“Dès que tu n'es plus désirée, rester actrice devient rude” : ces mots puissants résonnent encore après l’intervention de Karin Viard sur le plateau de C à Vous. La comédienne française, reconnue et Césarisée, a osé aborder un sujet longtemps passé sous silence : l'âgisme dans le cinéma et le traitement différencié réservé aux femmes à partir d’un certain âge.
L'âgisme dans le cinéma, quand la jeunesse devient un critère
Karin Viard, forte de plus de trente ans d'expérience dans le cinéma français, connaît intimement les coulisses de ce milieu. Sur le plateau du talk-show quotidien, elle n’a pas mâché ses mots : "Le cinéma, c'est assez rude en fait…". Elle dénonce le fait que les femmes sont jugées selon leur désirabilité sexuelle, une problématique qui ne touche pas les hommes de la même manière.
La comédienne ajoute : "C'est assez rude car quand tu es une femme, dès que tu n'es plus désirée, c'est à dire à un certain âge, c'est rude..."
Le "marché de la bonne meuf" et les exclusions féminines
Cette réflexion rejoint celle de Virginie Despentes dans King Kong Théorie qui parle du "marché de la bonne meuf". Selon elle, les femmes âgées, ou celles qui ne correspondent pas aux standards de beauté, sont systématiquement exclues :
| Critère | Exclusion | Exemple |
|---|---|---|
| Âge | Les femmes après 40 ans | Actrices françaises moins sollicitées |
| Apparence | Non conformes aux standards beauté | Peu de rôles principaux |
| Sexualisation | Non désirables selon les critères patriarcaux | Rôles réduits à des stéréotypes |
Ce constat met en lumière la persistance de stéréotypes et un sexisme implicite, qui continuent d’affecter le cinéma français et la carrière des actrices au-delà d’un certain âge.
Une comparaison révélatrice, hommes vs femmes
Dans son intervention, Karin Viard souligne une inégalité flagrante : "A partir du moment où tu as un certain âge, on estime que tu n'es plus désirable aux yeux des gens… Quand tu es une femme ! Brad Pitt, là par contre, qui a le même âge que moi, on le trouve toujours aussi désirable." Cette différence montre qu’il existe un véritable gender gap dans l’industrie cinématographique, où les hommes conservent une longévité professionnelle et une attractivité médiatique bien plus importantes.
Les conséquences de l’âgisme sur les actrices
L’impact de ce traitement inégal est multiple :
- Réduction des opportunités professionnelles : les rôles principaux pour femmes de plus de 40 ans sont rares.
- Stéréotypes renforcés : lorsqu’elles obtiennent un rôle, c’est souvent dans des personnages secondaires ou stéréotypés.
- Pression sociale et psychologique : le regard de l’industrie influence l’estime de soi et la carrière.
Lutter contre l’âgisme, le rôle des médias et du public
Karin Viard et d’autres actrices prennent la parole pour dénoncer ces pratiques et sensibiliser le public. Cette prise de conscience est essentielle pour :
- Encourager les réalisateurs à diversifier les profils féminins à l’écran.
- Briser les stéréotypes liés à l’âge et à l’apparence.
- Promouvoir un cinéma plus inclusif et équitable.
L’âgisme dans le cinéma français reste un problème réel, comme l’illustre le témoignage de Karin Viard. La reconnaissance des actrices ne devrait pas être conditionnée par l’âge ou la désirabilité. Si certaines évolutions ont eu lieu, le chemin vers un traitement équitable des femmes dans l’industrie cinématographique reste long et nécessite la mobilisation collective des artistes, des producteurs et du public.
La voix de Karin Viard résonne comme un rappel nécessaire : le cinéma doit refléter la diversité et la richesse de la société, sans exclure les femmes à mesure qu’elles vieillissent. L’égalité de traitement et la fin de l’âgisme sont des enjeux cruciaux pour un cinéma inclusif et moderne.
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