En décembre 2025, une vidéo captée en coulisses aux Folies Bergère a déclenché une vague de réactions en France et à l'international. Brigitte Macron, venue soutenir l'humoriste Ary Abittan, a qualifié de « sales connes » des militantes féministes ayant perturbé son spectacle la veille. Ces mots, prononcés dans un contexte privé mais diffusés publiquement, ont non seulement suscité un tollé chez les défenseurs des droits des femmes, mais ont aussi offert à Ary Abittan une visibilité mondiale inattendue.
Les origines de la polémique, Une vidéo inattendue aux Folies Bergère
Le samedi 6 décembre 2025, quatre militantes du collectif féministe #NousToutes ont interrompu le spectacle d'Ary Abittan aux Folies Bergère à Paris. Masquées à l'effigie de l'humoriste avec l'inscription « violeur », elles ont scandé des slogans dénonçant son retour sur scène malgré des accusations passées de viol.
Le lendemain, dimanche 7 décembre, Brigitte Macron, accompagnée de sa fille Tiphaine Auzière, assiste à la représentation. En coulisses, face à un Ary Abittan exprimant sa peur d'une nouvelle perturbation, la Première dame déclare en riant : « S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors... Surtout des bandits masqués. » Cette séquence, filmée par l'agence Bestimage et diffusée initialement par le magazine Public (avant d'être retirée), a rapidement viralisé sur les réseaux sociaux et les médias.
L'entourage de Brigitte Macron a rapidement réagi, expliquant que ces propos visaient uniquement à critiquer la « méthode radicale » des militantes, sans remettre en cause la cause féministe. Cependant, cette justification n'a pas apaisé les critiques, qui y voient un langage sexiste et un soutien implicite à l'humoriste.
Ary Abittan, De l'accusation de viol au non-lieu judiciaire
Ary Abittan, connu pour ses rôles dans des comédies à succès comme « Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? », a vu sa carrière bouleversée en octobre 2021. Une jeune femme de 23 ans l'accuse alors de viol, décrivant des pratiques sexuelles non consenties lors d'une soirée intime. Des lésions médico-légales et des éléments matériels corroborent initialement ses déclarations, menant à une mise en examen pour viol.
Après plus de trois ans d'instruction approfondie, incluant auditions, expertises et confrontations, un non-lieu est prononcé en avril 2024. Cette décision, motivée par des charges insuffisantes pour un renvoi en procès, est confirmée en appel le 30 janvier 2025 par la cour d'appel de Paris. Sept magistrats ont unanimement conclu à l'absence de preuves suffisantes pour établir la culpabilité.
Un non-lieu n'équivaut pas à une déclaration d'innocence absolue, mais il clôt la procédure pénale et réaffirme la présomption d'innocence. Malgré cela, des collectifs féministes contestent ce retour sur scène, soulignant que de nombreuses plaintes pour violences sexuelles aboutissent à des classements sans suite en France.
Le retour sur scène d'Ary Abittan et les perturbations récurrentes
Dès 2024, Ary Abittan reprend les planches avec son spectacle « Authentique », débutant à Tours. Ses représentations sont régulièrement ciblées par des actions féministes : pancartes, slogans et interruptions visent à dénoncer ce qu'elles perçoivent comme une « culture de l'impunité » face aux violences sexuelles.
À Paris, aux Folies Bergère, l'action du 6 décembre s'inscrit dans cette lignée. Pourtant, les spectacles se poursuivent, souvent à guichets fermés. Ary Abittan, discret sur la promotion, a toutefois évoqué son épreuve dans des interviews, déclarant avoir « pensé disparaître » avant de retrouver le soutien du public.
En novembre 2025, il réintègre même les Grosses Têtes sur RTL, signe d'un retour progressif dans le paysage médiatique français.
Les réactions en France, Tollé féministe et soutiens divers
La polémique explose rapidement. Des personnalités comme Judith Godrèche, Marion Cotillard ou encore des politiques de gauche lancent le hashtag #JeSuisUneSaleConne en solidarité avec les militantes. Judith Godrèche poste : « Moi aussi je suis une sale conne et je soutiens toutes les autres. »
Des collectifs exigent des excuses publiques de Brigitte Macron et une condamnation claire des violences sexistes. Des associations déposent même plainte pour injure. À l'opposé, certains défendent la Première dame, voyant dans ses mots une réaction spontanée contre des méthodes « radicales » perturbant la liberté artistique.
La porte-parole du gouvernement appelle à « laisser Brigitte Macron tranquille », qualifiant l'échange de privé et spontané.
Une résonance internationale, La polémique dépasse les frontières
Les médias étrangers s'emparent vite de l'affaire, amplifiant la visibilité d'Ary Abittan. Voici un aperçu des couvertures principales :
| Pays | Média | Angle principal |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | BBC / The Guardian | Indignation féministe face à un slur sexiste de la Première dame |
| États-Unis | CNN / New York Times | Propos « sexistes » et « insultants » dans un contexte #MeToo |
| Espagne | El País / Courrier International | Débat « explosif » sur l'antiféminisme à l'Élysée |
| Canada | La Presse | Critique des méthodes radicales vs. soutien aux victimes |
| Autres (Allemagne, Italie, Inde) | Divers | Relais de la controverse française sur les droits des femmes |
Cette couverture mondiale traduit « sale conne » dans de nombreuses langues, plaçant inadvertamment Ary Abittan au centre d'un débat global sur les violences sexuelles, la justice et la liberté d'expression artistique.
Conséquences et perspectives, Une affaire qui divise durablement
À ce jour, ni Brigitte Macron ni Ary Abittan n'ont commenté publiquement la polémique. L'humoriste poursuit sa tournée, avec une date à Cannes le 14 décembre 2025 devant une salle comble.
Cette affaire soulève des questions profondes : la tension entre présomption d'innocence et parole des victimes, le rôle des figures publiques dans les débats sociétaux, et les limites des actions militantes. Elle illustre aussi comment un incident privé peut, à l'ère numérique, propulser un artiste sous une lumière internationale ambiguë.
En fin de compte, les propos de Brigitte Macron ont ravivé un débat essentiel sur les violences sexistes en France, tout en offrant à Ary Abittan une notoriété qu'il n'avait peut-être pas anticipée.
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