Un article publié par le journal Marianne le 22 septembre a déclenché une véritable tempête médiatique et une indignation massive sur les réseaux sociaux. Accusé de sexisme et de contribuer à la sexualisation des adolescentes, le texte a soulevé de nombreuses critiques venant aussi bien de journalistes que d’internautes.
Un article aux propos jugés sexistes
Dans son édition papier comme en ligne, Marianne a publié un article intitulé : « Comment faire pour que votre fille ne devienne pas une pouffe ? ». Le ton, volontairement provocateur, s’accompagnait de clichés sexistes et de conseils controversés pour « éviter qu’une adolescente ne devienne vulgaire ». La journaliste Marion Messina y prenait notamment l’exemple de Giulia Sarkozy, fille de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, âgée de seulement 13 ans.
Les descriptions de la jeune fille, jugées déplacées et humiliantes, ont particulièrement choqué. Elle y est présentée à travers des stéréotypes négatifs, réduite à son apparence et à son activité sur TikTok, ce qui a été perçu comme une atteinte directe à une mineure.
Des réactions indignées sur les réseaux sociaux
L’article a immédiatement fait le tour de X (ex-Twitter), TikTok et Instagram. De nombreux journalistes et influenceurs ont exprimé leur colère. La journaliste Sasha Beckermann a dénoncé un « papier réactionnaire et violent », tandis que le journaliste Matthieu Bobard Deliere a publié une vidéo sur TikTok pour alerter sur la gravité du texte.
Les internautes, quant à eux, s’interrogent : pourquoi écrire un tel article sur les jeunes filles alors qu’aucun équivalent n’existe pour dénoncer les comportements masculins problématiques ? Beaucoup y voient une injustice médiatique et sociétale.
Sexualisation des adolescentes, un problème de société
Au-delà de cette polémique, le débat soulève une question essentielle : la sexualisation des jeunes filles dans les médias. Ce phénomène, loin d’être nouveau, reste préoccupant. Il touche à la représentation des adolescentes dans la presse, la publicité, les réseaux sociaux et la culture populaire.
Les conséquences sont lourdes : perte d’estime de soi, pression sociale, risques accrus de harcèlement en ligne et banalisation du sexisme. Ce type de traitement médiatique contribue à renforcer des stéréotypes de genre déjà très ancrés dans la société.
| Conséquences de la sexualisation | Exemples concrets |
|---|---|
| Baisse de l’estime de soi | Comparaison constante aux standards de beauté irréalistes |
| Renforcement des stéréotypes | Réduction de l’adolescente à son apparence |
| Risque de cyberharcèlement | Moqueries et insultes sur les réseaux sociaux |
| Banalisation du sexisme | Acceptation d’un discours discriminant dans les médias |
Les « 7 règles » de l’article, un condensé de clichés
L’article de Marianne propose aux parents des « règles d’or » pour éviter qu’une adolescente devienne une « pouffe ». Parmi celles-ci :
- Ne pas complimenter leur fille sur son physique.
- Ne pas lui donner d’argent de poche avant 18 ans.
- Lui montrer des films d’horreur pour « développer sa parano ».
- Lui parler de figures historiques comme Jeanne d’Arc ou Marie Curie.
Ces recommandations, jugées paternalistes et stigmatisantes, ont renforcé l’idée que l’article ne faisait que reproduire des schémas sexistes dépassés, en culpabilisant les adolescentes et leurs parents.
Un débat médiatique plus large
La controverse dépasse le cas de cet article précis. Elle illustre un problème plus large : la manière dont certains médias abordent les sujets liés à la jeunesse, au genre et à la sexualité. Les critiques reprochent à Marianne d’avoir alimenté une culture sexiste persistante, au lieu de contribuer à l’éducation et à la sensibilisation.
Plusieurs associations féministes appellent désormais à une responsabilisation des médias dans leur traitement des sujets touchant aux mineurs, notamment lorsqu’il est question de sexualité et de représentation des filles.
L’affaire autour de l’article de Marianne est révélatrice des tensions actuelles entre liberté d’expression, responsabilité éditoriale et égalité de genre. Elle montre à quel point la question de la sexualisation des jeunes filles reste sensible et nécessite une vigilance accrue de la part des journalistes, mais aussi du public.
La polémique pourrait servir de catalyseur pour ouvrir un débat plus large sur le rôle des médias dans la reproduction ou la lutte contre les stéréotypes sexistes. Une chose est sûre : réduire une adolescente à son apparence ne peut plus être considéré comme un traitement journalistique acceptable.
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