Le dimanche 14 décembre 2025, l'émission 20.10 présentée par Anne-Sophie Lapix sur M6 a accueilli Axel Bahier, un jeune homme ayant surmonté une lourde addiction au protoxyde d'azote. Connu sous le nom de "gaz hilarant" ou "proto", ce produit détourné de son usage initial provoque des effets euphorisants courts mais hautement addictifs. Le témoignage poignant d'Axel Bahier met en lumière les risques souvent sous-estimés de cette substance, alors que les cas d'intoxications graves ne cessent d'augmenter en France.
Ce rendez-vous télévisuel a attiré 1,99 million de téléspectateurs, représentant 9,7 % de part d'audience sur l'ensemble du public, en légère progression par rapport à la semaine précédente. Sur les cibles commerciales prioritaires, l'émission a réalisé 18,7 % auprès des femmes responsables des achats de moins de 50 ans et 16,5 % sur les 25-49 ans, confirmant la deuxième place de M6 sur ces segments stratégiques.
Le témoignage choc d'Axel Bahier, d'une consommation festive à l'addiction quotidienne
Axel Bahier a débuté sa consommation à l'âge de 17 ans, lors de soirées entre amis. Ce qui semblait être un amusement occasionnel s'est rapidement transformé en habitude quotidienne. "Au départ, c'était en groupe, pour tester et rire ensemble. Puis, cela est devenu solitaire, avec des doses de plus en plus élevées", a-t-il confié face à Anne-Sophie Lapix.
Le tournant dramatique est survenu lors de vacances entre amis. Après avoir inhalé une quantité inhabituelle, Axel Bahier a vécu un épisode terrifiant : une asphyxie soudaine l'a empêché de respirer correctement, provoquant une panique générale. Sorti de sa tente par ses proches, il a été averti par un pompier présent sur place des risques immédiats pour sa vie. "Ce moment a été un électrochoc. J'ai décidé sur-le-champ d'arrêter définitivement", a-t-il expliqué. Depuis cet incident, Axel Bahier n'a plus touché au protoxyde d'azote et partage aujourd'hui son expérience pour sensibiliser les jeunes.
Son récit illustre parfaitement comment une substance perçue comme inoffensive peut mener à une dépendance compulsive, avec des conséquences potentiellement fatales.
Qu'est-ce que le protoxyde d'azote et pourquoi est-il si dangereux ?
Origines et usages légitimes
Le protoxyde d'azote (N₂O) est un gaz incolore utilisé légitimement en médecine comme anesthésiant léger et analgésique, notamment en obstétrique ou en dentisterie. Dans l'industrie alimentaire, il sert de propellant pour les siphons à chantilly. Accessible en cartouches ou bonbonnes, il est détourné depuis plusieurs années pour ses effets psychoactifs : euphorie, rires incontrôlables et distorsions sensorielles durant quelques minutes.
Les risques pour la santé : des effets immédiats aux séquelles irréversibles
À court terme, l'inhalation peut causer des vertiges, des pertes de connaissance, des brûlures par froid extrême ou des asphyxies dues au manque d'oxygène. Associé à l'alcool ou au cannabis, ces risques sont décuplés.
À plus long terme, le protoxyde d'azote inactive la vitamine B12, essentielle au fonctionnement du système nerveux. Cela provoque une carence fonctionnelle menant à des troubles neurologiques graves : paresthésies (fourmillements), pertes d'équilibre, paralysies partielles, ou même une sclérose combinée de la moelle épinière. Des cas de troubles psychiatriques, d'anxiété ou de dépression sont également rapportés. Chez les consommateurs chroniques, le potentiel addictif est réel, avec des doses pouvant atteindre des centaines de cartouches par jour.
En 2023, Santé publique France a enregistré 472 signalements d'intoxications via les centres d'addictovigilance, en hausse de 30 % par rapport à 2022. Les cas graves ont explosé, incluant des décès subits, des accidents routiers et même des troubles chez des nouveau-nés exposés in utero.
Une épidémie chez les jeunes, statistiques alarmantes en France
Le protoxyde d'azote touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Selon le Baromètre de Santé publique France 2022, 14 % des 18-24 ans l'ont expérimenté au moins une fois, et plus de 3 % en ont consommé dans l'année. En 2025, la tendance s'aggrave : un jeune de moins de 35 ans sur dix déclare une consommation occasionnelle en soirée, selon une étude de la Fondation Vinci Autoroutes.
Les régions comme les Hauts-de-France ou l'Île-de-France sont particulièrement affectées, avec une multiplication des hospitalisations pour troubles neurologiques. Des décès récents, comme ceux de trois adolescents dans un accident de voiture à Alès en décembre 2025 ou d'une jeune fille de 17 ans à Roubaix, soulignent l'urgence sanitaire.
Voici un tableau récapitulant l'évolution des signalements :
| Année | Signalements addictovigilance | Variation | Cas graves notables |
|---|---|---|---|
| 2020 | Environ 150 | - | Début de la hausse post-confinement |
| 2022 | 362 | + significant | Augmentation des troubles neurologiques |
| 2023 | 472 | +30 % | Premiers cas chez nouveau-nés |
| 2025 (estimations) | >500 | En cours d'augmentation | Multiplication des accidents routiers |
Ces chiffres, issus de l'ANSM et Santé publique France, confirment une "épidémie silencieuse" selon les professionnels de santé.
Cadre légal, vers une interdiction plus stricte
Depuis la loi du 1er juin 2021, la vente de protoxyde d'azote est interdite aux mineurs, dans les lieux publics et via certains accessoires facilitant l'inhalation. Cependant, les majeurs peuvent encore l'acheter librement en ligne ou en supermarché.
En 2025, plusieurs avancées législatives visent à renforcer les mesures : une proposition de loi adoptée au Sénat en mars prévoit de réserver la vente aux professionnels dès 2026. Des arrêtés préfectoraux locaux, comme dans les Bouches-du-Rhône ou le Var, interdisent déjà la détention et la consommation sur la voie publique. Le gouvernement travaille également à pénaliser l'usage récréatif lui-même.
Ces évolutions répondent à l'explosion du trafic et à la banalisation du produit, souvent marketé avec des saveurs attractives pour cibler les jeunes.
Points clés à retenir
- Le protoxyde d'azote provoque une addiction rapide et des effets euphorisants courts, mais hautement risqués.
- Principaux dangers : asphyxie immédiate, carence en vitamine B12 menant à des paralysies et troubles neurologiques irréversibles.
- Touchant surtout les 15-25 ans, avec une hausse continue des intoxications depuis 2020.
- Témoignages comme celui d'Axel Bahier soulignent l'importance de la prévention.
- Lois en évolution : interdiction aux mineurs depuis 2021, vers une restriction totale aux particuliers en 2026.
- En cas de symptômes, consultez immédiatement un médecin ou un centre d'addictovigilance.
Le témoignage d'Axel Bahier dans 20.10 sur M6 rappelle que le protoxyde d'azote n'est pas un simple "jeu festif". Face à une consommation en pleine explosion et à des conséquences dramatiques, renforcement légal et campagnes de sensibilisation s'imposent. Protéger les jeunes de cette menace invisible reste une priorité de santé publique en France.
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