Obsèques de Brigitte Bardot : Chico réagit aux absences

Obsèques de Brigitte Bardot : Chico réagit aux absences

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 10 janvier 2026 à 15:55

Saint-Tropez, le 7 janvier. Dans l’église Notre-Dame de l’Assomption, un hommage intime et solennel a été rendu à Brigitte Bardot. Peu de monde, peu de caméras, une cérémonie voulue sobre par la famille et les proches. Parmi les rares invités, une silhouette familière : Chico, figure emblématique des Gipsy Kings, ami de longue date de l’icône française. Quelques jours plus tard, dans un entretien accordé à Gala, le musicien livre un témoignage rare, à la fois personnel et lucide, sur la cérémonie, l’absence de certaines personnalités… et la fin d’une époque.

Son récit éclaire autrement ce moment de recueillement : non comme un événement mondain, mais comme un dernier geste d’amitié, fidèle à l’esprit d’une femme qui a toujours fui les codes et les faux-semblants.

 

Un hommage intime, à l’image de Brigitte Bardot

 

Le mercredi 7 janvier, l’église Notre-Dame de l’Assomption, perchée au cœur de Saint-Tropez, accueille une cérémonie discrète. Pas de tapis rouge, pas de foule compacte derrière les barrières. Seuls la famille, quelques proches et des amis triés sur le volet sont conviés à accompagner Brigitte Bardot pour ce dernier adieu.

Chico fait partie de ce cercle restreint. Sa présence ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit dans une relation construite sur près d’un demi-siècle d’estime et d’affection réciproques.

Dans les colonnes de Gala, il raconte avoir été sollicité par deux figures clés de l’entourage de la comédienne : la directrice de la Fondation Brigitte Bardot et Bernard d’Ormale, son époux. « Ils connaissaient bien l’amour qu’elle avait pour nous », confie-t-il. Un amour sincère, nourri par des souvenirs communs et une admiration mutuelle.

Le choix de la musique, élément central de la cérémonie, n’est pas anodin. Chico et ses musiciens accompagnent le cercueil de l’église jusqu’au cimetière. Une procession plus qu’une performance. « Ce trajet nous a permis de nous recueillir et de vraiment l’accompagner. On n’aurait pas pu faire plus », explique-t-il avec une sobriété qui tranche avec le tumulte médiatique souvent associé aux grandes figures publiques.

Ce moment suspendu dit beaucoup de la manière dont Brigitte Bardot souhaitait être honorée : sans emphase, sans spectacle, dans la fidélité aux liens authentiques plutôt qu’aux convenances sociales.

 

Les absents qui interrogent, une parole sans filtre, mais sans polémique

 

Si la cérémonie se voulait intime, une question s’est pourtant imposée dans l’espace médiatique : celle de l’absence de certaines personnalités. Des invitations auraient été envoyées à plusieurs figures publiques de premier plan. Peu d’entre elles ont fait le déplacement.

Chico n’élude pas le sujet. Mais son propos reste mesuré, loin de toute accusation. « S’ils étaient venus, cela aurait témoigné une amitié et un respect », observe-t-il simplement. Une phrase qui dit tout : l’importance de la présence, non comme obligation, mais comme signe symbolique.

Le musicien nuance aussitôt : « Peut-être que certains n’ont pas pu venir… On ne peut pas se mettre à la place des autres. Je ne sais pas pourquoi ils n’étaient pas là. » Une posture qui refuse la spéculation et privilégie la décence, fidèle à l’esprit de la cérémonie elle-même.

Chico va plus loin en rappelant ce qu’aurait sans doute pensé Brigitte Bardot elle-même : « Elle aurait sûrement dit : “Je m’en fous qu’ils soient là ou pas.” » Une phrase qui résonne comme un résumé du tempérament de l’actrice : indépendante, indifférente aux jeux d’image, attachée aux relations vraies plutôt qu’aux apparences.

À travers ces mots, ce n’est pas un règlement de comptes qui s’exprime, mais une forme de lucidité sur l’évolution du monde médiatique et des relations publiques autour des grandes figures.

 

La disparition d’un monde, “Un livre qui se ferme”

 

Le témoignage de Chico prend une dimension plus large lorsqu’il évoque le temps qui passe. Il rappelle que nombre de personnalités emblématiques de « l’époque BB » ne sont plus là. Alain Delon, Jean-Paul Belmondo… Des noms qui incarnent un âge d’or du cinéma français, une génération qui a façonné l’imaginaire collectif pendant des décennies.

« Un livre qui se ferme, la fin d’une époque », résume-t-il. Une phrase lourde de sens. Elle dépasse le cadre des obsèques pour toucher à quelque chose de plus profond : la disparition progressive d’une constellation de figures qui ont marqué la culture française bien au-delà des écrans.

Brigitte Bardot n’était pas seulement une star. Elle était un symbole. Une révolution esthétique dans les années 1950 et 1960. Une actrice devenue mythe. Puis une militante radicalement engagée pour la cause animale, au risque de diviser. Sa trajectoire, unique, a traversé plusieurs époques sans jamais se diluer.

Les absences à ses obsèques, réelles ou perçues, interrogent donc moins sur les individus que sur notre rapport contemporain aux icônes : que reste-t-il des fidélités anciennes dans un monde où l’agenda médiatique dicte souvent les priorités ?

 

1978, Pampelonne, la naissance d’une amitié improbable

 

Pour comprendre la présence de Chico à Saint-Tropez ce 7 janvier, il faut remonter près de cinquante ans en arrière. L’histoire qu’il raconte à Gala a la simplicité des rencontres qui marquent une vie.

