En 2025, Laurent Lafitte est partout. Cinq films en 2024, plusieurs autres en tournage, un retour triomphal au théâtre avec La Cage aux folles au Théâtre du Châtelet… Pourtant, derrière cette frénésie créative, l’ancien pensionnaire de la Comédie-Française livre une introspection rare et lucide. Dans un long entretien accordé au Figaro, il parle sans détour de sa peur de lasser le public, de son attirance pour les personnages moralement gris et d’un spectacle de ses débuts qu’il qualifie lui-même de « trash et triste ».
2025, l’année où Laurent Lafitte est (presque) trop présent
Après une année 2024 déjà très chargée – cinq longs-métrages à l’affiche –, Laurent Lafitte ne ralentit pas. Classe moyenne d’Antony Cordier, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, a marqué les esprits. D’autres projets sont déjà dans les salles ou en post-production, et surtout, il reprendra les planches dès décembre 2025 dans le rôle de Zaza Napoli pour la nouvelle production de La Cage aux folles au Châtelet. L’acteur avoue pourtant qu’il a parfois du mal à suivre le rythme de ses propres promotions. « Les distributeurs essaient d’espacer les sorties, mais c’est compliqué », confie-t-il. Cette hypervisibilité le place face à une crainte qu’il exprime ouvertement : la peur de l’overdose publique. Refuser des rôles ? Presque impossible quand les propositions correspondent exactement à ce qu’il aime jouer.
Pourquoi Laurent Lafitte attire les rôles moralement ambigus
Si les réalisateurs se l’arrachent, c’est parce que Laurent Lafitte excelle dans l’ambiguïté. Dans Classe moyenne, il incarne Philippe, un avocat bourgeois arrogant qui bascule progressivement du côté des « méchants » aux yeux du spectateur. Entouré d’Élodie Bouchez, Laure Calamy et Ramzy Bedia, il navigue dans une comédie grinçante où les repères moraux s’effacent. « J’adore quand on ne sait plus qui est gentil ou méchant », explique-t-il. Ce goût pour les zones grises se retrouve dans ses prochains films, notamment La Femme la plus riche du monde de Thierry Klifa, inspiré de l’affaire Bettencourt, où il joue un photographe manipulateur et sans scrupules. Pour lui, un acteur n’a pas à juger son personnage : « Je ne suis pas là pour punir ou absoudre. Je suis là pour le rendre humain. » Une philosophie qui séduit les cinéastes en quête d’authenticité.
« Trash et triste », le one-man-show qui a tout changé
À 35 ans, Laurent Lafitte décide de « provoquer sa chance ». Lassé de l’image lisse qu’on lui colle – celle du jeune premier bien élevé –, il crée Laurent Lafitte, comme son nom l’indique, un spectacle en solo radicalement différent. « C’était trash et triste », résume-t-il aujourd’hui avec un sourire gêné. Des personnages extrêmement seuls, un humour noir, une violence sous-jacente… Loin du registre policé qu’on attendait de lui. Il n’a d’ailleurs jamais osé revoir l’enregistrement complet du spectacle. Un souvenir le fait encore rire : sa mère, totalement déstabilisée par l’affiche où il posait en plumes roses. Ironie du destin, vingt ans plus tard, il reportera des plumes – mais cette fois avec glamour – pour incarner Zaza dans La Cage aux folles, un rôle qu’il rêvait de jouer depuis toujours.
Laurent Lafitte en chiffres, une carrière qui ne ralentit pas
| Année | Nombre de films sortis | Projet théâtre majeur |
|---|---|---|
| 2024 | 5 films | Préparation La Cage aux folles |
| 2025 | Plusieurs films en cours + théâtre | La Cage aux folles (décembre, Châtelet) |
| Total longs-métrages (carrière) | Plus de 60 rôles | |
La Cage aux folles 2025, le grand retour théâtral de Laurent Lafitte
Reprendre le rôle mythique de Zaza, créé par Michel Serrault au cinéma, n’est pas anodin. Laurent Lafitte l’avait dans un coin de sa tête depuis des années. « C’est un rêve qui se réalise », confie-t-il. La mise en scène de Ladislas Chollat promet une version moderne et respectueuse de la pièce culte de Jean Poiret. Pour l’acteur, ce retour au théâtre est aussi une manière de boucler la boucle : après avoir cassé son image « propre sur lui » avec un spectacle « trash et triste », il peut enfin embrasser pleinement la liberté et l’extravagance du travestissement sur scène.
Pourquoi Laurent Lafitte reste un acteur incontournable en 2025
Entre sa capacité à incarner des personnages complexes, son refus de la moralisation facile et sa présence scénique unique, Laurent Lafitte s’impose plus que jamais comme l’un des comédiens les plus passionnants de sa génération. Il le sait : le risque de surexposition existe. Mais tant que les rôles continuent de le faire vibrer – qu’ils soient sombres, drôles, ambigus ou flamboyants –, il sera là. Et le public, loin de se lasser, semble prêt à le suivre dans toutes ses métamorphoses.
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