Brigitte Bardot et son cancer du sein : un choix médical assumé

Brigitte Bardot et son cancer du sein : un choix médical assumé

Auteur : Aurore BAUDRY

Date : 28 décembre 2025 à 20:44

Diagnostiquée d’un cancer du sein en 1984, Brigitte Bardot a traversé la maladie dans une grande solitude et en refusant la chimiothérapie. Ce choix médical, qu’elle a expliqué des années plus tard dans un entretien accordé à Paris Match, éclaire une période intime et méconnue de la vie de l’ancienne icône du cinéma français, aujourd’hui retirée de la scène médiatique.

Loin de toute spéculation ou sensationnalisme, ce récit s’appuie sur les paroles mêmes de Brigitte Bardot, livrées avec pudeur et franchise. Il met en perspective un parcours personnel marqué par la maladie, l’isolement et une relation complexe à la médecine, dans un contexte médical et sociétal très différent de celui d’aujourd’hui.

 

 

Un diagnostic brutal dans un contexte de grande solitude

 

 

En 1984, Brigitte Bardot apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. À cette époque, l’ancienne actrice est déjà éloignée du monde du cinéma et des cercles mondains. Retirée progressivement de la vie publique depuis les années 1970, elle mène une existence de plus en plus solitaire, centrée sur sa vie privée et son engagement pour la cause animale.

L’annonce de la maladie survient donc dans un moment de vulnérabilité personnelle. Elle décrira plus tard cette période comme marquée par un sentiment d’abandon et une absence de soutien immédiat. Ce contexte psychologique joue un rôle déterminant dans les décisions qu’elle prend alors face aux options thérapeutiques proposées.

Le cancer est vécu comme une épreuve intime, presque silencieuse. Brigitte Bardot ne communique pas publiquement sur sa maladie et affronte le diagnostic loin des projecteurs qui ont longtemps façonné son existence.

 

 

Le refus de la chimiothérapie, un choix personnel et réfléchi

 

 

Dès l’annonce du diagnostic, Brigitte Bardot adopte une position claire : elle refuse la chimiothérapie. Ce refus, qu’elle qualifiera plus tard de « ferme », s’inscrit dans une perception très négative de ce traitement, tel qu’il était pratiqué et perçu dans les années 1980.

Dans les colonnes de Paris Match, elle explique associer la chimiothérapie à une violence physique et morale extrême. La perte des cheveux, les effets secondaires lourds et l’affaiblissement général du corps constituent, à ses yeux, des atteintes qu’elle juge alors insupportables.

Elle décrit un traitement qui, selon son ressenti, « détruit plus qu’il ne soigne ». Ce regard, profondément subjectif, reflète autant son rapport personnel à la maladie que l’image anxiogène de la chimiothérapie à cette époque, bien avant les progrès thérapeutiques actuels.

À l’inverse, elle accepte la radiothérapie, qu’elle perçoit comme moins invasive et plus compatible avec sa conception du corps et de la dignité personnelle. Ce choix médical, assumé, est fait en conscience, même s’il va à l’encontre des recommandations standards.

 

 

Une réaction initiale marquée par le fatalisme

 

 

Dans un premier temps, la réaction de Brigitte Bardot face au cancer est encore plus radicale. Elle confiera avoir envisagé la maladie comme une fatalité, presque comme une sentence inéluctable. Cette posture se traduit par une forme de détachement, voire d’indifférence apparente à l’égard de sa propre survie.

Ce rapport distant à la maladie n’est pas le signe d’un déni, mais plutôt l’expression d’un état d’esprit profondément marqué par la solitude. Elle évoque une période où l’envie de se battre n’était pas évidente, où l’énergie psychologique faisait défaut.

Ce choix de ne pas « entrer en guerre » contre le cancer, selon ses propres mots, illustre une conception très personnelle de la souffrance et de la finitude, loin des discours héroïques souvent associés à la lutte contre la maladie.

 

 

Le rôle décisif de Marina Vlady

 

 

Le parcours médical de Brigitte Bardot connaît un tournant grâce à l’intervention de Marina Vlady. L’actrice et amie proche joue un rôle déterminant en l’encourageant à ne pas renoncer aux soins et à accepter une prise en charge médicale plus structurée.

Sans remettre en cause son refus de la chimiothérapie, Marina Vlady parvient à la convaincre de s’engager davantage dans le suivi thérapeutique et de ne pas rester seule face à la maladie. Cette présence amicale agit comme un levier psychologique essentiel.

Brigitte Bardot acceptera alors de poursuivre la radiothérapie dans un cadre plus rigoureux. Ce compromis marque un équilibre entre ses convictions personnelles et la nécessité médicale, ouvrant la voie à une évolution favorable de son état de santé.

 

 

La rémission en 1986, une victoire discrète

 

 

En 1986, Brigitte Bardot entre en rémission. La maladie recule, sans jamais avoir été exposée publiquement à l’époque. Cette issue favorable ne donne lieu à aucune déclaration triomphante : fidèle à sa réserve, elle garde longtemps le silence sur cet épisode.

La rémission n’efface pas pour autant les traces laissées par l’épreuve. Elle évoque un moment de confrontation intérieure intense, où la maladie agit comme un révélateur de ses fragilités émotionnelles et de son rapport à l’isolement.

Cette expérience contribue à modifier durablement sa vision de la solitude. Si elle affirme apprécier le calme et le retrait, elle reconnaît avec le recul que l’isolement prolongé peut devenir destructeur, en particulier face à la maladie.

 

 

Une vie reconstruite loin de la scène médiatique

 

 

Après cette période éprouvante, Brigitte Bardot poursuit sa vie en marge du monde artistique. Depuis 1992, elle partage son quotidien avec Bernard d’Ormale, industriel français aujourd’hui à la retraite. Cette relation stable occupe une place centrale dans son équilibre personnel.

Les relations avec son fils unique, Nicolas, né de son union avec Jacques Charrier, se sont également apaisées au fil des années. Installé en Norvège, il lui rend visite chaque année, contribuant à restaurer un lien longtemps distendu.

Installée à La Madrague, sa propriété emblématique de Saint-Tropez, Brigitte Bardot vit entourée de ses animaux, fidèle à son engagement indéfectible pour la cause animale. Cette existence discrète, volontairement éloignée des projecteurs, contraste fortement avec la célébrité mondiale qui fut la sienne.

 

 

Un témoignage rare sur la maladie et la liberté de choix

 

 

Dans son livre Larmes de combat comme dans ses rares entretiens, Brigitte Bardot revient sans détour sur les grandes épreuves de sa vie. Le cancer du sein diagnostiqué en 1984 figure parmi les épisodes les plus marquants de son parcours personnel.

Son témoignage ne se veut ni exemplaire ni prescriptif. Il illustre un choix individuel, inscrit dans un contexte médical précis et une trajectoire de vie singulière. Il rappelle aussi combien la relation au soin est indissociable de facteurs psychologiques, affectifs et sociaux.

Quarante ans plus tard, ce récit éclaire une facette plus intime de Brigitte Bardot : celle d’une femme confrontée à la maladie, revendiquant sa liberté de décision, et cherchant à rester fidèle à elle-même jusque dans l’épreuve.

 

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