Pierre Arditi se confie sur son fils et Salomé Lelouch

Pierre Arditi se confie sur son fils et Salomé Lelouch

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 11 janvier 2026 à 20:36

À l’occasion de la sortie de son livre et du lancement de sa nouvelle pièce, Pierre Arditi s’est confié au Journal du Dimanche sur sa vie intime. À 85 ans, l’acteur livre un témoignage sans fard sur sa paternité, ses regrets, ses choix de carrière et la place qu’il occupe auprès de Salomé Lelouch, la fille d’Evelyne Bouix et de Claude Lelouch. Un récit lucide, pudique et profondément humain.

Figure incontournable du théâtre et du cinéma français, Pierre Arditi continue de conjuguer longévité artistique et présence médiatique. Mais cette fois, ce n’est pas seulement l’acteur qui s’exprime. C’est l’homme. Le père. Le compagnon. À travers une interview accordée au Journal du Dimanche, il lève le voile sur des aspects rarement abordés de sa vie privée, avec une sincérité qui tranche avec les discours formatés auxquels le public est souvent habitué.

À 85 ans, alors qu’il publie un nouvel ouvrage et présente sa pièce Je me souviendrai… de presque tout, Pierre Arditi ne cherche ni l’effet ni la provocation. Il parle avec justesse, parfois avec rudesse, toujours avec authenticité. Et dessine en creux le portrait d’un homme conscient des conséquences de ses choix.

 

Une parole rare, portée par l’actualité artistique

 

 

Si Pierre Arditi accepte aujourd’hui de s’exprimer ainsi, ce n’est pas un hasard. L’actualité est dense : un livre, une pièce, des interviews, une présence médiatique qui accompagne naturellement ce moment de transmission. Mais contrairement à une promotion classique, l’acteur choisit ici un angle personnel.

Dans les colonnes du JDD, il établit lui-même le lien entre le rôle qu’il interprète sur scène et sa propre trajectoire. « Il y a des points communs, c’est sûr », confie-t-il, évoquant notamment le rapport au temps, à la mémoire, mais aussi aux relations familiales. Une manière de rappeler que, chez lui, le jeu d’acteur a toujours été nourri par l’expérience de vie.

Cette démarche s’inscrit dans une tradition d’entretiens plus introspectifs, où les artistes de sa génération livrent non pas des anecdotes légères, mais une forme de bilan. Sans nostalgie excessive. Sans posture victimaire. Simplement avec lucidité.

 

La paternité, une blessure ancienne mais apaisée

 

 

Le cœur de l’entretien touche à un sujet délicat : sa relation avec son fils, Frédéric. Un thème rarement évoqué publiquement par l’acteur, et qui révèle ici une part de vulnérabilité.

Pierre Arditi rappelle qu’il est devenu père très jeune, à une époque où sa carrière et celle de la mère de son fils — sa première épouse — étaient en pleine construction. « On l’adore, sa mère et moi, mais nous étions deux très jeunes comédiens », explique-t-il. Derrière cette phrase, une réalité concrète : les tournées, les horaires instables, les absences, les compromis imposés par une vie artistique exigeante.

Il reconnaît que son fils a souvent été « bringuebalé entre ses grands-parents », conséquence directe de cette instabilité professionnelle. Une confession sans détour, qui ne cherche pas à embellir le passé. Au contraire, l’acteur évoque un sentiment de culpabilité persistant : « Quand je rentrais, je me sentais coupable et il nous réglait notre compte. »

Ces mots disent beaucoup. Ils racontent une relation marquée par les tensions, les reproches, mais aussi par une forme de vérité émotionnelle. Avec le temps, toutefois, le lien s’est apaisé. « Il y a prescription maintenant, c’est arrangé », assure-t-il aujourd’hui. Une formule sobre, presque juridique, mais qui traduit un soulagement réel : celui d’avoir pu retrouver un équilibre avant qu’il ne soit trop tard.

 

Salomé Lelouch, une affection réelle, mais une place clairement définie

 

 

L’autre volet marquant de cet entretien concerne sa relation avec Salomé Lelouch, la fille d’Evelyne Bouix — sa compagne de longue date — et du réalisateur Claude Lelouch. Une configuration familiale connue du public, mais rarement détaillée avec autant de précision.

