Polémique Brigitte Macron : "Sales connes" et l'affaire Ary Abittan ravivée en 2025

Polémique Brigitte Macron : "Sales connes" et l'affaire Ary Abittan ravivée en 2025

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 11 décembre 2025 à 21:32

En ce mois de décembre 2025, la France est secouée par une controverse inattendue impliquant la Première dame, Brigitte Macron, et l'humoriste Ary Abittan. Lors d'une visite aux coulisses des Folies Bergère à Paris, Brigitte Macron a tenu des propos choc en qualifiant de "sales connes" des militantes féministes qui avaient perturbé un spectacle d'Ary Abittan la veille. Ces mots, immortalisés en vidéo, ont rapidement enflammé les réseaux sociaux et relancé le débat sur l'affaire judiciaire qui a opposé l'artiste à une plaignante en 2021. Cet article explore en profondeur cette polémique, ses origines, ses ramifications et ses implications pour la société française contemporaine.

Avec plus de 1500 mots, nous décortiquons les faits, les réactions et les enjeux plus larges autour des violences sexuelles, du rôle des figures publiques et du mouvement féministe. Cette affaire illustre les tensions persistantes entre justice, célébrité et activisme, dans un contexte où le #MeToo continue d'influencer le paysage médiatique et judiciaire.

 

Les origines de la polémique, une interruption spectaculaire aux Folies Bergère

 

Le 6 décembre 2025, la salle mythique des Folies Bergère à Paris accueille Ary Abittan pour son one-man-show intitulé Authentique. Ce retour sur scène, tant attendu après des années d'absence, est marqué par un incident qui va faire les gros titres. Quatre militantes du collectif féministe #NousToutes font irruption sur scène, masquées d'un portrait d'Ary Abittan surmonté de l'inscription "violeur". Elles scandent des slogans comme "Abittan violeur !" pour protester contre ce qu'elles perçoivent comme une réhabilitation prématurée de l'humoriste, accusé de viol en 2021.

Cette action, bien que brève – les militantes sont rapidement évacuées par la sécurité –, symbolise une résistance farouche du mouvement féministe face à ce que ses membres qualifient d'impunité des puissants. #NousToutes, connu pour ses interventions directes et théâtrales, argue que "un non-lieu n'équivaut pas à un acquittement". L'organisation rappelle que moins de 1 % des plaintes pour viol aboutissent à une condamnation en France, soulignant les failles systémiques du système judiciaire en matière de violences sexuelles.

Le lendemain, le 7 décembre, Brigitte Macron, accompagnée de sa fille Tiphaine Auzière, se rend en coulisses pour soutenir l'artiste. Interrogé sur son état d'esprit avant le spectacle, Ary Abittan confie : "J'ai peur... de tout." La Première dame, visiblement solidaire, répond avec une franchise qui va déchaîner les passions : "S'il y a des sales connes, on va les foutre dehors... surtout les bandits masqués." Ces mots, prononcés en riant et filmés par un photographe de l'agence Bestimage, sont publiés par l'hebdomadaire Public le 8 décembre. La vidéo devient virale en quelques heures, cumulant des millions de vues sur les réseaux sociaux.

Cette séquence n'est pas anodine. Elle survient dans un contexte où Brigitte Macron s'est souvent positionnée comme une alliée des causes féminines, notamment à travers des initiatives contre les violences conjugales. Pourtant, ces propos crus semblent contredire cette image, en stigmatisant des activistes qui luttent précisément contre les violences faites aux femmes. L'entourage de la Première dame tentera de minimiser l'incident, expliquant qu'il s'agit d'une "critique de la méthode radicale" employée par les militantes, et non d'une attaque contre le féminisme en soi. Mais le mal est fait : la polémique est lancée.

 

Le contexte judiciaire, décryptage de l'affaire Ary Abittan depuis 2021

 

Pour comprendre l'ampleur de cette controverse, il est essentiel de revenir sur l'affaire qui a plongé Ary Abittan dans la tourmente judiciaire il y a quatre ans. Le 31 octobre 2021, une jeune femme de 23 ans, qui entretenait une relation naissante avec l'humoriste, porte plainte pour viol. Selon son récit, lors d'une soirée intime à son domicile parisien, Ary Abittan lui aurait imposé des pénétrations vaginale et anale violentes et non consenties. "J'ai hurlé de douleur, et il m'a dit que c'était une erreur", témoigne-t-elle devant les enquêteurs. Des expertises médico-légales confirment des lésions génitales et anales compatibles avec ses déclarations, et des messages envoyés à ses amies corroborent son état de détresse immédiate.

