Depuis sa carrière prolifique à la télévision, Julien Courbet a vu évoluer le petit écran sous toutes ses facettes. Dans un podcast diffusé le 15 décembre 2025 sur YouTube, l’animateur emblématique de M6 a levé le voile sur une période qu’il décrit comme totalement libérée, mais où certains comportements, banalisés à l’époque, seraient aujourd’hui jugés inacceptables.
Une télévision des années 90 entre liberté et excès
Invité du podcast Unchained avec Sabrina, Julien Courbet est revenu sur une époque où la hiérarchie, l’humour et le rapport aux femmes différaient profondément des standards actuels. “On vivait dans un monde où tout semblait permis”, explique-t-il. Les règles de censure concernaient alors essentiellement les insultes ou les mots crus, tandis que les plaisanteries sur le physique ou les tenues étaient monnaie courante.
“La télévision était une bulle à part. Les comportements qui nous paraissaient normaux seraient aujourd’hui considérés comme déplacés”, poursuit-il. Selon lui, cette insouciance provenait d’un contexte où les interactions étaient moins médiatisées et où les réseaux sociaux n’existaient pas pour amplifier chaque mot.
Réseaux sociaux, la révolution de la parole publique
Avec l’avènement des plateformes numériques, chaque mot prononcé à l’antenne ou en coulisses est désormais scruté. “Aujourd’hui, la moindre phrase peut devenir une polémique”, affirme Courbet. Il illustre cette transformation en évoquant des anecdotes personnelles : certaines remarques qu’il jugeait bienveillantes ont suscité un flot de critiques, le poussant à modérer ses propos.
“Un compliment peut être perçu comme une maladresse, voire comme une faute. Le monde a évolué, il faut l’entendre”, observe l’animateur, soulignant l’importance de la sensibilité accrue aux questions de respect et d’égalité.
“Une liste de 600 personnes qui seraient en prison aujourd’hui”
La déclaration la plus choc de Courbet survient en fin d’entretien. Selon lui, si les caméras avaient filmé les coulisses des boîtes de production des années 90, de nombreux comportements seraient aujourd’hui qualifiés de harcèlement ou d’agressions : “Homme et femmes confondus, je peux te faire une liste de 600 personnes qui seraient en prison aujourd’hui.”
Il décrit une atmosphère où les blagues et les gestes familiers franchissaient souvent les limites, mais étaient acceptés par tous : “Les blagues pouvaient aller très loin. Et pourtant tout le monde trouvait ça normal.”
Entre nostalgie et acceptation des nouvelles règles
Malgré le constat sévère sur les pratiques passées, Julien Courbet ne regrette pas l’évolution de la télévision. Il reconnaît que certains comportements, marqués par un machisme assumé, n’ont plus leur place. L’animateur note que le média s’est progressivement ouvert à davantage de respect, d’égalité et de professionnalisme :
- Plus grande vigilance sur le langage et les interactions entre collègues.
- Réduction des comportements discriminatoires et des blagues déplacées.
- Évolution du rôle des réseaux sociaux dans la régulation de la parole publique.
“L’insouciance d’avant a disparu, mais les nouvelles règles sont nécessaires et justes”, conclut-il, affirmant accepter pleinement cette transformation qui garantit un environnement de travail plus sûr et respectueux.
Un témoignage nécessaire pour comprendre l’évolution du média
Le témoignage de Julien Courbet éclaire les transformations profondes de la télévision française sur trois décennies. Il montre comment un environnement autrefois permissif a dû s’adapter à la sensibilisation croissante aux questions de harcèlement, d’égalité des genres et de responsabilité sociale. Pour les observateurs et les historiens des médias, ses propos offrent une documentation précieuse sur une époque marquée par la liberté, mais aussi par des excès désormais répréhensibles.
En exposant cette réalité, Courbet contribue à la réflexion sur la manière dont les médias façonnent et reflètent les normes sociales, tout en soulignant le rôle crucial des réseaux sociaux dans la surveillance et la médiatisation de chaque parole. Son témoignage rappelle que l’histoire de la télévision n’est pas seulement une succession de programmes et d’audiences, mais aussi celle des comportements humains qui ont marqué ses coulisses.
Vers une télévision plus consciente et responsable
Ce récit souligne également l’importance de la mémoire collective dans l’évolution des pratiques professionnelles. Les années 90 apparaissent aujourd’hui comme un miroir des excès d’un secteur encore immature en matière de respect et d’égalité. En même temps, il montre la progression vers une culture médiatique plus inclusive, où la responsabilité individuelle et collective est mieux encadrée.
Pour les professionnels des médias, les aspirants animateurs et le grand public, ce témoignage sert de rappel : la liberté d’expression s’accompagne toujours d’une responsabilité sociale. La télévision, en tant que reflet de la société, continue d’évoluer vers des standards plus éthiques et respectueux.
En définitive, le récit de Julien Courbet constitue un éclairage rare et précieux sur les coulisses d’une époque révolue, tout en offrant un repère pour mesurer l’évolution des pratiques médiatiques contemporaines.
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