fidèle animatrice, ouvre l'émission seule, s'excusant auprès des téléspectateurs pour ces conditions atypiques. Damien Thévenot, son complice habituel, est absent, soulignant les disruptions causées par la grève. Cette édition spéciale, diffusée de 6h28 à 9h53, conserve néanmoins son rituel : infos fraîches, rubriques lifestyle et, bien sûr, le segment politique des 4 Vérités.
Dans ce cadre contraint, l'arrivée d'Éric Zemmour à 8h10 devient un pivot. Interrogé par Gilles Bornstein, le polémiste ne mâche pas ses mots. Son intervention, d'une durée de neuf minutes, aborde les actualités chaudes du jour : la visite imminente de Volodymyr Zelensky à Paris, les controverses autour d'une messe en mémoire du maréchal Pétain, et les perspectives d'une alliance à droite après son récent échange avec Laurent Wauquiez. Cette séquence, disponible en replay sur France.tv, cumule déjà des milliers de vues, témoignant de l'intérêt persistant pour les déclarations de Zemmour.
La grève n'est pas anodine : elle reflète les tensions internes à France Télévisions, marquées par des revendications salariales et des craintes sur l'avenir du service public. Selon des sources internes citées par Le Monde, plus de 40% des équipes techniques étaient mobilisées ce jour-là. Pourtant, Télématin maintient sa ligne éditoriale, priorisant l'information sans dramatisation excessive, comme le veut sa charte. Cette résilience est louable, mais les audiences révèlent un tableau contrasté, particulièrement autour de l'intervention de Zemmour.
Les Déclarations d'Éric Zemmour, Paix en Ukraine, Polémique Pétain et Appel à l'Union des Droites
Au cœur de l'échange avec Gilles Bornstein, Éric Zemmour pose un diagnostic sans appel sur la guerre en Ukraine. Face à l'annonce d'un "accord majeur" pour défendre le ciel ukrainien, évoqué par Zelensky lors de sa venue à Paris, Zemmour interpelle : "On n'a plus d'argent, depuis des semaines on invente des impôts pour combler les trous budgétaires. Et voilà qu'on s'apprête à injecter des fonds supplémentaires en Ukraine ?" Il plaide pour une médiation urgente, arguant que "tout devrait être fait pour arrêter cette guerre qui dure depuis trop longtemps". Cette position, alignée sur la ligne souverainiste de Reconquête, critique l'engagement français sans fin, priorisant les besoins domestiques comme la sécurité sociale ou l'immigration.
La seconde salve concerne une controverse locale : l'interdiction par un maire d'une messe en hommage au maréchal Pétain. Zemmour qualifie cette décision de "ridicule", défendant la liberté de culte et la complexité de l'héritage historique. "Pétain reste une figure de l'Histoire française, ni ange ni démon absolu", lance-t-il, ravivant des débats sur la mémoire de Vichy. Cette prise de position s'inscrit dans son essai récent, La messe n'est pas dite, publié chez Fayard, où il appelle à un sursaut spirituel chrétien face à un "islam conquérant". Le livre, best-seller dès sa sortie le 15 novembre 2025, a déjà vendu plus de 50 000 exemplaires, selon l'éditeur.
Enfin, Zemmour réaffirme son appel à une "union des droites", un refrain qu'il martèle depuis 30 ans. Réagissant à son entretien avec Laurent Wauquiez, il déclare : "Il faut un grand rassemblement, sans exclusions caricaturales". Cette ouverture survient dans un contexte de fragmentation à droite : le Rassemblement National domine les sondages avec Jordan Bardella à 28% d'intentions de vote, tandis que Reconquête stagne à 6-8%. Des ralliements récents, comme celui de cinq élus LR à une liste Reconquête à Bourg-en-Bresse, alimentent les spéculations. Pourtant, des fissures persistent : la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, a été exclue de Reconquête en juillet 2025 pour proximité avec le RN, illustrant les tensions internes.
Ces déclarations ne sont pas isolées. Elles s'inscrivent dans une actualité récente foisonnante pour Zemmour. Le 12 novembre, il participait à une marche contre l'antisémitisme à Paris, fustigeant la "gauche sectaire". Le 15 novembre, une polémique éclatait à Bordeaux : un supporter des Girondins lui offrait un maillot floqué à son nom, provoquant une réaction ferme du club contre toute récupération discriminatoire. Ces événements soulignent la polarisation autour de Zemmour, dont le parti Reconquête prépare les municipales de 2026, avec des candidats comme Virginie Bonthoux Tournay à Bordeaux.
Audiences de Les 4 Vérités, France 2 en Tête, Mais un Effet Zemmour Paradoxal
Les chiffres d'audience, publiés par Médiamétrie, dressent un bilan mitigé. L'intervention d'Éric Zemmour dans Les 4 Vérités a réuni 682 000 téléspectateurs, soit 21,8% de part de marché auprès des 4 ans et plus. Un score honorable qui propulse France 2 en leader incontesté de la tranche 8h-9h, distançant CNews (12,5%), TF1 (15,2%) et BFMTV (10,1%). Sur les cibles commerciales clés, la performance est solide : 14,1% auprès des femmes responsables des achats de moins de 50 ans (FRDA-1) et autant chez les 25-49 ans, sans concurrence sérieuse.