Nous sommes en 1978, sur la plage de Pampelonne, au restaurant L’Esquinade. Brigitte Bardot fête son anniversaire. Chico, alors jeune musicien, entre presque par hasard dans cette soirée devenue mythique dans sa mémoire.

Il raconte être allé acheter des cordes de guitare dans un magasin. Le vendeur, qui le reconnaît, lui glisse une information inattendue : « Il y a un anniversaire, c’est peut-être bien si vous voulez y aller et c’est pour Brigitte Bardot. » L’invitation improvisée devient un tournant.

« C’était magnifique ! », se souvient-il. Bardot chante, joue de la guitare avec eux, danse. Pas de distance, pas de posture. Une soirée simple, chaleureuse, presque familiale.

La scène finale dit beaucoup de la relation qui s’esquisse alors. Quand Brigitte Bardot propose de rémunérer les musiciens, Chico refuse : « Vous savez quoi ? C’est mon cadeau d’anniversaire. » Elle accepte, mais pose une condition : qu’il vienne déjeuner le lendemain à La Madrague. Le début d’une amitié durable, fondée sur le respect et la complicité.

 

Une relation fidèle, loin des projecteurs

 

Ce que révèle ce témoignage, c’est la constance d’un lien qui n’a jamais cherché la lumière médiatique. Chico n’a pas construit sa proximité avec Bardot comme un argument de communication. Il en parle aujourd’hui parce que le contexte l’exige, avec pudeur et retenue.

Cette fidélité éclaire aussi la place de la musique dans la vie de Brigitte Bardot. On oublie parfois que l’actrice chantait, qu’elle aimait la guitare, qu’elle entretenait un rapport très instinctif à l’art. Son attachement aux Gipsy Kings n’était pas celui d’une admiratrice distante, mais celui d’une femme qui partageait un goût, une sensibilité, une manière d’être au monde.

Dans ce contexte, la procession musicale lors des obsèques prend une valeur symbolique forte. Elle ne relève pas de la mise en scène, mais d’un langage commun, intime, presque secret.

 

Brigitte Bardot, entre mythe public et cercle privé

 

L’épisode des obsèques et les propos de Chico mettent en lumière un contraste souvent mal compris : celui entre la figure publique de Brigitte Bardot et la femme dans sa sphère privée.

Aux yeux du grand public, elle fut tour à tour actrice adulée, sex-symbol mondial, puis militante controversée. Dans l’intimité, elle cultivait une autre forme de cohérence : loyauté envers ses proches, rejet des mondanités, attachement aux gestes simples.

Le choix d’obsèques restreintes, l’absence d’une grande cérémonie nationale, la place accordée à des amis de longue date plutôt qu’à des figures médiatiques : tout cela s’inscrit dans une logique profondément bardotienne.

À cet égard, les propos de Chico ne font que confirmer ce que beaucoup de proches décrivent depuis des années : une femme indifférente aux codes, allergique aux hommages convenus, fidèle à une certaine idée de la liberté.

 

Ce que révèle l’émotion autour de la cérémonie

 

La réaction suscitée par ces obsèques, notamment autour des absents, dit aussi quelque chose de notre époque. La société contemporaine attend des gestes publics forts autour de ses figures emblématiques. Elle scrute les présences, interprète les silences, cherche des symboles.

Or, la cérémonie du 7 janvier a résisté à cette logique. Elle a opposé à la curiosité collective un mur de discrétion. Et c’est peut-être cette discrétion même qui a ravivé l’émotion.

Le témoignage de Chico, en apportant des détails concrets et humains, permet de déplacer le regard : loin des listes d’invités et des spéculations, il recentre l’attention sur l’essentiel — l’amitié, le respect, la mémoire partagée.

 

Une parole rare, précieuse, sans calcul

 

Dans un paysage médiatique saturé de commentaires rapides et de réactions calibrées, la parole de Chico tranche par sa sincérité. Il ne cherche ni à créer la polémique, ni à se mettre en avant. Il raconte. Simplement. Avec ses mots, ses souvenirs, ses émotions.

Cette authenticité donne à son témoignage une valeur particulière. Elle offre un éclairage crédible sur ce qu’a été la cérémonie, mais aussi sur ce qu’était Brigitte Bardot dans la vie de ceux qui l’ont réellement connue.

Au-delà de l’actualité immédiate, son récit participe à la construction d’une mémoire plus nuancée de l’icône. Une mémoire faite non seulement de films, de combats et de déclarations publiques, mais aussi de moments partagés sur une plage, d’une guitare accordée à la hâte, d’un déjeuner promis à La Madrague.

 

Un adieu qui ressemble à une transmission

 

En accompagnant le cercueil en musique, en prenant la parole avec retenue après la cérémonie, Chico ne s’est pas contenté de dire adieu à une amie. Il a aussi transmis quelque chose de son héritage humain.

Son récit rappelle que derrière les grandes figures se cachent des relations discrètes, des fidélités invisibles, des histoires qui échappent aux projecteurs. Et que ce sont souvent ces histoires-là qui donnent leur véritable profondeur aux événements.

À Saint-Tropez, ce 7 janvier, il ne s’agissait pas d’un spectacle public. Il s’agissait d’un moment de vérité. Et c’est sans doute pour cela que, quelques jours plus tard, les mots de Chico résonnent avec autant de force.

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