Brigitte Bardot et l’avortement : un engagement inattendu en 1973

Brigitte Bardot et l’avortement : un engagement inattendu en 1973

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 28 décembre 2025 à 20:54

En 1973, alors que l’avortement reste illégal en France, Brigitte Bardot prend la parole dans une interview mémorable pour exprimer son soutien à la légalisation. À deux ans de la loi Veil, l’actrice, souvent perçue comme controversée pour ses positions publiques, défend avec force le droit des femmes à décider de leur maternité.

 

Un engagement public rare dans le monde du spectacle

 

Au début des années 1970, la question de l’avortement divise profondément la société française. Les discussions restent majoritairement politiques et peu de célébrités prennent position publiquement. Dans ce contexte, la déclaration de Brigitte Bardot se démarque par sa franchise :

"Ah moi, l’avortement, je suis pour !"

Sans ambiguïté, l’actrice précise qu’il s’agit d’un engagement personnel : "Alors comme ça, je ne signe pas de pétition, je le dis maintenant, comme ça tout le monde le saura : je suis pour." Sa prise de parole directe et sans filtre tranche avec le silence de nombreux contemporains du cinéma et du spectacle.

 

Le droit de choisir, au cœur du discours

 

Bardot insiste sur le principe fondamental de choix individuel : "Je trouve qu’une femme a le droit de choisir le moment qu’elle veut pour mettre un enfant au monde." Pour elle, imposer une grossesse serait une injustice : "On n’a pas le droit de lui imposer un enfant."

Elle contextualise son propos en dénonçant le retard de la législation française : "Je trouve que c’est absolument incroyable qu’on en soit encore là aujourd’hui." L’actrice lie directement le droit à avorter à une maternité vécue comme un choix conscient et heureux, et non comme une contrainte subie.

 

Une critique des législateurs masculins

 

Brigitte Bardot élargit ensuite son analyse aux structures de décision : "On voit que ce sont les hommes qui font les lois, parce que s’il leur arrivait quelquefois d’avoir les problèmes des femmes…"

Elle met en lumière les dangers liés à l’interdiction de l’avortement, en évoquant les pratiques clandestines : "[Il y a des avortements] illégaux qui sont monstrueux." Sa réflexion dépasse le cadre moral ou idéologique et aborde les enjeux concrets de santé publique et de sécurité : "Alors il faut que ce soit légal, et que plus personne ne risque d’en mourir."

 

La maternité comme choix et responsabilité

 

Pour Bardot, le droit à l’avortement n’est pas seulement une question de liberté individuelle, mais aussi une condition pour que la maternité reste un moment de joie : "Et que le fait d’avoir un enfant soit une joie au lieu d’être une catastrophe." Son propos relie étroitement le bien-être des femmes et la dimension humaine de la parentalité.

 

Un héritage inattendu dans le débat sur les droits des femmes

 

Si Brigitte Bardot est souvent associée à des positions polarisantes, notamment sur le plan politique et sociétal, cette intervention sur l’avortement montre une facette moins connue de son engagement : celui d’une défense du droit des femmes à disposer de leur corps et de leur vie. Elle contribue, à sa manière, à préparer le terrain pour la loi Veil de 1975, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse en France.

Son témoignage illustre également la complexité des figures publiques : capable de controverses, Bardot a su, dans un contexte délicat, prendre position sur un sujet de santé publique et de justice sociale.

 

Le contexte français et l’impact de la loi Veil

 

En 1973, l’avortement reste un acte criminel. Les femmes qui y recourent risquent des poursuites judiciaires et des interventions clandestines aux conséquences parfois mortelles. Simone Veil, alors ministre de la Santé, portera le projet de loi qui sera adopté en janvier 1975, marquant un tournant historique dans les droits des femmes en France.

L’intervention de Brigitte Bardot, bien que personnelle et non militante, participe à un climat de discussion publique qui rend possible ce changement. Son positionnement témoigne de l’importance des voix médiatiques dans la sensibilisation aux enjeux sociétaux.

La déclaration de Brigitte Bardot sur l’avortement en 1973 rappelle que le débat sur le droit des femmes à disposer de leur corps a été façonné non seulement par la politique et le militantisme, mais aussi par des personnalités publiques capables de briser le silence. En revendiquant le choix de la maternité comme un droit fondamental et en dénonçant les dangers des pratiques illégales, Bardot s’inscrit, de façon inattendue, dans l’histoire des droits des femmes en France.

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