Sorti discrètement dans seulement sept salles françaises, Papamobile, la comédie réalisée par Sylvain Estibal et portée par Kad Merad, a créé un véritable tourbillon médiatique. Entre critiques virulentes, soutien de certains spectateurs et déclarations chocs du producteur, ce film atypique s’impose désormais comme un cas d’école dans l’industrie cinématographique française.
Une sortie technique pour un film hors normes
Le 13 août dernier, Papamobile est apparu discrètement dans les programmations. Une « sortie technique », selon les professionnels du secteur, qui consiste à diffuser un film avec peu de communication et de copies, souvent pour des raisons contractuelles. Dans ce cas précis, l’accueil mitigé de l’équipe de production a joué un rôle déterminant.
Kad Merad, interrogé lors du Festival de la fiction de La Rochelle, a expliqué : « Le film devait sortir le plus discrètement possible. C’est ce qu’on appelle une sortie technique. Cela arrive avec beaucoup de films ». Malgré tout, l’acteur a défendu son rôle et le projet : « J’ai pris ce risque et je suis content de l’avoir pris ».
Un accueil critique difficile
Le producteur du film n’a pas mâché ses mots. Dans Le Canard enchaîné, il a qualifié le film de « raté » et de « comédie pas drôle ». Ces propos ont provoqué l’indignation du réalisateur Sylvain Estibal, qui a dénoncé une attitude « destructrice » de la part d’un producteur censé défendre son œuvre.
Pour autant, certains spectateurs ont salué le caractère décalé et insolite de l’histoire, donnant naissance à un bouche-à-oreille inattendu.
Synopsis de Papamobile, une intrigue loufoque
Le film raconte l’histoire d’une cheffe de cartel mexicain qui enlève par erreur le sosie du Pape, incarné par Kad Merad. Une intrigue volontairement déjantée qui revendique un ton « nanar » assumé, avec un budget limité d’1,2 million d’euros et une esthétique atypique.
Malgré ce parti pris, les contraintes de production, notamment une durée de tournage réduite à 24 jours et des obligations contractuelles avec Amazon, ont fragilisé la cohérence du montage final.
Les chiffres clés de la sortie
La diffusion du film a été limitée à seulement sept salles françaises. Voici un récapitulatif des villes concernées :
| Ville | Région/Département |
|---|---|
| Avignon | Vaucluse |
| Bagnoles-de-l’Orne | Orne |
| Saverne | Bas-Rhin |
| Douvaine | Haute-Savoie |
| Évian-les-Bains | Haute-Savoie |
| Romans-sur-Isère | Drôme |
| Région parisienne | Île-de-France |
Un choix restreint qui a pourtant attisé la curiosité du public, certaines salles enregistrant un remplissage supérieur aux attentes.
Un tournage complexe et un montage chaotique
L’actrice et co-scénariste Myriam Tekaïa a révélé que le premier montage ne durait que 1h15, alors que le contrat avec Amazon imposait 1h30. Résultat : des séquences ont dû être ajoutées pour atteindre la durée minimale, altérant le rythme du film.
La bande-annonce, d’à peine 30 secondes, a également été pointée du doigt, accusée de contenir un plan raté et d’avoir été montée à la va-vite. Pour Sylvain Estibal, il s’agit d’un véritable sabotage médiatique.
Kad Merad, entre succès et échecs
Connu pour avoir participé à certains des plus grands succès du cinéma français, comme Bienvenue chez les Ch’tis, Kad Merad n’élude pas la possibilité de vivre aussi des échecs cuisants. « J’ai fait le plus gros succès du cinéma français, je vais peut-être faire le plus grand bide… C’est ça, la vie d’acteur », confie-t-il.
Quel avenir pour Papamobile ?
Malgré son lancement raté en France, le film pourrait connaître une seconde vie grâce à sa diffusion prévue en Allemagne, en Belgique, ainsi que sur des plateformes comme Amazon et OCS. Cette perspective redonne espoir à l’équipe qui souhaite que le public se forge sa propre opinion.
Papamobile illustre parfaitement les paradoxes du cinéma français : une œuvre critiquée par sa propre production, boudée par une partie de la critique mais qui suscite pourtant l’intérêt du public. Si son avenir en salles reste limité, son statut de film atypique pourrait lui permettre de devenir culte au fil des années.
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