Décédé le 25 novembre 2025 à l'âge de 63 ans, Bébert, le charismatique leader du groupe Les Forbans, a marqué plusieurs générations avec ses tubes rock'n'roll et son tempérament explosif. Parmi les souvenirs qui refont surface figure un moment télévisuel absolument culte : son échange ultra-tendu avec le chroniqueur Karim Zéribi dans l'émission Les Grandes Gueules sur RMC en décembre 2012.
Qui était Bébert des Forbans ?
Albert Kassabi, plus connu sous le nom de scène Bébert des Forbans, était le chanteur et leader emblématique du groupe de rock français créé en 1978. Avec des titres comme « Chante », « Tape des mains » ou encore « Le rock du léopard », Les Forbans ont vendu des centaines de milliers d'albums et rempli les salles pendant plus de quatre décennies.
Reconnaissable à sa voix rauque et à son look de rocker éternel, Bébert incarnait l'authenticité et la franchise. Il n'a jamais hésité à dire ce qu'il pensait, même quand cela dérangeait. C'est précisément cette personnalité entière qui a fait de lui une figure aussi aimée que parfois controversée.
Le contexte du clash, un concert au Front National
En décembre 2012, Les Forbans sont invités à se produire lors d'un événement organisé par le Front National. À l'époque, le parti dirigé par Marine Le Pen cherche à se « dé-diaboliser » et multiplie les opérations de communication, y compris dans le domaine culturel.
Bébert accepte l'invitation, arguant qu'un artiste doit jouer partout où il y a du public. Cette décision fait polémique et vaut au chanteur d'être invité sur le plateau des Grandes Gueules, l'émission phare de RMC animée par Alain Marschall et Olivier Truchot.
Face à lui : Karim Zéribi, ancien député européen Europe Écologie-Les Verts, connu pour ses prises de position très tranchées à gauche.
Le début de l'échange, déjà la tension
Dès les premières minutes, le ton est donné. Karim Zéribi commence :
« On a affaire à un artiste et à un groupe. Ils font de la musique, ils ont des fans… Aujourd’hui, ils décident d’aller chanter au Front National. »
Bébert l'interrompt immédiatement, agacé par le mot « décident » :
« J’ai accepté, je n’ai pas décidé. Nuance ! »
Cette petite rectification met déjà le feu aux poudres. Le débat glisse rapidement vers une confrontation personnelle plutôt que politique.
L'insulte qui a tout fait basculer, « T'es un guignol ! »
Quelques minutes plus tard, Karim Zéribi lâche :
« Moi je ne les ai jamais écoutés, à part quand j’étais obligé… »
La réplique de Bébert est immédiate et cinglante :
« Toi tu sais que j’existe, moi je sais même pas qui t’es ! »
Puis, emporté par la colère, il assène le fameux :
« T’es un guignol ! »
Le plateau bascule dans le chaos. Karim Zéribi s'indigne, les autres chroniqueurs tentent de calmer le jeu, mais Bébert est lancé. Il ira même jusqu'à demander : « C’est quoi, des menaces ? » alors que personne ne l'avait menacé.
Chronologie minute par minute du clash
| Minute | Événement clé | Phrase marquante |
|---|---|---|
| 0:00 - 2:30 | Présentation et premier échange poli | Zéribi : « Ils décident d’aller chanter au Front National » |
| 2:30 - 4:00 | Tension qui monte sur la sémantique | Bébert : « J’ai accepté, je n’ai pas décidé ! » |
| 4:00 - 5:30 | Attaque personnelle de Zéribi | Zéribi : « Moi je ne les ai jamais écoutés » |
| 5:30 - 6:00 | Explosion de Bébert | « T’es un guignol ! » |
| 6:00 - 7:00 | Micros coupés, invectives hors antenne | Bébert quitte le plateau |
Même après la coupure micro, la tension ne retombe pas
Alain Marschall tente de clore l'émission : « Merci Bébert d’être passé dans Les Grandes Gueules. Allez, c’est fini s’il vous plaît. »
Mais les micros sont coupés… et les deux hommes continuent de s'envoyer des pics hors antenne, sous l’œil médusé des autres chroniqueurs. Bébert finit par quitter le studio, visiblement très affecté.
Pourquoi ce clash reste culte plus de 10 ans après ?
Ce moment est devenu une référence pour plusieurs raisons :
- Le franc-parler légendaire de Bébert, qui refusait toute langue de bois
- L'authenticité brute d'une époque où la télévision laissait encore place à des échanges non formatés
- La phrase « T'es un guignol ! » entrée directement dans les annales des punchlines télévisuelles
- Le contraste entre un rocker populaire et un politique engagé
En 2025, après l'annonce de la mort de Bébert des suites d'une longue maladie, des milliers d'internautes ont partagé à nouveau la vidéo sur les réseaux sociaux avec des messages émus : « Il était entier jusqu’au bout », « Il manquera au rock français ».
L'héritage de Bébert, plus qu'un chanteur, une personnalité
Au-delà de cette séquence devenue virale, Bébert des Forbans restera comme l’un des derniers vrais rockers français populaires. Il n’a jamais renié ses convictions, ni ses coups de gueule. Il chantait pour tout le monde, sans se soucier des étiquettes.
Sa disparition à seulement 63 ans laisse un vide immense dans le paysage musical français. Mais des moments comme ce clash avec Karim Zéribi montrent que Bébert vivait à 200 à l’heure, sur scène comme à la télévision.
Repose en paix, Bébert. Et merci pour le rock… et pour les gueules.
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