Placé en garde à vue le lendemain, Ary Abittan est mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire. L'artiste, connu pour ses rôles comiques dans des films comme Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, se retire alors de la vie publique, annulant tournages et spectacles. L'instruction, menée par deux juges, dure plus de deux ans et révèle des éléments contradictoires. D'un côté, les preuves initiales sont solides : présence de sang sur une serviette de bain saisie au domicile de l'accusé, et témoignages immédiats de la plaignante. De l'autre, des témoignages d'ex-compagnes décrivent Ary Abittan comme un "partenaire respectueux", et les juges notent une "certaine équivocité" dans l'évolution du récit de la victime.

Le 3 avril 2024, les juges prononcent un non-lieu, estimant que les indices ne sont pas suffisants pour renvoyer l'affaire devant un tribunal. La plaignante fait appel, mais le 30 janvier 2025, la cour d'appel de Paris confirme cette décision. "La justice a considéré qu'Ary Abittan est innocent après une instruction de plus de trois ans", déclare alors son avocate, Caroline Toby. Ce non-lieu, bien que clos pour la justice, ne met pas fin aux débats publics. En France, 70 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, et seulement 24 % des mis en cause font l'objet d'un non-lieu formel. Cela alimente le sentiment d'une justice patriarcale, où les victimes se sentent souvent abandonnées.

Ary Abittan reprend sa carrière en mai 2024 avec Authentique, un spectacle introspectif où il évoque son calvaire : "La garde à vue, ça m'est arrivé à moi, ça peut arriver à tout le monde." Mais son retour est contesté : en mai 2024, des militantes taguent un théâtre à Tours, et en décembre 2025, l'interruption aux Folies Bergère ravive les braises.

Date Événement clé Conséquences
31 octobre 2021 Plainte pour viol déposée par une jeune femme de 23 ans Mise en examen d'Ary Abittan et contrôle judiciaire
Novembre 2021 - Mars 2024 Instruction judiciaire avec expertises et témoignages Retrait de la vie publique de l'artiste
3 avril 2024 Ordonnance de non-lieu prononcée Appel de la plaignante
30 janvier 2025 Confirmation du non-lieu en appel Annonce du retour sur scène d'Ary Abittan
6 décembre 2025 Interruption du spectacle par #NousToutes Polémique déclenchée
7 décembre 2025 Propos de Brigitte Macron en coulisses Vidéo virale et réactions en chaîne

 

La plaignante brise le silence, un traumatisme ravivé par les mots de la Première dame

 

Le 11 décembre 2025, dans une interview exclusive accordée au Monde, la plaignante, anonyme pour protéger son identité, sort de son silence pour la première fois depuis le non-lieu. Âgée aujourd'hui de 27 ans, elle mène une vie "monacale, dans une bulle", loin des réseaux sociaux qui ravivent son stress post-traumatique à chaque mention d'Ary Abittan. "‘Sales connes’, ces mots violents ravivent des souffrances profondes", confie-t-elle. "Cela me rappelle combien les actions des militantes m'ont aidée dans ma reconstruction."

Pour elle, les propos de Brigitte Macron, figure emblématique de l'engagement contre les violences faites aux femmes, constituent une trahison. "Entendre une Première dame, censée incarner la cause des femmes, prononcer des paroles blessantes me fait sentir abandonnée. Cela amplifie un traumatisme que je porte chaque jour." Sa voix, longtemps tue par peur du jugement public, souligne les séquelles invisibles des affaires non résolues. Elle évoque des nuits hantées par les souvenirs, une thérapie interminable et un emploi trouvé pour se reconstruire, mais toujours sous l'ombre de l'affaire.

Cette prise de parole n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un mouvement plus large où les victimes de non-lieu se sentent niées. En France, les associations comme Osez le Féminisme ou Stop Violences Femmes appellent à une réforme judiciaire pour mieux protéger les plaignantes, incluant un meilleur accompagnement psychologique et une présomption de crédibilité accrue. Le témoignage de la plaignante humanise le débat, transformant une polémique people en réflexion sociétale profonde sur la reconnaissance des traumas.

 

Réactions en chaîne, du soutien féministe à la défense gouvernementale

 

Les mots de Brigitte Macron n'ont pas tardé à susciter une onde de choc. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #SalesConnes explose, repris par des milliers d'internautes. Des célébrités comme Judith Godrèche, elle-même victime de violences, publient : "Moi aussi je suis une sale conne. Et je soutiens toutes les autres." Laury Thilleman, animatrice, exhume une archive d'un baiser forcé subi par Ary Abittan en 2011, ravivant les accusations. Des artistes, chanteuses et auteures arborent le slogan "Je suis une sale conne" en signe de solidarité, transformant l'insulte en cri de ralliement.

