Paris, 24 janvier 2026 — L’écosystème médiatique de CNews est secoué par une confrontation interne inédite après les déclarations publiques de Sonia Mabrouk remettant en cause la présence de Jean‑Marc Morandini à l’antenne. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, l’animateur Pascal Praud a répondu sans détour à la critique de sa consœur, appelant à une cohérence personnelle dans une chaîne où l’unité éditoriale est actuellement mise à l’épreuve. :contentReference[oaicite:0]{index=0}
Contexte, une tension sur fond de condamnation judiciaire
Le débat intervient dans un contexte particulièrement sensible. Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean‑Marc Morandini pour corruption de mineurs, après le rejet de son pourvoi en cassation. Malgré cette décision judiciaire, la direction de CNews a choisi de maintenir l’animateur à l’antenne, suscitant une onde de choc au sein de la profession et au‑delà des rédactions. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
Cette situation a déclenché une réaction notable sur les plateaux de CNews. En plein direct, Sonia Mabrouk a accueilli la question de son invité, le député socialiste Jérôme Guedj, avec un mélange d’émotion et de réserve, affirmant qu’elle “n’en dort pas depuis plusieurs jours” et mettant en avant son engagement contre les violences sexuelles. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
La réponse de Pascal Praud , fidélité et cohésion
Dans l’entretien avec Le Monde, Pascal Praud, figure médiatique de l’information matinale sur CNews, a défendu la position de la direction de la chaîne avec fermeté. “Moi, je ne suis pas juge”, a‑t‑il déclaré, soulignant que le maintien de Morandini ne relevait pas de son autorité personnelle mais de celle de la direction. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
Poursuivant, il a ajouté une formule devenue rapidement commentée : “À un moment, si tu n’es pas content, tu t’en vas”, plaidant implicitement pour une forme de solidarité interne au sein de la rédaction. Cette position reflète d’une part une vision hiérarchique attentive à l’unité du groupe médiatique, et d’autre part une stratégie de défense de l’écosystème CNews face aux critiques externes. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Une dissidence rare chez une personnalité médiatique
La prise de position de Sonia Mabrouk marque une rupture significative. Journaliste emblématique de la chaîne, elle a pris publiquement ses distances avec le maintien de Morandini, tout en réaffirmant son respect pour la hiérarchie et la liberté éditoriale. Selon ses propres mots, il ne s’agit pas de “cautionner” la situation, ni de minimiser la gravité des faits, mais de reconnaître la complexité juridique et professionnelle du cas. :contentReference[oaicite:5]{index=5}
Cette attitude modérée contraste avec l’unité affichée historiquement au sein des chroniqueurs vedettes de CNews, et révèle une possible pression interne accrue. Le débat dépasse désormais le simple désaccord personnel pour s’inscrire dans une discussion plus large sur les responsabilités et les valeurs professionnelles au sein des médias audiovisuels français. :contentReference[oaicite:6]{index=6}
Enjeux éditoriaux et réputationnels
La controverse s’articule autour de deux axes principaux :
- L’intégrité journalistique : comment une chaîne d’information gère‑t‑elle la présence à l’antenne d’un journaliste condamné définitivement pour des faits de nature criminelle ?
- La cohésion interne : dans quelle mesure les désaccords ouverts entre personnalités médiatiques influencent‑ils la perception du public et des partenaires institutionnels ?
Ces questions trouvent un écho particulier dans un paysage médiatique déjà scruté pour son positionnement éditorial et ses stratégies d’audience. CNews, propriété du groupe dirigé par Vincent Bolloré, est régulièrement au centre de débats sur la liberté d’expression et les limites éthiques de l’information, notamment après plusieurs mises en demeure par l’Arcom pour des contenus jugés discriminatoires. :contentReference[oaicite:7]{index=7}
Réactions dans l’écosystème médiatique
La controverse ne se limite plus à l’intérieur de CNews. Sur les réseaux sociaux et dans différents médias, la position de Praud a été diversement interprétée, certains y voyant un appel à la loyauté interne, d’autres une forme de mise à l’écart des voix dissidentes. Les débats autour du maintien de Morandini ont également entraîné des refus de participation de certaines personnalités politiques ou figures publiques aux émissions qu’il anime, amplifiant encore l’onde de choc. :contentReference[oaicite:8]{index=8}
Dans ce contexte, la discussion s’oriente vers une réflexion plus large sur la responsabilité sociale des médias d’information et le rôle de leurs principaux animateurs dans la construction de la confiance du public.
Perspectives et enjeux futurs
La polémique autour de Morandini, Mabrouk et Praud pourrait devenir un test de résilience pour CNews, à un moment où les chaînes d’information continuent de naviguer entre contraintes juridiques, attentes éthiques et impératifs d’audience. La question centrale reste de savoir si l’unité affichée par certains visages de la chaîne sera suffisante pour désamorcer une crise qui pose des questions fondamentales sur l’identité éditoriale et les valeurs professionnelles d’un média d’information. :contentReference[oaicite:9]{index=9}
La mobilisation du débat au sein des rédactions et dans l’espace public laisse entrevoir d’importants enjeux pour la crédibilité et la responsabilité sociale des médias audiovisuels en France au cours des prochains mois.