Cependant, le tableau s'assombrit pour Télématin dans son ensemble. Avant l'entretien Zemmour, juste après le journal de 8h, l'émission attirait 733 000 curieux. Immédiatement après, le flux chute à 629 000, une perte de 104 000 téléspectateurs en quelques minutes – soit 14% de l'auditoire. Cette "sentence" médiatique pour Zemmour interroge : son discours polarisant repousse-t-il une partie du public matinal, plus modéré ? Globalement, Télématin du 17 novembre enregistre 598 000 téléspectateurs entre 6h28 et 9h53, à 21,3% de PDA, en baisse de 30 000 par rapport à la semaine précédente, mais stable en part de marché.
Pour contextualiser, voici un tableau comparatif des audiences de Télématin sur la tranche politique récente :
| Date | Invité Principal | Téléspectateurs (milliers) | Part de Marché (%) | Chute Post-Intervention (%) |
|---|---|---|---|---|
| 17/11/2025 | Éric Zemmour | 682 | 21,8 | 14 |
| 14/11/2025 | Benjamin Haddad | 715 | 22,1 | 2 |
| 13/11/2025 | Philippe Juvin | 690 | 21,5 | 5 |
| 10/11/2025 | Marine Tondelier | 645 | 20,9 | 8 |
Ce tableau centré met en lumière la variabilité : les invités plus consensuels comme Haddad génèrent moins de churn. Malgré cela, France 2 domine les matinales, avec Télématin en moyenne à 23,2% de PDA depuis septembre 2025, face à Bonjour ! sur TF1 (11%) et Première Édition sur BFMTV (9%). La grève n'a pas entamé ce leadership, mais souligne la fragilité des routines télévisuelles.
Impact Médiatique et Réactions Politiques, Une Polémique qui Fait les Chaines
L'intervention de Zemmour a rapidement envahi les réseaux et les plateaux. Sur X (ex-Twitter), le hashtag #Zemmour4Verites a généré plus de 50 000 mentions en 24h, avec des pics autour de ses propos sur Pétain. Des soutiens comme Nicolas Bay (Reconquête) saluent un "discours de vérité", tandis que des critiques, dont David Lisnard (maire de Cannes), dénoncent une "provocation gratuite". À gauche, Marine Tondelier (EELV), invitée le même jour dans une autre séquence, fustige "l'amnésie historique" de Zemmour.
Sur YouTube, l'extrait cumule 137 996 vues en trois jours, surpassant les interventions d'Anne Hidalgo (2 476 vues) ou Valérie Pécresse (5 062). Cette viralité renforce la stratégie numérique de Reconquête, qui mise sur les algorithmes pour contourner les médias traditionnels. Parallèlement, des sondages Ifop récents (novembre 2025) créditent Zemmour de 6% au premier tour présidentiel, un score stable mais minoré par des visuels erronés sur France Info, signalés à l'Arcom pour biais graphique.
Politiquement, l'appel à l'union des droites résonne. Après son livre, Zemmour multiplie les signaux : ralliement au groupe ECR de Giorgia Meloni au Parlement européen, ou encore sa présence à la marche contre l'antisémitisme. Mais les exclusions internes (Marion Maréchal en juillet) et les sondages dominés par Bardella (28%) freinent l'élan. Des analystes comme Jérôme Fourquet (Ifop) voient en Zemmour un "agitateur nécessaire" pour réveiller la droite, mais risqué pour son image.
Le Rôle de Télématin dans le Paysage Audiovisuel Français, Une Matinale Icône
Télématin, diffusée quotidiennement à 6h30 sur France 2, reste une institution depuis 1985. Avec ses 40 ans en 2025, elle incarne le service public : info sérieuse, rubriques bienveillantes (de l'éco à l'innovation), sans sensationalisme. Le duo Thévenot-Lauqué, en place depuis septembre, a stabilisé les audiences à 23% de PDA, malgré la concurrence accrue de Bonjour ! (TF1) et des podcasts. La grève du 17 novembre teste cette résilience : l'émission s'adapte, mais perd en fluidité.
Dans un écosystème fragmenté – streaming, réseaux sociaux –, Télématin touche près de 10 millions de Français par semaine. Son format hybride (info + divertissement) fidélise les 4+ ans, mais peine chez les jeunes (seulement 8% des 15-24 ans). L'intervention Zemmour illustre ce défi : booster la visibilité, mais risquer la fuite d'un public modéré. Comparé à CNews, qui gagne chez les CSP+ avec des débats plus incisifs, France 2 mise sur l'équilibre.
Pour l'avenir, des nouveautés sont annoncées : rallongement possible à 10h, intégration de plus de contenus interactifs. Maya Lauqué, dans une interview récente à Ouest-France, défend : "On respecte Bruce Toussaint, mais on reste dans notre bulle bienveillante." Ces ajustements pourraient contrer la baisse de 30 000 téléspectateurs observée ce lundi.
L'apparition d'Éric Zemmour dans Les 4 Vérités le 17 novembre 2025 n'est pas qu'un fait divers télévisuel ; c'est un miroir des fractures françaises. Ses appels à la paix en Ukraine, sa défense de la mémoire Pétain et son plaidoyer pour l'union des droites polarisent, mais animent le débat démocratique. Si les audiences de Télématin chinent post-intervention, le leadership global de France 2 persiste, preuve de la vitalité du service public.
En novembre 2025, Zemmour reste un acteur clé : son livre cartonne, ses dédicaces attirent (comme à Bordeaux), et Reconquête prépare 2026. Mais face à un RN hégémonique et une gauche revigorée, la "messe n'est pas dite", comme il l'écrit. Suivez-nous pour plus d'analyses sur l'actualité politique et médiatique. Télématin ? Rendez-vous demain à 6h30 sur France 2.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article !