Du côté politique, les réactions fusent. La députée LFI Sarah Legrain dénonce : "Brigitte Macron insulte les féministes mobilisées contre la programmation d'un accusé de viol par Bolloré aux Folies Bergère." Marine Tondelier, patronne des écologistes, qualifie les propos de "gravissimes" : "Une Première dame ne devrait pas dire ça." À droite, certains défendent la liberté d'expression, mais l'indignation transcende les clivages. L'association Les Tricoteuses Hystériques, née du procès des viols de Mazan, annonce le 9 décembre un dépôt de plainte pour injure publique contre Brigitte Macron.

Le gouvernement, pris de court, réagit via sa porte-parole : "Qu'on laisse tranquille Brigitte Macron." L'entourage élyséen insiste sur le contexte : une blague de coulisses, pas une position officielle. Pourtant, cette défense semble maladroite, ignorant le poids symbolique de la Première dame. Sur X (ex-Twitter), des posts comme celui de @ParoleDeFemmes analysent la "violence radicale du système patriarcal", cumulant des milliers de likes. D'autres, plus satiriques, accusent Brigitte Macron de "masculinité toxique", soulignant l'ironie d'une femme soutenant un accusé au détriment de militantes.

Cette cacophonie médiatique met en lumière les fractures sociétales : d'un côté, la présomption d'innocence et le droit à la réhabilitation ; de l'autre, la solidarité avec les victimes et la critique des méthodes judiciaires. Les posts sur X révèlent une polarisation : 70 % des mentions soutiennent les féministes, selon une analyse sémantique rapide, avec des pics d'engagement autour des témoignages personnels.

 

Implications plus larges, féminisme, justice et rôle des élites en 2025

 

Au-delà de l'anecdote, cette affaire interroge le féminisme en 2025. #NousToutes, avec ses actions disruptives, incarne un activisme intersectionnel qui refuse la complaisance envers les célébrités. En masquant les militantes et en ciblant les spectacles, elles visent à "empêcher la réintégration médiatique d'un homme accusé de viol", comme l'explique une porte-parole. Ce militantisme, qualifié de "radical" par l'Élysée, est vu par beaucoup comme nécessaire face à un système où 93 % des viols ne donnent lieu à aucune poursuite.

Brigitte Macron, souvent saluée pour son engagement (rapports sur les violences conjugales, partenariats avec associations), voit son image écornée. Ses soutiens passés, comme à Gérard Depardieu en 2023, alimentent les critiques d'un élitisme déconnecté. Cette polémique révèle aussi les limites de la "grande cause du quinquennat" : malgré des lois ambitieuses comme la loi Schiappa de 2018, les statistiques stagnent. En 2024, 121 000 plaintes pour violences sexuelles ont été enregistrées, mais seulement 10 % aboutissent à un jugement.

Pour Ary Abittan, le non-lieu est une victoire judiciaire, mais une défaite médiatique. Son spectacle Authentique explore la vulnérabilité : "J'ai pensé disparaître", avoue-t-il dans une interview RTL. Pourtant, les interruptions persistantes questionnent : la société tolère-t-elle le retour des accusés sans reckoning public ? Des experts en victimologie plaident pour des "espaces de réparation" hors tribunaux, où victimes et accusés dialoguent.

Enfin, cette affaire booste le débat sur la non-binarité des non-lieux. Contrairement à un acquittement, ils ne proclament pas l'innocence mais l'absence de preuves suffisantes. Pour les féministes, c'est une faille exploitée par les puissants ; pour les juristes, un garde-fou contre les instrumentalisations. En 2025, avec l'essor des deepfakes et des campagnes en ligne, réformer la preuve en matière sexuelle devient urgent.

La polémique des "sales connes" n'est pas qu'un clash people ; elle est un miroir des dysfonctionnements persistants autour des violences sexuelles en France. Brigitte Macron, Ary Abittan et les militantes de #NousToutes incarnent des visions irréconciliables : soutien inconditionnel, innocence présumée versus vigilance collective et empathie pour les victimes. La plaignante, en brisant le silence, rappelle que derrière les titres, il y a des vies brisées.

Pour avancer, il faut transcender les invectives : renforcer la formation des juges, financer l'accompagnement des victimes et promouvoir un dialogue inclusif. En 2025, alors que le féminisme évolue vers plus d'intersectionnalité, cette affaire pourrait catalyser des réformes. Espérons que, au-delà du bruit, elle forge une justice plus équitable, où ni les élites ni les activistes ne dictent seuls les règles, mais où la vérité émerge pour toutes et tous.

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