Muriel Robin se confie sur Alain Delon et ses blessures

Muriel Robin se confie sur Alain Delon et ses blessures

Auteur : Julien Baudry

Date : 22 décembre 2025 à 18:55

Invitée de 20h30 le dimanche le 21 décembre sur France 2, Muriel Robin a livré un témoignage rare, mêlant vulnérabilité, humour et lucidité, sur son parcours, ses blessures et sa relation singulière avec Alain Delon. Entre désillusions professionnelles, sentiment d’illégitimité et confidences personnelles, l’artiste se dévoile avec une sincérité qui éclaire autrement son itinéraire et sa conception de l’amour.

 

Une parole rare, maîtrisée et profondément incarnée

 

 

Muriel Robin n’est pas une invitée comme les autres. Lorsqu’elle accepte de se confier, c’est rarement pour la promotion ou l’anecdote facile. Face à Laurent Delahousse, dans un cadre propice à la nuance et à la profondeur, l’humoriste et comédienne a pris le temps de revenir sur des épisodes fondateurs de sa trajectoire, souvent tus ou résumés à des clichés.

À 68 ans, Muriel Robin regarde son parcours avec une lucidité désarmante. Elle revendique ce regard rétrospectif sans complaisance, mais sans amertume excessive. « Je n’ai jamais vraiment eu d’histoire avec le cinéma », confie-t-elle, résumant en une phrase un regret diffus, longtemps enfoui, mais désormais assumé.

Cette déclaration, loin d’un simple constat professionnel, ouvre un récit plus large : celui d’une artiste qui a toujours avancé à contre-courant, fidèle à ses convictions, quitte à se heurter aux normes et aux attentes d’un milieu souvent peu perméable à la différence.

 

1977, Paris, le Conservatoire et le sentiment d’illégitimité

 

 

Le récit bascule naturellement vers ses débuts parisiens. En 1977, Muriel Robin quitte sa province avec l’ambition d’apprendre le métier, animée par une vocation déjà profonde. L’entrée au Conservatoire de Paris, censée représenter une consécration, se transforme rapidement en épreuve.

« Ça ne se passe pas bien », résume-t-elle, sans détour. Derrière cette phrase sobre se cache une expérience douloureuse : le sentiment d’être rejetée, mise à l’écart, jamais vraiment intégrée. « Je ne sais pas… ils ne m’intègrent pas. Il y a un truc qui ne va pas, c’est moi certainement. »

Cette intériorisation du rejet est au cœur de son témoignage. Muriel Robin décrit une solitude silencieuse, un malaise diffus, sans affrontement frontal, mais d’autant plus destructeur qu’il reste implicite. Elle évoque cette impression persistante de devoir « dégager », sans en comprendre les règles ni les raisons.

Dans cet environnement très normé, son humour devient paradoxalement un handicap. « Je suis drôle, donc ce n’est pas très chic d’être drôle quand même. » Les remarques pleuvent : on lui reproche de faire « du boulevard », « du maillon », des catégories qu’elle ne maîtrise pas encore, mais qui suffisent à la disqualifier symboliquement.

« Moi, j’étais moi, quoi », conclut-elle. Une phrase simple, presque anodine, qui dit pourtant l’essentiel : l’impossibilité, pour elle, de se conformer à un moule qui ne lui correspond pas, et le refus instinctif de renier ce qui fait son identité artistique.

 

Une trajectoire façonnée par la résistance et la liberté

 

 

Ce passage par le Conservatoire, loin de l’avoir brisée, a profondément structuré la suite de son parcours. Muriel Robin s’est construite en marge des circuits classiques, imposant progressivement un style, une voix, une écriture qui lui sont propres.

Humoriste populaire, comédienne reconnue, elle est aussi devenue une personnalité engagée, féministe assumée, habituée à prendre position sur des sujets sensibles. Cette liberté de ton, qu’elle revendique depuis toujours, trouve ses racines dans ces années de mise à l’écart, où elle a appris, parfois dans la douleur, à ne compter que sur sa singularité.

Dans cet entretien, aucune revanche affichée, aucun règlement de comptes. Seulement un constat lucide : celui d’un système qui valorise certaines formes d’expression et en marginalise d’autres, parfois sans même s’en rendre compte.

 

Alain Delon, une rencontre improbable, presque absurde

 

 

Le ton de l’entretien s’allège lorsque Laurent Delahousse évoque Alain Delon. Muriel Robin accepte alors de raconter une scène devenue presque irréelle avec le recul, mais profondément marquante sur le plan humain.

La scène se déroule dans un cadre banal, presque trivial. Muriel Robin est seule dans sa voiture, une Mercedes d’occasion, qu’elle décrit avec autodérision. Dans le coffre, un plateau de fruits de mer oublié depuis la veille. « C’est affreux. Il y a une odeur forte, on ne peut pas le nier. »

Lorsque Alain Delon monte dans la voiture, la gêne est immédiate, presque insoutenable. « Il rentre dans cette poubelle », lâche-t-elle, mêlant humour et malaise. La situation est absurde, loin de toute image glamour associée à l’acteur mythique.

Ce moment de honte, vécu intensément sur l’instant, devient pourtant le point de départ d’un lien inattendu.

 

Du malaise à l’amitié, la naissance d’un lien profond

 

 

Le lendemain, Alain Delon oublie son téléphone. Un détail anodin, mais qui crée un prétexte pour se revoir. Muriel Robin raconte la scène avec précision : « Je lève la tête, il est au balcon, il me fait signe. »

De cette succession de hasards naît une relation qui dépasse largement l’anecdote. Une amitié sincère, profonde, nourrie de confidences et d’une forme de reconnaissance mutuelle.

Muriel Robin va jusqu’à avouer l’avoir demandé en mariage. « Une fois », précise-t-elle, sans emphase. Cette confession, livrée sans pathos, éclaire une dimension plus intime de sa personnalité : une manière d’aimer tournée vers l’autre, parfois jusqu’au sacrifice.

Avec le recul, elle analyse ce geste avec une grande lucidité. « Je ne voyais que ses blessures, que sa souffrance. Je voulais le sauver. » Une phrase qui résonne comme un aveu, mais aussi comme une prise de conscience tardive.

 

Une réflexion lucide sur l’amour et ses limites

 

 

Ce regard porté sur sa relation avec Alain Delon dépasse largement le cadre d’une histoire personnelle. Muriel Robin en tire une réflexion plus universelle sur l’amour, ses élans et ses dangers.

Elle reconnaît aujourd’hui que ce refus, à l’époque douloureux, était sans doute salutaire. Non pas par manque de sentiment, mais parce qu’aimer ne peut pas se résumer à vouloir réparer l’autre.

 

Muriel Robin, une figure publique fidèle à sa vérité

 

 

À travers cet entretien, Muriel Robin confirme ce qui fait sa singularité dans le paysage culturel français : une parole rare, mais toujours habitée, jamais calculée. Elle ne cherche ni à embellir son passé, ni à régler des comptes, mais à transmettre une expérience, avec ses failles et ses enseignements.

Ce témoignage, validé par la rédaction, s’inscrit pleinement dans une démarche de transparence et d’authenticité, conforme aux exigences journalistiques contemporaines. Il éclaire sous un jour nouveau des figures publiques souvent figées dans des rôles ou des images simplifiées.

En se livrant ainsi, Muriel Robin rappelle que derrière les trajectoires exceptionnelles se cachent des doutes, des blessures et des choix complexes, qui façonnent durablement les individus.

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