À 78 ans, Julien Clerc continue de captiver le public français avec sa voix inimitable et ses textes profonds. Pourtant, malgré une carrière jalonnée de succès, une chanson iconique de son répertoire a disparu de ses concerts depuis de nombreuses années : « L’assassin assassiné ». Le chanteur a récemment expliqué les raisons de ce choix, tout en annonçant une exception très spéciale à l’occasion d’un hommage national rendu à Robert Badinter au Panthéon.
Un moment d’histoire, Julien Clerc invité à chanter au Panthéon
Le jeudi 9 octobre 2025 restera une date marquante dans la carrière de l’artiste. Julien Clerc a été convié par Emmanuel Macron à interpréter un titre lors de la cérémonie d’entrée au Panthéon de Robert Badinter, l’homme qui a aboli la peine de mort en France. Cet événement solennel réunira les plus hautes autorités de l’État, mais aussi de nombreuses figures du monde culturel et judiciaire.
Ému par cette invitation, Julien Clerc a déclaré : « C’est la première fois que je chante au Panthéon. C’est un très grand honneur d’être associé à un grand homme. » L’interprète de Femmes je vous aime a confié son admiration pour Robert Badinter, qu’il n’avait rencontré que trois fois, mais dont il salue la grandeur et l’héritage humaniste.
Robert Badinter, un symbole immortel de la justice et des droits humains
Né en 1928 et décédé le 9 février 2024 à l’âge de 96 ans, Robert Badinter reste l’une des figures les plus respectées de la République française. Ministre de la Justice sous François Mitterrand, il fut l’artisan déterminant de l’abolition de la peine de mort en 1981, un combat qu’il mena avec courage et conviction. Son entrée au Panthéon symbolise la reconnaissance d’un pays tout entier envers un homme de principes, d’humanité et de raison.
Pour Julien Clerc, cette cérémonie a une résonance toute particulière. Elle ravive le souvenir d’une chanson née dans ce contexte historique : L’assassin assassiné. Ce titre emblématique, écrit par Jean-Loup Dabadie et composé par Clerc lui-même, fut l’une des premières œuvres musicales à s’opposer ouvertement à la peine capitale.
« L’assassin assassiné », une chanson engagée et intemporelle
Sortie en 1980, cette chanson marquait une rupture dans la chanson française : elle osait aborder de front un sujet brûlant de société. Le texte, d’une rare intensité poétique, questionnait le sens de la justice et la notion de vengeance d’État. À travers des mots justes et des images puissantes, Jean-Loup Dabadie et Julien Clerc ont réussi à transformer un débat politique en émotion universelle.
À l’époque, le morceau avait suscité de nombreuses réactions. Certains y voyaient une œuvre militante, d’autres une ballade humaniste. Mais tous s’accordaient sur la force émotionnelle du texte et sur la performance vocale du chanteur, portée par une orchestration d’une intensité rare.
Les éléments clés de la chanson « L’assassin assassiné »
| Élément | Description |
|---|---|
| Auteur | Jean-Loup Dabadie |
| Compositeur | Julien Clerc |
| Année de sortie | 1980 |
| Thématique | L’abolition de la peine de mort, la justice, la compassion |
| Durée originale | 6 minutes et 20 secondes |
Julien Clerc et Robert Badinter, une admiration réciproque
Julien Clerc a souvent évoqué son respect pour Robert Badinter. Il se souvient notamment d’avoir assisté à l’une de ses plaidoiries, lors d’un procès d’assises à Toulouse. L’atmosphère était électrique : le public, majoritairement favorable à la peine de mort, retenait son souffle. « J’ai été impressionné par la force de ses mots, par la sincérité et l’humanité qu’il dégageait », se remémore le chanteur. Cette expérience a profondément marqué l’artiste et nourri son engagement à travers la chanson.
En acceptant de chanter lors de la cérémonie au Panthéon, Julien Clerc rend un double hommage : à l’homme, bien sûr, mais aussi à l’idéal qu’il incarnait. Le choix de réinterpréter L’assassin assassiné n’a donc rien d’un hasard : c’est une manière de rappeler que la musique peut être une arme de paix.
Pourquoi Julien Clerc ne chante plus « L’assassin assassiné » sur scène
Si le chanteur a accepté de reprendre cette chanson pour la cérémonie, il avoue qu’il ne la chante plus depuis plusieurs décennies. La raison ? Une question d’énergie et d’émotion. « Elle dure plus de six minutes et demande un engagement total, à la fois physique et vocal », confie-t-il. Sur scène, Julien Clerc préfère aujourd’hui des morceaux qui lui permettent de préserver sa voix et d’offrir un équilibre entre émotion et endurance.
Pour l’occasion, il proposera une version revisitée : « Nous avons gardé l’essentiel du texte, en la ramenant à environ quatre minutes. Elle sera interprétée avec de nouveaux arrangements, au piano et aux claviers. » Une adaptation qui respecte l’esprit originel tout en s’ajustant à la symbolique du moment.
Une chanson plus actuelle que jamais
Quarante-cinq ans après sa création, L’assassin assassiné conserve une étonnante modernité. Les thèmes qu’elle aborde – la justice, la compassion, la dignité humaine – résonnent encore dans notre société contemporaine. Dans un monde où la violence et la vengeance prennent parfois le dessus, cette chanson rappelle l’importance de la réflexion et du pardon.
Pour de nombreux fans, cette reprise au Panthéon s’annonce comme un moment chargé d’émotion. Elle symbolisera la rencontre entre deux destins : celui d’un chanteur engagé et celui d’un homme d’État visionnaire. Un dialogue entre la musique et l’histoire, entre la poésie et la mémoire collective.
Julien Clerc, un artiste fidèle à ses valeurs
Depuis plus de cinquante ans, Julien Clerc incarne une certaine idée de la chanson française : élégante, engagée et intemporelle. S’il a exploré de nombreux styles – de la pop à la variété en passant par la chanson à texte – son œuvre reste marquée par la sincérité et la profondeur. L’artiste a toujours su se renouveler sans jamais trahir ses convictions.
Sa collaboration avec Jean-Loup Dabadie, notamment, a donné naissance à quelques-unes des plus belles pages de la musique française. Ensemble, ils ont su mêler l’émotion à la réflexion, offrant au public des chansons qui traversent les générations.
En décidant de reprendre L’assassin assassiné pour rendre hommage à Robert Badinter, Julien Clerc ferme une boucle artistique et humaine. Ce moment au Panthéon ne sera pas seulement un concert, mais un acte de mémoire, une célébration de la justice et de la liberté. Et si cette chanson exige « beaucoup d’énergie », elle rappelle aussi combien l’art, lorsqu’il s’engage, peut toucher les consciences et traverser le temps.
À travers cette performance unique, Julien Clerc prouve une fois encore que la musique peut être un écho à l’histoire, un cri de cœur et un message d’espoir.
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