Pierre Arditi parle de Salomé avec une affection évidente, mais tient à poser une limite claire. « Elle a un père, et je ne prendrai jamais sa place », affirme-t-il dans le JDD. Une phrase forte, qui résonne comme une déclaration de principe autant que comme un choix personnel. Elle révèle une conception respectueuse de la famille recomposée, loin des raccourcis émotionnels ou des discours convenus.

Ce positionnement n’empêche pas la complicité. Au contraire. Il raconte avec amusement que Claude Lelouch le présentait parfois en plaisantant comme « le père de ma fille ». Une formule affectueuse, révélatrice d’une relation apaisée entre les deux hommes et d’un équilibre rare dans ce type de configuration familiale.

Dans un paysage médiatique souvent friand de conflits, de jalousies ou de rivalités supposées, ce témoignage offre une autre image : celle d’une famille recomposée fondée sur le respect des rôles et la maturité des adultes.

 

Le rôle inattendu de “beau grand-père”

 

 

Au fil de l’entretien, Pierre Arditi évoque également un nouveau rôle qui semble lui apporter une joie sincère : celui de beau grand-père. Salomé Lelouch est mère d’une petite Gabrielle, âgée de 11 ans, et l’acteur parle de cette relation avec une tendresse manifeste.

« Ma relation avec cette jeune fille de 11 ans est délicieuse », confie-t-il. Un mot simple — délicieuse — qui en dit long sur la douceur de ce lien. À un âge où beaucoup dressent un bilan, cette relation semble représenter pour lui une forme de réparation symbolique, une continuité apaisée après les turbulences de la paternité.

Mais fidèle à son franc-parler, Pierre Arditi ne se contente pas d’un discours lisse. Il ajoute, à propos de son fils : « Mon fils, lui, n’a pas d’enfant, ce con ! » Une phrase brute, presque choquante sortie de son contexte, mais qui doit être comprise à l’aune de sa personnalité publique : un homme connu pour son humour abrupt, son sens de la formule et son refus de la langue de bois.

Loin d’être une insulte gratuite, cette sortie révèle surtout une frustration affective mêlée d’autodérision. Elle souligne aussi le décalage entre deux trajectoires familiales : d’un côté, la joie d’un lien grand-parental construit par alliance ; de l’autre, l’absence de descendance directe qui laisse un vide.

 

Un témoignage qui résonne avec son époque

 

 

Ce qui donne à ces confidences une portée particulière, c’est leur résonance avec des questions contemporaines largement partagées : la conciliation entre carrière et vie familiale, les regrets liés à l’éducation, la complexité des familles recomposées, la place de chacun dans des configurations non traditionnelles.

Pierre Arditi ne cherche pas à théoriser. Il raconte simplement son histoire. Mais cette histoire, précisément parce qu’elle est incarnée, nuancée et honnête, fait écho à celle de nombreux lecteurs. Elle rappelle que derrière les figures publiques, les succès et la reconnaissance, se cachent souvent des parcours intimes traversés par les mêmes fragilités que celles du commun.

Dans un contexte où la parole publique est souvent calibrée, cette interview se distingue par sa densité humaine. Elle renforce aussi l’image d’un acteur dont la crédibilité ne repose pas uniquement sur son talent, mais sur une cohérence entre l’homme et la parole qu’il choisit de livrer.

 

Une prise de parole qui renforce la stature de Pierre Arditi

 

 

À 85 ans, Pierre Arditi n’a plus rien à prouver sur le plan artistique. Mais cette interview ajoute une dimension supplémentaire à son image publique. Elle montre un homme conscient de ses failles, capable de les nommer, sans chercher à se dédouaner ni à se glorifier.

Dans un paysage médiatique saturé de confidences superficielles, cette parole tranche par sa profondeur. Elle n’exploite pas l’intime à des fins de spectacle, mais l’utilise comme un outil de compréhension. Elle ne cherche pas l’émotion facile, mais propose un regard nuancé sur les relations humaines.

C’est sans doute ce qui explique pourquoi cet entretien suscite un écho particulier : il ne repose ni sur le scandale, ni sur la provocation, mais sur la qualité du témoignage. Une parole rare, précieuse, et à la hauteur de l’homme de théâtre qu’il demeure.

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