Alain Souchon dévoile un Gainsbourg pathétique et touchant

Alain Souchon dévoile un Gainsbourg pathétique et touchant

Auteur : Julien Baudry

Date : 23 janvier 2026 à 14:40

Presque 35 ans après la disparition de Serge Gainsbourg, le mythe s’éclaire sous un angle inédit grâce à Alain Souchon. Dans sa biographie Alain Souchon, La Vie, c’est du théâtre et des souvenirs, publiée le 11 avril 2024 aux éditions L’Archipel et coécrite par Jean-Dominique Brierre, le chanteur raconte des coulisses méconnues de leur rencontre, mêlant gêne, piques et admiration réciproque.

Une biographie révélatrice

À 81 ans, Alain Souchon revient sur sa carrière et ses rencontres avec les figures majeures de la chanson française des années 1970-1980. Parmi ces souvenirs, sa rencontre avec Serge Gainsbourg reste l’un des épisodes les plus marquants. L’artiste y décrit une relation complexe, faite de tension, de respect et de fragilité, loin de l’image provocante et insaisissable que le public conserve de Gainsbourg.

Dans sa biographie, Souchon confie : "Je l’agaçais, sans doute à cause de l’engouement que je suscitais à l’époque. Il jouait au désabusé, me disait : ‘Alors, comment va le business ?’ Je lui répondais : ‘Ce n’est pas du business que je fais, c’est de l’art’. Il ricanait." Cette phrase résume la dualité de leur relation : admiration mutuelle sous couvert d’esquive et de distance.

Sur le tournage de Je vous aime, malaise et subtilité

Le tournage du film Je vous aime de Claude Berri, sorti en 1980, rassemble Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve dans des scènes désormais iconiques. Alain Souchon décrit un plateau marqué par la tension : "Des rapports faux, à la fois de la séduction et de bagarre", explique-t-il, suggérant que chacun jouait un rôle pour protéger sa propre vulnérabilité.

Le malaise entre les deux artistes s’exprimait par des gestes et des taquineries : "Il était timide et moi aussi. Pour vaincre ma timidité, je le bousculais un peu. Je faisais exprès de le taquiner, lui tapais sur les cuisses. Il n’aimait pas ça." Un témoignage révélateur de la complexité des rapports entre deux tempéraments artistiques forts mais discrets.

Gainsbourg, pathétique et touchant

Malgré les heurts, Souchon conserve un regard empathique et nuancé sur son aîné : "C’était un homme raffiné, mais ce rôle de Gainsbarre un peu dégueulasse, genre copain de régiment, lui convenait." Ces mots montrent que derrière l’image de provocateur se cachait une sensibilité souvent ignorée.

Le respect artistique entre les deux hommes était déjà établi : Souchon avait repris "Elisa" de Gainsbourg en 1978, deux ans avant le tournage de Je vous aime. Trente-trois ans après la disparition de l’icône, ces confidences dévoilent un duo de géants de la chanson française, partagé entre timidité, rivalité et fascination.

Un éclairage inédit sur une époque mythique

Les souvenirs de Souchon offrent également un aperçu précieux de l’atmosphère des années 1970-1980, époque de forte effervescence artistique en France. Les tensions et les échanges décrits entre Souchon et Gainsbourg illustrent un moment charnière pour la chanson française, où les succès commerciaux et la création artistique se confrontaient souvent à la personnalité et aux egos des artistes.

Ce récit humanise également Gainsbourg, dont l’image publique de provocateur et de séducteur effraie souvent. Selon Souchon, les postures de l’artiste masquaient des fragilités et une sensibilité qui, vues de près, apparaissent "touchantes et pathétiques".

L’héritage d’une rencontre singulière

Au-delà du simple anecdote, ces révélations permettent de mieux comprendre la dynamique entre figures majeures de la chanson française. Elles rappellent que derrière les légendes se cachent des relations humaines complexes, faites d’émulation, de rivalité et de respect mutuel.

Pour les passionnés de musique, ce récit offre une lecture enrichissante et nuancée des icônes que sont Alain Souchon et Serge Gainsbourg. Il permet également de percevoir l’art comme un espace de confrontation et de complicité, où la fragilité personnelle peut coexister avec la grandeur artistique.

En définitive, cette rencontre sur le plateau de Je vous aime reste un épisode fondateur de la mémoire collective de la chanson française, illustrant comment le talent et la sensibilité se mêlent aux tensions inévitables de l’intimité professionnelle.

Trente-trois ans après sa disparition, Serge Gainsbourg se dévoile sous un angle nouveau grâce aux confidences d’Alain Souchon. Le récit dépasse l’anecdote pour devenir un témoignage sur la complexité humaine derrière la légende. Entre gêne, admiration et fragile complicité, cette rencontre illustre parfaitement le paradoxe de deux figures majeures de la chanson française, toujours fascinantes et profondément humaines.

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