La France a perdu l’une de ses figures culturelles et morales les plus emblématiques. Brigitte Bardot, icône absolue du cinéma français et militante infatigable de la cause animale, est décédée le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans, à son domicile de La Madrague, à Saint-Tropez. Son époux, Bernard d’Ormale, a livré un témoignage rare et profondément émouvant sur les derniers instants de celle qui partageait sa vie depuis plus de trois décennies. Des mots sobres, puissants, empreints de dignité, prononcés « avant la fermeture du cercueil », qui résonnent comme un ultime adieu.
Une disparition qui dépasse le cadre du cinéma
L’annonce de la mort de Brigitte Bardot a provoqué une onde de choc bien au-delà du monde artistique. Actrice mythique des années 1950 et 1960, incarnation internationale d’une France libre, sensuelle et audacieuse, elle fut aussi, dès les années 1970, l’une des premières personnalités publiques à transformer sa notoriété en levier militant.
Atteinte d’un cancer, Brigitte Bardot s’est éteinte paisiblement dans sa maison de La Madrague, lieu devenu indissociable de son retrait volontaire de la vie médiatique et de son combat pour la protection animale. Sa fondation, créée en 1986, a confirmé la date et les circonstances de son décès, rappelant son engagement « jusqu’au dernier souffle ».
Plus qu’une star, Brigitte Bardot était devenue une conscience publique, parfois clivante, souvent radicale, mais toujours fidèle à ses convictions.
Des obsèques à l’image de sa vie, sobriété et fidélité
Les obsèques de Brigitte Bardot se sont déroulées le 7 janvier 2026, en l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez, dans une atmosphère de recueillement strict. Conformément à ses volontés, la cérémonie s’est tenue loin de toute mise en scène, en présence d’un cercle restreint de proches et de personnalités qu’elle estimait.
Parmi les présents figuraient notamment Mireille Mathieu, Paul Belmondo, le militant écologiste Paul Watson ou encore Marine Le Pen. À l’extérieur, une foule dense mais silencieuse d’admirateurs anonymes s’est massée dans les rues du village varois, venue saluer une dernière fois celle qui avait choisi Saint-Tropez comme refuge et comme port d’attache.
L’inhumation a ensuite eu lieu au cimetière marin, dans l’intimité familiale.
Bernard d’Ormale, un époux discret face à l’épreuve du deuil
Âgé de 82 ans, Bernard d’Ormale est resté fidèle à la discrétion qui a toujours caractérisé son rôle auprès de Brigitte Bardot. Homme d’affaires, ancien conseiller politique, il partageait la vie de l’actrice depuis leur mariage en 1992, une union marquée par une stabilité rare dans l’existence sentimentale de l’ancienne star.
Dans un entretien accordé au Parisien, il a accepté de livrer, sans pathos ni emphase, quelques mots sur les derniers instants passés auprès de son épouse. Un témoignage rare, d’autant plus poignant qu’il se concentre sur un moment précis, suspendu : celui qui précède la fermeture du cercueil.
« Elle était magnifique », le dernier regard
« J’ai été très marqué », confie Bernard d’Ormale. « Avant la fermeture du cercueil, son visage m’a bouleversé. Elle était magnifique. Il n’y avait plus de rides, une forme de sérénité absolue. »
Ces mots, d’une simplicité désarmante, disent beaucoup de la relation qui unissait le couple. Ils traduisent moins la sidération que la contemplation silencieuse d’un homme confronté à l’absence définitive.
À travers ce dernier regard, Bernard d’Ormale décrit une Brigitte Bardot apaisée, loin des combats, des colères et des polémiques qui ont parfois jalonné sa vie publique. Une image intime, presque sacrée, qu’il partage sans jamais tomber dans l’exhibition de la douleur.
Le vide du quotidien après trente ans de vie commune
Au-delà de la cérémonie, c’est l’après qui s’impose avec brutalité. Bernard d’Ormale évoque un quotidien désormais marqué par l’absence, par des gestes réflexes qui n’ont plus de destinataire.
« Le soir, je crois qu’elle est dans le lit. Je me surprends à dire : “Attends, j’arrive.” J’allume pour ne pas être dans le noir. Il y a un vide, une présence qui n’est pas là », confie-t-il.
Ces phrases, d’une humanité crue, rappellent que derrière l’icône se trouvait une femme, et derrière la figure publique, un couple uni par une intimité profonde, façonnée par les années et les combats partagés.
Un discours impossible à prononcer
Lors des obsèques, Bernard d’Ormale devait prendre la parole. Un discours avait été rédigé. Mais l’émotion, une fois encore, s’est révélée trop forte.
« J’avais écrit quelque chose, mais j’ai été trop ému pour parler. J’ai été assommé, je n’ai pas pu », explique-t-il.
Ce silence, loin d’être une absence, s’est imposé comme un hommage en soi. Une retenue en parfaite cohérence avec la volonté de Brigitte Bardot de ne jamais transformer l’intime en spectacle.
Une trajectoire sentimentale contrastée
La longévité de son mariage avec Bernard d’Ormale contraste avec les unions plus tourmentées qui ont marqué la jeunesse de Brigitte Bardot. Mariée à quatre reprises, elle a d’abord épousé le réalisateur Roger Vadim, artisan de son ascension fulgurante. Puis l’acteur Jacques Charrier, père de son fils unique, Nicolas-Jacques, dont la séparation douloureuse laissera une empreinte durable.
Son mariage avec Gunter Sachs, richissime playboy allemand, fut aussi intense que bref. À l’inverse, sa relation avec Bernard d’Ormale s’est construite dans la durée, à l’abri des projecteurs, autour d’un socle commun : la défense des animaux et un rejet assumé du monde médiatique.
Une figure historique appelée à durer
La disparition de Brigitte Bardot referme un chapitre essentiel de l’histoire culturelle française. Elle laisse derrière elle une œuvre cinématographique indissociable de l’évolution des mœurs, mais aussi un héritage militant structuré, institutionnalisé, appelé à perdurer à travers sa fondation.
Les mots de Bernard d’Ormale, sobres et puissants, donnent à cette disparition une dimension profondément humaine. Ils rappellent que, derrière le mythe, il y avait une femme aimée, et derrière l’icône, un homme désormais seul face au silence.
Un silence qui, paradoxalement, prolonge l’écho d’une vie hors norme.
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