M6 diffuse ce mardi 6 janvier 2026 la suite et la fin de Pandore en prime time, mettant un terme anticipé à son nouveau jeu d’aventure animé par Olivier Minne. Au-delà de son destin télévisuel contrasté, l’émission révèle une singularité notable : son tournage s’est déroulé sur des lieux emblématiques ayant accueilli l’une des séries les plus marquantes des années 2010, Game of Thrones. Un choix de décors ambitieux, pensé pour renforcer l’immersion et la dimension mythologique du programme, mais qui n’a pas suffi à enrayer l’érosion des audiences.
Une diffusion exceptionnelle pour solder la fin de Pandore
Initialement programmée le lundi en première partie de soirée, Pandore voit sa diffusion bouleversée par M6. La chaîne a décidé d’achever le jeu d’aventure en une seule soirée, ce mardi 6 janvier 2026, avec un enchaînement exceptionnel des épisodes jusqu’au cœur de la nuit.
Le dispositif est sans ambiguïté : après les deux numéros initialement prévus en prime time, le final sera diffusé à partir de 23h20 et s’étendra jusqu’à 1h45. En conséquence, Pandore disparaît définitivement de la grille dès la semaine suivante, laissant sa place à un prime spécial célébrités de La Roue de la fortune.
Cette décision marque un désengagement clair de la chaîne, qui avait pourtant misé sur un concept original, une réalisation soignée et un animateur reconnu pour son expertise dans les formats d’aventure.
Des audiences en net repli malgré des ajustements éditoriaux
Le tournant intervient après la diffusion du lundi 29 décembre 2025. Les deux épisodes proposés ce soir-là ont réuni respectivement 952 000 puis 880 000 téléspectateurs, représentant 5,5 % et 6,2 % de part d’audience auprès de l’ensemble du public.
Sur les cibles commerciales, les performances se sont révélées contrastées :
- 10,6 % puis 11,7 % auprès des femmes responsables des achats de moins de 50 ans
- 11,8 % puis 13,8 % sur les 25-49 ans
Ces chiffres, enregistrés entre 21h13 et 23h02, témoignent d’une dynamique insuffisante pour un programme de prime time, dans un contexte de concurrence accrue et de fragmentation des usages.
Pourtant, M6 avait tenté de corriger le tir. La chaîne avait notamment réduit les écrans publicitaires à une seule coupure d’environ trois minutes, diffusée tardivement à 22h57, tout en proposant un montage plus resserré et plus rythmé. Des ajustements qui n’ont pas permis d’inverser la tendance.
Un concept ambitieux inspiré de la mythologie et du cinéma d’aventure
Pandore s’inscrit dans la lignée des grands jeux d’aventure à narration forte. Inspirée de la mythologie grecque, l’émission propose aux candidats de relever des épreuves physiques, mentales et stratégiques dans un univers scénarisé, évoquant à la fois l’Antiquité et le cinéma d’exploration.
Les producteurs, Romuald Graveleau et Mathieu Chalvignac (Studio 89), revendiquent des influences assumées : Indiana Jones, Meurtre sur le Nil ou encore les grandes fresques épiques contemporaines. Une ambition visuelle rare pour un jeu de divertissement français, matérialisée par un tournage en décors naturels, loin des plateaux traditionnels.
L’Andalousie, un choix stratégique plutôt que la Grèce
Contrairement à ce que l’univers du programme pourrait laisser penser, Pandore n’a pas été tourné en Grèce. Le tournage s’est déroulé en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, un choix mûrement réfléchi pour des raisons à la fois logistiques, économiques et patrimoniales.
Lors de la conférence de presse de lancement, les producteurs ont expliqué que la Grèce présentait plusieurs contraintes, notamment en septembre, période de tournage retenue. La forte affluence touristique compliquait l’accès à certains sites et limitait les possibilités d’exploitation des lieux archéologiques.
L’Andalousie offrait, à l’inverse :
- une grande diversité de décors antiques et naturels
- des infrastructures adaptées aux tournages de grande ampleur
- une expérience éprouvée dans l’accueil de productions internationales
Des sites emblématiques partagés avec Game of Thrones
La dimension la plus marquante du tournage de Pandore réside dans l’utilisation de lieux ayant déjà servi de décors à Game of Thrones, série phénomène des années 2010.
Les équipes ont notamment investi la grotte d’Italica et son amphithéâtre gréco-romain, l’un des plus vastes d’Espagne. Ce site est mondialement connu des fans de la série de HBO pour avoir accueilli le tournage de la célèbre scène de « la fosse aux dragons ».
Fait notable, les producteurs ont découvert ce lien après le tournage, soulignant la richesse cinématographique du site et son attractivité pour les fictions et programmes à forte identité visuelle.
Des contraintes patrimoniales qui ont façonné les épreuves
Tourner dans des lieux classés implique des règles strictes. Mathieu Chalvignac a détaillé les nombreuses contraintes imposées aux équipes, notamment à Italica :
- interdiction formelle de percer le sol
- aucune fixation permanente autorisée
- respect absolu des structures historiques
Ces limitations ont contraint la production à repenser certaines épreuves, à adapter les dispositifs techniques et à privilégier des installations temporaires. Un défi créatif assumé, qui a contribué à l’identité singulière du programme, tout en complexifiant son organisation.
Un écart entre ambition artistique et réception du public
Si Pandore a séduit par la qualité de ses décors, sa narration travaillée et son positionnement haut de gamme, le programme n’a pas réussi à fédérer un public suffisamment large sur la durée.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet écart :
- un concept dense, demandant un fort engagement du téléspectateur
- une diffusion en période de fêtes, traditionnellement défavorable aux nouveaux formats
- une concurrence frontale avec des programmes installés
Malgré la présence d’Olivier Minne, figure familière des jeux d’aventure, et un univers soigné, l’émission n’a pas trouvé son rythme d’installation dans la grille.
Une fin précipitée, mais un cas d’école pour M6
La liquidation accélérée de Pandore illustre les arbitrages constants auxquels sont confrontées les chaînes généralistes. Entre innovation éditoriale et impératifs d’audience, l’équilibre reste fragile.
Pour M6, l’expérience constitue néanmoins un laboratoire précieux : tester un format ambitieux, investir des lieux exceptionnels et proposer une alternative aux jeux traditionnels. Autant d’enseignements susceptibles d’influencer les futurs développements de la chaîne en matière de divertissement événementiel.
Une dernière soirée sous le signe du spectacle
La suite et fin de Pandore seront donc proposées ce mardi 6 janvier 2026 en prime time sur M6, avec une diffusion marathon jusqu’au dénouement final. Une ultime occasion pour les téléspectateurs de découvrir l’issue du jeu et de profiter de décors qui, bien avant d’accueillir des candidats français, ont contribué à forger l’imaginaire d’une série devenue culte.
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